• E.L.M.S

LA GUADELOUPE UN PAYS EN FAILLITE


D'année en année, la Guadeloupe, plonge dans une crise sans précédent. La situation dans laquelle l'archipel se trouve ne s'arrange pas. Au contraire, elle se détériore, car la Guadeloupe importe, mais elle n’exporte rien, ou presque. Quand elle exporte c'est vers les DFA, les collectivités et la France Hexagonale. Bilan :

La Guadeloupe est un archipel qui, depuis longtemps est déficitaire et pourtant, à en croire le train de vie que mènent ses habitants, la crise serait un mot méconnu. La faute à qui ? Aux politiques économiques fixées par la France (ancienne métropole coloniale) avec son ancienne colonie, aujourd'hui Département Français D'Amérique : 971.

Le déficit commercial de la Guadeloupe est, depuis toujours, impressionnant. En 2014, il s'est établi à 2,3 milliards d'euros, les importations (2,5 milliards) n'ont été compensées par les exportations qu'à hauteur de 200 millions d'euros.

Dans son numéro du mardi 1er septembre, le quotidien FA commentant les chiffres du commerce extérieur titrait : « La Guadeloupe importe, mais elle n’exporte rien ». Le quotidien local, n'a pas fais dans l'amplification. La Guadeloupe importe tout, mais n'exporte rien. Nous pourrions même aller plus loin en prenant pour preuve des chiffres, ceux de 2014, où le déficit commercial de la Guadeloupe s'établissait à 2,3 milliards d'euros, tandis que les importations (2,5 milliards) n'ont été compensées par les exportations qu'à hauteur de 200 millions d'euros.

La Guadeloupe est irrémédiablement liée à sa métropole la France. L'essentiel des échanges se fait avec l'Hexagone, et on comprend ce déficit. Mais ce déséquilibre existe aussi, et très largement, dans les échanges avec les pays étrangers. Ainsi, en 2014, la Guadeloupe a importé pour 796 millions d'euros de l'étranger - soit un tiers du total des importations - et n'a exporté que pour une valeur de... 38 millions, mais selon une étude de la Direction des Entreprises le solde extérieur du territoire est largement négatif, à hauteur de 758 millions d'euros. Le taux de couverture atteint 4,7% et n'a pas dépassé les 5% depuis sept ans.

La cause principale non évoquée dans l'article de France-Antilles est le faite que la Guadeloupe, département français, région de France et Région ultra-périphérique de l'Union Européenne, de part son intégration à l’UE, la Guadeloupe soit insérée dans le système de libre- échange :

– Libre-échange avec les 28 pays et bientôt 30 de l’Union Européenne.

– Libre-échange avec les pays ACP, dans le cadre de l’accord de Partenariat économique

– Libre-échange avec les pays avec lesquels l’Union Européenne a signé des accords bilatéraux et multilatéraux de libre-échange.

– Et bientôt libre échange avec les Etats-Unis dans le cadre du Traité transatlantique.

Ce système de libre échange a conduit la mort lente des productions locales. Tout vient de l'étranger ou d'Europe : légumes, poissons, lait, viande…

Conséquence le taux de couverture des importations par les exportations qui étaient de 101% en 1947, 81% en 1950 ; 13% EN 1982 est à peine 6% en 2014. Et le taux de chômage de 19% en 1974 est proche de 30% en 2014. Pour parler simplement, chaque année plus de 2 milliards 600 millions d’euros quittent la Guadeloupe et vont créer de la richesse et de l’emploi ailleurs et moins de 200 millions d’euros rentrent en Guadeloupe. C’est ce qu’on appelle le déficit du commerce extérieur.

Parmis les produits qui appauvrissent l'archipel, il y a en premier lieu :

- la dépendance énergétique. L'archipel importe beaucoup de produits pétroliers de l'étranger. Les produits automobiles constituent le deuxième poste d'importation pour une valeur supérieure, à elle seule, à l'ensemble des exportations.

La Guadeloupe exporte : (chiffres et destinations)

Les principaux produits exportés par la Guadeloupe en 2014 sont les produits pétroliers raffinés, à destination de Saint-Barthélemy (5,4 millions d'euros), les déchets industriels d'or destinés à la refonte vers la Belgique (5,4 millions). Les navires et bateaux, bien que toujours en 3e position, à destination des États-Unis ou ailleurs, présentent en 2014 une chute de 50% de leur valeur à l'exportation. La remontée des exportations de déchets industriels à 5,4 millions d'euros également (+ 87%), est une bonne nouvelle et montre qu'un rebond a été possible après une mauvaise année en 2013. Sur plusieurs années, la présence des déchets industriels en bonne position montre que la structuration de la filière s'organise à l'export.

