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Rétrospective sur les enfants de la Creuse : "A court d'enfants" Un film de Marie-Hél


Inspiré de faits réels, ce film retrace l'histoire des "enfants de la Creuse", en particulier celle de Camélien 10 ans et de sa sœur Lenaïs 5 ans, arrachés à leur famille en 1963 afin de contribuer à la politique de repeuplement des campagnes françaises et particulièrement celle de la Creuse.

Réalisateur : Marie Roux

Acteurs : Marie Bunel, Jihane Boussabat, Matthis Bourneix, Eva Bonnet, Françoise Bertin, Francine Barreau

Date de sortie : 20/05/2015

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Au cours des années 1960-1980, Michel Debré ancien premier ministre du gouvernement du Général de Gaulle exerçant la fonction de député de l’île de La Réunion a mis en place une politique de transfert d’enfants réunionnais vers la France métropolitaine. Plus de mille enfants ont été transférés vers une soixantaines de départements français, dont principalement La Creuse.

En effet, cette politique de migration a été mise en place de part la chute du taux natalité de ces départements, notamment renforcée par l’exode rurale.

Certains facteurs économiques et sociaux défavorisants tels que surnatalité, l’accroissement démographique immodéré, le chômage massif, l’illettrisme ou encore l’alcoolisme ont poussé la mise en marche de cette politique sur l’île de la Réunion.

Au total, se sont 1630 enfants de six à dix-huit ans qui ont été répartis dans différentes régions de France. Il leur a été fait la promesse ainsi qu’à leurs familles respectives, d’un avenir meilleur.

Cependant, avant le départ de ces jeunes enfants, des « actes d’abandon » ont été demandé au service de l’action sociale. Aussi, certains ont été placés dans des centres d’accueil de la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) à leurs arrivées.

A partir de 1967, les services sociaux commencent à prendre connaissance de l’échec de cette politique d’immigration. Des fugues, des suicides jusqu'aux internements en psychiatriques, ces enfants se sont trouvés profondément déstabilisés.

Dépourvus de leurs noms de familles et de toutes relations avec leur île, ils ont subi divers traumatismes tant physiques (violences corporelles, violes, maltraitance) que moraux (discriminations, traumatismes du dépaysement et du déracinement).

En 1975 la notion de « déportation » commence à être évoquée.

Ces enfants aujourd’hui devenus adultes, se disent encore perdus, essayant de retracer leurs origines et de renouer les liens avec leurs île natale. Petit à petit ils commencent à dévoiler leurs histoires et ressentir le besoin de faire reconnaître ces faits par la République Française.

Ce sujet encore d’actualité, continue également à faire débat. En effet, plusieurs associations militent pour que ce « transfert » soit considéré comme une « déportation ». A l’opposé, certains chercheurs ont déclaré ne pas considérer cela en tant que tel, puisque ce transfert d’enfants ne serait pas comparable avec d’autres événements dramatiques qualifiés de déportation (tel que la Shoah).

Ce débat concernant l’utilisation du terme approprié pour désigner ces événements reste toujours ouvert.

De nombreuses personnalités politiques ont également réagi sur ce sujet. Cet événement est commémoré à travers différents discours. Huguette Bello, députée de la deuxième circonscription de La Réunion est notamment intervenue le 18 Février 2014 à l’assemblée nationale. Une intervention émouvante, faisant référence à l’histoire dramatique de ces enfants.

Ces événements sont depuis peu, reconnus part la Loi Mémorielle (loi imposant le point de vu officiel d’un Etat sur des événements historiques). Durant la séance à l'assemblée nationale, 125 voix contre 14 ont été votées pour la résolution qui reconnait la responsabilité morale de l'Etat dans l'affaire des Réunionnais de la Creuse.

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