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HAÏTI : Un pays où règne l'insécurité ?


A en croire le rapport de l'ONU, l'insécurité règne en Haïti. Entre l'instabilité politique, les homicides, les violences et les enlèvements, la sécurité fait cruellement défaut en Haïti. Ce rapport rend compte des principaux faits survenus pour la période du 8 mars au 31 août 2016. Il décrit notamment l’évolution des conditions de sécurité en Haïti.

On le savait, la République d'Haïti est un pays très instable. Entre l'instabilité politique, les homicides, les violences et les enlèvements, la sécurité y fait cruellement défaut. Le récent rapport du Conseil des Nations Unies (ONU) qui vient de paraître atteste nos dires. Ce rapport rend compte des principaux faits survenus pour la période du 8 mars au 31 août 2016. Il décrit notamment l’évolution des conditions de sécurité en Haïti. De plus, il décrit les activités que la Mission a menées conformément au mandat que le Conseil lui a confié dans ses résolutions. Il traite également de l'action de la PNH (Police Nationale Haïtienne) dans cette lutte contre l'insécurité.

Extrait du rapport : Évolution des conditions de sécurité en Haïti : « Au cours de la période considérée, la situation en matière de sécurité est restée relativement calme, mais demeure fragile en raison de l’incertitude politique qui règne dans le pays. Dans l’ensemble, la criminalité et les activités des bandes organisées ont reculé par rapport aux deux périodes précédentes. Toutefois, les manifestations, les occupations et les grèves ont augmenté depuis le mois d’avril, la plupart en lien avec des revendications socioéconomiques. Plusieurs cas de violence politique survenus en mai et juin ont suscité la crainte parmi la population. Les chiffres de la criminalité pour la période allant du 1 er mars au 10 août 2016, compilés par la Police nationale et la Minustah, font état de 438 homicides signalés, contre 567 homicides pour la période allant du 1er septembre 2015 au 28 février 2016 et 486 pour celle allant du 1er mars au 31 août 2015. 75% des 438 homicides sont survenus dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Au total, 27 enlèvements ont été enregistrés, contre 44 pour la période du 1er septembre 2015 au 28 février 2016 et 29 pour la période du 1 er mars au 30 août 2015. Un total de 229 viols ont été signalés, un chiffre en augmentation par rapport aux 218 cas signalés entre le 1 er septembre 2015 et le 28 février 2016 et les 223 cas signalés entre le 1er mars et le 31 août 2015. Au total, 438 manifestations ont été enregistrées, dont 134 accompagnées de violences allant de la mise en place de barrages routiers à des attaques contre des agents de police et des coups de feu en passant par la destruction de biens et des jets de pierres. Le nombre des manifestations a donc considérablement diminué par rapport à la période du 1er septembre 2015 au 28 février 2016, au cours de laquelle 689 manifestations avaient été enregistrées (dont 275 avec violence), mais légèrement augmenté par rapport à la période du 1er mars au 31 août 2015, qui en avait compté 399 (dont 151 avec violence). Le département de l’Ouest reste le plus touché par ces manifestations, puisqu’il a été le théâtre de 62 % (274) d’entre elles, suivi par le département du Nord (8 %) et le département de Nippes (5 %). Les manifestations étaient généralement peu importantes. On estime que 87 % d’entre elles (381) rassemblaient moins de 300 personnes, 9 % (40) entre 300 et 1,000 personnes, et 4 % (17) plus d’un millier de manifestants. Parmi ces manifestations, 146 (33 %) étaient liées au contexte politique et électoral, 226 (51 %) à des revendications socio-économiques et 26 % à des revendications relatives à l’emploi. Cinq manifestations de faible ampleur ont visé, à Port-au-Prince, le bureau du PNUD et la zone d’entreposage temporaire du conseil électoral provisoire, située dans les locaux de la Minustah. Les manifestants exigeaient le paiement des arriérés de salaires dus par le conseil électoral.

