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[GUADELOUPE] L'ECONOMIE STAGNE


L'Insee, en partenariat avec l'Iedom et l'AFD, vient de publier les comptes économiques de la Guadeloupe pour 2014. Selon l'organisme, l'économie est stagnante, pas d'amélioration pour l'année 2014/2015.

La Guadeloupe a enregistré une certaine croissance économique en 2014...

0,9%. C'est vrai que c'est un petit peu mieux qu'au niveau national, mais ça n'a rien de transcendant. C'est lié à de petites économies dont certaines font gagner assez facilement quelques 10e de point de croissance. Ce n'est pas une tendance. D'ailleurs, globalement, sur les 5 dernières années, la croissance est restée inférieure à 1%.

La raison de cette stagnation, c'est le manque de confiance des acteurs ?

Les ménages consomment, ainsi que les collectivités et les administrations. En revanche, les entreprises freinent sur l'investissement.

À ce niveau, la baisse est vraiment importante. Les entrepreneurs agissent en fonction de leur carnet de commandes. Les possibilités de développement de l'activité économique ne sont pas très nombreuses. Soit c'est exporter plus - on exporte, grosso modo, le 10e de ce qu'on importe - soit c'est importer moins et substituer aux importations de la production locale, du moins pour certains produits.

À ce propos de l'import-export, les analyses soulignent une baisse du commerce extérieur...

C'est exact. Sur l'import, c'est lié à une baisse d'importations des biens d'équipement des entreprises. Mais sur le volet export, la baisse est liée en partie à celles des réexportations, notamment de carburant. C'est difficile d'en tirer des enseignements.

Le tourisme semble porteur. Beaucoup d'entreprises se créent dans ce secteur...

Les créations d'entreprise constituent un indicateur à prendre avec précaution. Des créations peuvent signifier qu'il y a un marché, mais elles peuvent également provenir de personnes au chômage qui veulent se créer une activité. On peut dire néanmoins que le tourisme fonctionne plutôt bien depuis 2011, notamment au niveau des gîtes. On considère que le tourisme, dans son activité directe, représente ici à peu près 6% du PIB, sans compter les effets induits, et hors dépenses de billets d'avion. Certes, on peut toujours faire mieux, mais c'est plutôt bien.

Quelles sont les perspectives pour les prochains mois ?

Sur 2015 ? Au niveau national, la reprise semble un peu plus nette que l'année dernière. En Guadeloupe, c'est assez contrasté, entre des signaux plutôt positifs pour la consommation, mais toujours attentistes du côté des entreprises.

Point positif, la consommation des ménages a évolué de + 0,7% en volume en 2014, montrant de légers signes de reprise, et ce malgré une population qui stagne par rapport à 2013.Les crédits à la consommation augmentent de nouveau de 1,4% alors qu'ils étaient stables en 2013. Les ventes de véhicules neufs repartent timidement à la hausse : + 1,5% après une diminution de 5,2% en 2013 et de 4,0% en 2012. Ces fortes baisses ont fait suite à l'arrêt de la prime à la casse en 2010.L'encours des crédits à l'habitat ralentit pour n'augmenter que de 2,9% (+ 6,0% en 2013), inversant la tendance des dernières années où l'augmentation des crédits à l'habitat se maintenait à un niveau élevé et celle des crédits à la consommation flanchait. L'indice des prix à la consommation n'augmente que de 0,3% en 2014 (0,5% sur la France entière). À court terme, la faible hausse des prix a pu encourager les ménages à consommer.

L'investissement public est à la hausse (+ 5,1%), qu'il s'agisse des administrations et de l'enseignement ou bien de la santé. Le secteur public soutient également la croissance à travers sa consommation qui augmente de 1,3% en volume, après une année 2013 sur la réserve (- 0,4%). La masse salariale de l'administration et de l'enseignement augmente de 2,9%, tandis que le point d'indice de la fonction publique n'évolue quasiment pas (+ 0,3%). Par les salaires distribués et les commandes publiques passées, l'augmentation des dépenses publiques soutient la croissance de l'activité économique, même si les conséquences ne sont pas neutres sur le niveau de la dette publique.

Le secteur de la construction se contracte de nouveau comme en témoignent la baisse de 15% des importations de ciment par rapport à 2013 et celle des mises en chantier (-15% également). L'investissement décroît ainsi de 7,0% en volume en un an. Malgré tout, les perspectives pour 2015 semblent sensiblement meilleures : le nombre de permis de construire accordés en 2014 augmente de 14% (- 12% en 2013).

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