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LE COSTA RICA, UNE DEMOCRATIE VERTE ?


A la fin des années 90 le Costa Rica a tourné le dos à la dictature militaire pour embrasser une démocratie pleine et entière. Depuis une décennie, le pays joue la carte environnementale. Depuis 3 mois, il tourne à 100 % avec des énergies renouvelables.

Christophe Colomb l’avait surnommé la Côte riche (Costa Rica), croyant y trouver quantité d’or. Mais c’est d’or vert que ces terres recèlent. Cet État d’Amérique centrale abrite 6 % de la biodiversité mondiale. Et les habitants de ce petit pays ont si conscience de leur trésor national qu’ils ont inscrit la protection de l’environnement dans la Constitution.

Car là-bas un quart de la superficie du territoire est constitué par des parcs nationaux et des sites naturels préservés, et on ne parle même pas des forêts, qui recouvrent le pays. Le pays a fait des choix politiques, comme celui de ne plus avoir d’armée depuis 1948. Et, comme il a l’ambition de devenir la première démocratie verte, les pouvoirs successifs mettent tout en œuvre pour ne plus dépendre du pétrole et du charbon, en investissant dans les énergies renouvelables. Les règles sont de ne pas utiliser de pesticides et de recycler tout ce qui peut l’être. L’objectif est de devenir un modèle reproductible.

Mais les bouleversements climatiques et l’activité des volcans pourraient remettre en cause ce modèle. Car les paysans ressentent de façon terrible les effets du réchauffement climatique : en 2015, les pluies ont provoqué la perte de 20 % de la production de bananes. La hausse des températures pose plusieurs graves problèmes pour l’agriculture. De nouvelles épidémies apparaissent, et les agriculteurs doivent rechercher les terres fraîches en altitude. Cela rend par exemple la culture de leur café, connu mondialement, de moins en moins rentable. Beaucoup d’agriculteurs rejoignent ainsi les bidonvilles de San José. Les volcans, bien que source de lumière et de chaleur, sont aussi un grand risque pour le pays. Fin mai 2016, le volcan de Turrialba a craché une colonne de fumée de trois kilomètres de haut. La fumée émise par les cratères est très toxique. Et San José n’est qu’à 20 km. Les retombées de cendres peuvent paralyser le pays en cas de scénario noir. Le Costa Rica cherche une parade pour limiter les dégâts.

La même année, en 2015, le gouvernement avait annoncé un plan pour parvenir à une compensation totale des émissions de carbone du pays en cinq ans. Et non seulement il a tenu sa promesse, mais il a aussi dépassé ses espérances.

En plus de l’annonce de son projet de construction de la plus grande centrale hydroélectrique d’Amérique centrale, qui fournira de l’énergie renouvelable à 99,4 % de sa population, le Costa Rica avait dépassé en 2015 la barre des 99 % d’énergie renouvelable, en passant plus de 285 jours sans énergie fossile. Le pays vient d’être désigné troisième pays le plus écologique au monde, juste après la Norvège et la Suède.

Non content de toutes ces bonnes nouvelles, le Costa Rica vient de réussir une autre prouesse énergétique : d’après le site Tree Hugger, le pays a produit 100 % de ses besoins en électricité grâce à des sources d’énergie renouvelables, pendant 113 jours.

Le Costa Rica montre ainsi qu’il n’est pas nécessaire de compter sur les énergies fossiles et que l’on peut très bien alimenter un pays avec l’énergie hydroélectrique, les panneaux solaires, les éoliennes, la biomasse et les sources géothermiques.

Pour comparaison, seulement 14 % de l’énergie consommée en France est issue de sources renouvelables. L’énergie hydraulique est la source d’énergie propre la plus utilisée en France, avec la biomasse et les éoliennes.

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