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Ary Chalus / Victorin LUREL : La guerre des chiffres


Proches collaborateurs par le passé, anciens alliés politique il y a peu, la situation a pourtant changé. Depuis six mois, Ary Chalus aujourd'hui président de la Région Guadeloupe et Victorin Lurel, malheureux perdant des régionales se font la guerre. Une guerre de gauche à gauche, à coup d'attaques, de déclarations et de chiffres. Demain le président de Région présentera l'audit financier de la collectivité et le compte administratif 2015. Une politique de transparence d'un genre nouveau.

" Lorsque nous sommes arrivés, il y avait plus de 55 millions d’euros d’impayés (25 millions de factures et 30 millions de subventions octroyées et non payées) de l’année 2015 dans les tiroirs dont plus de 2 millions au titre du seul cabinet de l'ancien président Lurel. Ces 55 millions d’euros n’avaient bien sûr pas été intégrés dans les comptes 2015 ! "

Il l'avait promis il y a quelques semaines, il l'a fait. Mardi, le président de la Région Ary Chalus présentera l'audit financier de la collectivité et le compte administratif 2015, qui risque de faire très mal à l'ancienne équipe de Victorin Lurel. Interviewé par Martin T. LAVENTURE de France-Antilles, Ary Chalus fait le cours bilan de ses six mois à la tête de la Région et revient sur l'audit financier, ses objectifs pour les années à venir. Plusieurs points abordés en somme, durant lequel le président défend son bilan, son équipe et descend l'ancien président qui l'accuse d'incapacité. En effet, lorsque le journaliste lui pose la fameuse question des accusations de Victorin Lurel autour des audits qui, selon l'ancien président serait une volonté de détruire l'héritage politique qu'il a légué. Ary Chalus répond en ces termes.

" Mon prédécesseur et sa majorité régionale de l’époque n’ont pas eu besoin de la nouvelle équipe dirigeante de la région pour plomber les comptes de la collectivité. L’audit, réalisé par un cabinet indépendant dont la renommée et le sérieux dépassent les frontières même de la France, révèle que les comptes ont été arrêtés au 15 décembre. Or, au 31 décembre 2015, lorsque nous sommes arrivés, il y avait plus de 55 millions d’euros d’impayés (25 millions de factures et 30 millions de subventions octroyées et non payées) de l’année 2015 dans les tiroirs dont plus de 2 millions au titre du seul cabinet de l'ancien président Lurel. Ces 55 millions d’euros n’avaient bien sûr pas été intégrés dans les comptes 2015 ! Ce qui veut dire très clairement que si nous avions pu réintégrer ces factures, le compte administratif de mon prédécesseur, que nous allons voter le 28 de ce mois, aurait été largement déficitaire. "

Au sujet des accusations de Victorin Lurel concernant son incapacité à gérer le pays, Ary Chalus se défend en abordant les audits, qui selon lui donneront une vision exacte de la situation financière de la collectivité régionale. Pour lui, ces audits jetterons les bases d’une nouvelle gestion financière de la collectivité. Demain, il entend faire part aux Guadeloupéens des mesures qu'il prendra pour redresser la situation, sans pour autant pénaliser les entreprises et, au delà, le développement économique de l'archipel.

De plus, en ce qui concerne les factures qui selon les termes du journaliste sont en souffrance, Ary Chalus répond : " Comme je l’ai dit précédemment, la situation est difficile, mais nous assumons en responsabilité la continuité du service public. Dès notre arrivée, nous avons fait le point sur les factures en souffrance et nous avons entamé le processus de liquidation et de mise en paiement de ces dernières. Les entreprises guadeloupéennes qui ont travaillé pour la Région n’ont aucune inquiétude à avoir. Dès lors où l’orthodoxie financière et comptable ont été respectées, elles seront payées. J’ai rencontré ces dernières semaines de nombreux chefs d’entreprise et je le redis : la Région Guadeloupe accompagnera les entreprises guadeloupéennes dans leur développement et la création d’emplois à travers la commande publique, le respect strict des délais de paiement mais aussi à travers la mise en place d’outils leur permettant de pérenniser leur activité."

D'autres sujets ont été abordés tout au long de l'interview, mais celui de l'emploi et de la formation a retenu notre attention. En effet lorsque le journaliste lui pose la question : Que fait la collectivité dans ce domaine pour inscrire, comme vous dites, « la Guadeloupe dans une dynamique vertueuse »? Ary Chalus répond : C’est un chantier énorme auquel nous nous sommes attaqués dès notre arrivée et pour lequel la priorité est de donner enfin une direction claire à la politique en matière de formation. Il faut pour cela identifier avec tous les acteurs les conditions d’un fonctionnement rationnel. J’entends aborder ces questions avec sérieux et réalisme, car la situation sociale de la Guadeloupe ne peut supporter bricolage et gaspillage quand il s’agit de la formation des hommes et de l’emploi. C’est aussi pour cela que nous avons immédiatement soutenu le plan national pour la formation avec plus de 8 000 formations offertes dès cette année aux jeunes Guadeloupéens. Nous accompagnons par ailleurs plusieurs dispositifs d’insertion qui ont fait la preuve de leur efficacité . Le sauvetage du Centre Jean Belloc illustre notre volonté de préserver les outils qui contribuent à réduire les fractures sociales en redonnant leurs chances aux publics les plus éloignés de l’emploi.

Pour conclure l'interview Martin T. LAVENTURE lui pose la fatidique question : Quand devrions-nous voir les premiers effets de la nouvelle ère Chalus?

Ary Chalus rétorque : " Ce que vous appelez la méthode Chalus c’est un engagement, une méthode et des décisions. L’engagement c’est de faire progresser la Guadeloupe. La méthode, c’est l’écoute, la concertation, le “nous” qui remplace le “je”. Être au plus près de la population afin de traduire ses desiderata en actes administratifs et politiques. Et puis enfin des décisions. Être en capacité de trancher dans les dossiers dès lors qu’il s’agit d’aider la jeunesse, de créer des emplois, de pérenniser des activités. En un mot, développer la Guadeloupe. Nous, nous avons l’audace de croire en notre capacité à résoudre nos problèmes. C'est la base de notre programme. Il nous faut être à la hauteur de la confiance que les Guadeloupéens nous ont témoigné le 16 décembre dernier. Nous commençons à enregistrer les premiers résultats. Pour l’heure, ils sont positifs, mais il nous faut continuer et persévérer au service de notre Guadeloupe. Mais ce que je voudrais surtout dire, avec la meilleure volonté du monde, nous ne pourrons rien accomplir seuls. Nous avons donc besoin de toutes les volontés, de toutes les compétences. Nous savons que la Guadeloupe, c’est l’affaire de tous les Guadeloupéens."

Comme nous vous le disions en début d'article, à un jour de la publication de l'audit, Victorin Lurel a déjà prévenu qu'il ne serait pas présent à la plénière de la Région, accusant l'actuel président de vouloir discréditer le travail de son équipe, tout en défendant son bilan , notamment sur les réseaux sociaux. Pour lui, ce ne sont que des accusations, de la propagande. Sur son compte twitter, Lurel s'exprimait ainsi : " 2015 excédent budgétaire 52 M€,épargne nette 37M,capacité de se désendetter 5,2années.Le reste est propagande"

Vous l'aurez compris, il s'agit d'une guerre de gauche à gauche, à coup d'attaques, d'accusations, de déclarations et de chiffres à laquelle les audits pourront mettre un terme. En attendant, Ary Chalus s'illustre dans une politique de transparence qu'aucun de ses prédécesseurs n'a fait.

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