Au niveau des produits, le rhum n'arrive qu'en 10e position des exportations dans la catégorie boissons (756 000 euros).

La Guadeloupe importe :

Les importations en Guadeloupe sont dominées par les produits pétroliers raffinés, qui viennent au premier rang des achats et représentent 304 millions d'euros, soit 38% des importations. Les principaux fournisseurs de produits pétroliers sont les États-Unis, directement ou via les Îles Vierges des USA (191,2 millions d'euros), loin devant l'Arabie Saoudite - qui apparaît dans ce classement en 2014 - avec 51,5 millions d'euros et Trinité-et- Tobago (13,1 millions d'euros).

Les produits automobiles viennent ensuite (59 millions d'euros) et confirment leur présence sur le podium des importations au fil des ans. Côté fournisseurs, le marché est dominé par l'Allemagne (14 millions d'euros), le Japon (8,8 millions d'euros) avec Toyota, Nissan et Honda et la Turquie (7,7 millions). La Corée du Sud vient ensuite (Hyundai, Kia).

La troisième place des importations est occupée par les machines et équipements (29 millions d'euros), qui sont néanmoins en baisse de 66% sur un an. Suivent les matériaux de construction (26 millions) et les boissons (23 millions). Les importations ont fortement baissé en 2014 du fait de la diminution des achats de produits pétroliers raffinés, de machines et équipements et de matériaux de construction. La forte baisse des importations de machine et équipements (- 66%) pourrait traduire une baisse des investissements.

Dans son article, France-Antiles classe les pays qui achètent le plus en Guadeloupe sont les pays développés d'Europe et d'Amérique du Nord et leurs dépendances voisines dans la Caraïbe. L'Europe se taille la part du lion et absorbe 75% des exportations de la Guadeloupe en 2014. Après Saint-Barthélemy (produits pétroliers) et la Belgique (déchets industriels), les autres clients importants de la Guadeloupe sont l'Allemagne (2,8 millions), les États-Unis (3,3 millions d'euros), l'Italie et l'Espagne.Le principal acheteur de produits guadeloupéens dans la zone Caraïbe est Haïti.

Pourtant, les pays étrangers pèsent toujours moins car, en effet en 2014, la part la plus importante des échanges de la Guadeloupe est destinée aux autres DFA, aux collectivités voisines de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ainsi qu'à la France métropolitaine. Les échanges sont majoritairement internes à l'ensemble français. Seuls, 17,2% de l'ensemble des exportations sont destinées au reste du monde. En ce qui concerne les importations, il s'avère que le poids des pays étrangers est bien plus élevé, en lien entre autres avec la nature des produits importés (produits pétroliers).Ceux-ci constituent en effet une part importante des importations en valeur (38,2%) et les fournisseurs sont principalement étrangers. In fine, 30,8% des importations proviennent directement de l'étranger.

Pour les pays de la Caraïbe, les échanges de la Guadeloupe avec les 15 états voisins du Cariforum sont à la fois faibles et déficitaires pour la Guadeloupe. Les exportations ont atteint un montant anecdotique de 2,5 millions d'euros pour des achats de 38 millions d'euros. Le taux de couverture des échanges est de 6,5% en hausse du fait de la moindre valeur des importations de produits pétroliers. Le marché composé des pays du Cariforum reste à ce jour très étroit pour les entreprises de Guadeloupe.

Avec la dégradation constante de nos échanges avec l’extérieur, nous approchons d’une situation de non retour. Puis,il est clair que pour créer des richesses et donc faire reculer le chômage, il faut produire suffisamment, et d’abord pour le marché intérieur. Face à ces chiffres, nous remarquons que dans un système de libre échange nous ne sommes à l’heure actuelle compétitifs ni par rapport aux pays industrialisés qui ont une meilleure productivité, ni par rapport à nos voisins du Sud qui ont un coût du travail nettement inférieur. A nous de réguler le marché et pour cela, il faudrait que nous prenions des décisions en notre nom propre :

source : http://cippa.gp/la-guadeloupe-un-pays-en-faillite-2/

E.L.M.S pour TheLinkFwi@l'actualité en un clic !!

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