Le 16 mai a un lieu le premier d’une série d’incidents sérieux liés à la sécurité. Des éléments armés non identifiés, en uniformes d’apparence militaire, ont attaqué le siège régional de la Police nationale aux Cayes (Département du Sud). Cette attaque a fait un mort et trois blessés graves parmi les policiers, et des armes ont été dérobées. Le 2 juin, des rivalités politiques concernant les résultats des élections ont causé l’incendie volontaire de plusieurs résidences à Borgne (Département du Nord), puis de la mairie le 30 juin, ainsi qu’une attaque contre le Vice-représentant du département le 5 juillet. Le 8 juin, à Port-au-Prince, 6 stations-service, ainsi que le bâtiment du Ministère des affaires étrangères, ont été visés par des actes de vandalisme et des tirs aveugles. Le 10 juin, le Conseil supérieur de la Police nationale a pris la décision de suspendre, à l’échelle du pays, tous les permis de détention d’armes à feu. Cette mesure a été levée le 15 juin. Le 13 juin, l’Entente démocratique, une formation politique nouvellement créée, a annoncé qu’elle organiserait une manifestation pacifique pour demander la démission du Président provisoire le 14 juin, date de l’expiration du mandat de 120 jours qui lui avait été confié aux termes de l’accord du 5 février. Dans la nuit du 14 juin, le Conseil supérieur de la Police nationale a imposé un couvre-feu dans l’ensemble du pays, empêchant ce faisant la manifestation de se tenir, ce qui a provoqué des réactions négatives de la part de certains acteurs politiques, qui ont dénoncé cette mesure qu’ils jugent illégale et autoritaire. Le 21 juin, une session de l’Assemblée Nationale consacrée au vote des modalités de gouvernance provisoire a dû être interrompue à la suite d’actes de violence commis dans l’enceinte du Parlement. L’incident a été condamné par les acteurs de tous les horizons politiques, ainsi que par ma Représentante spéciale. En réaction, la Police nationale a adopté des mesures pour empêcher que de tels incidents se reproduisent. La présence des forces de sécurité a par exemple été renforcée aux abords du Parlement et des bâtiments du Gouvernement pend ant les sessions de l’Assemblée nationale. Le 24 juin, à Port-au-Prince, des éléments armés non identifiés circulant à moto ont ouvert le feu sur les bureaux de plusieurs grandes entreprises nationales et internationales, dont un hôtel. À Pétionville, un ressortissant suédois et un ancien directeur général de la presse nationale ont été tués par des individus non identifiés circulant à moto, respectivement le 28 juin et le 8 juillet. L’enquête ouverte par la Police nationale se poursuit. Au cours de la période considérée, la Police nationale a mené plusieurs opérations de renforcement de la sécurité qui ont permis de faire diminuer le nombre d’homicides, d’améliorer la réponse aux enlèvements et d’assurer l’encadrement efficace de toutes les manifestations, en grande partie sans l’aide de la Minustah, dont la cellule de réaction rapide, positionnée préventivement, n’a pas eu à intervenir.

La composante police de la Minustah a prêté main forte à la Police nationale dans des opérations de lutte contre la criminalité en mettant en place, en coopération avec elle, 2,268 points de contrôle. Les deux entités ont également mené conjointement 3,086 patrouilles à pied, 14,876 patrouilles motorisées et 43 opérations, dont 35 dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Les soldats du maintien de la Paix ont mené 5,169 opérations, dont 620 étaient des patrouilles réalisées en collaboration avec la Police Nationale (PNH) et la composante police de la Minustah (UnPol). En outre, la composante militaire a déployé 20 cellules de réaction rapide de sections dans 14 communautés différentes réparties dans 7 départements, grâce aux ressources aériennes de la Minustah. Les unités de police constituées et les troupes militaires de la Minustah ont été déployées pour fournir un appui à la Police nationale lors de deux incidents graves, l’un aux Cayes le 16 mai et l’autre à Borgne le 30 juin ».

Ce rapport traite également de l'action de la PNH (Police Nationale Haïtienne) dans cette lutte contre l'insécurité.

« La Police Nationale doit résoudre ses problèmes d’ordre institutionnel et opérationnel avant de pouvoir fonctionner efficacement sans l’appui de la communauté internationale. Dans un certain nombre de domaines clefs, les seuils fixés ne sont pas atteints : c’est notamment le cas s’agissant du nombre de policiers par habitant, de la couverture géographique affichée par la force, de sa capacité à gérer les troubles à l’ordre public et la criminalité et de sa gestion interne. Compte tenu de la récente décision de réduire le nombre d’élèves policiers et du taux annuel d’attrition, on prévoit que la Police nationale comptera 14,000 agents en février 2017, et que le ratio police/population s’établirait à environ 1,3 policier pour 1,000 habitants. Cela signifierait un progrès important par rapport aux ratios de 2012 et 2004, soit respectivement 0,98 et 0,73, mais on resterait en deçà du ratio de 2,2 policiers pour 1,000 habitants constaté à l’échelle mondiale. Le pourcentage de femmes restera quant à lui de 9 %, c’est à dire en deçà de la cible de 11 %. Malgré les progrès accomplis suite à la création de l’Académie nationale de police en 2012 et la mise en oeuvre de programmes de formation de haute tenue, environ un quart des postes de cadres de la police restent vacants, ce qui a entraîné des défaillances dans la gestion de l’institution. S’agissant de la couverture géographique, la police n’est présente que dans 261 des 570 communes du pays.

Dans l’ensemble, le nombre de postes de police demeure insuffisant et il faudrait davantage de personnel dans chaque station, en particulier le long de la frontière et dans les eaux territoriales, de même qu’il faudrait renforcer les effectifs de la police des transports, de la police scientifique et des sections d’enquêtes criminelles. Néanmoins, la police a fait preuve de l’amélioration de ses capacités en matière de gestion des troubles à l’ordre public et de lutte contre la criminalité. Au cours de la période considérée, les compagnies de maintien de l’ordre ont réussi à gérer les manifestations avec un soutien minimal de la Minustah. La police a également fait des progrès considérables grâce à l’amélioration de la formation dans certains domaines tels que les activités de la police judiciaire, la lutte contre les stupéfiants et la lutte contre les enlèvements. Cependant, dans d’autres domaines, comme la sensibilisation aux droits de l’homme, le contrôle interne, la planification stratégique et l’entretien des installations et des équipements, l’institution a encore besoin de l’aide de la communauté internationale. La police a également continué de dépendre de l’appui de la Minustah dans le domaine de la lutte contre la criminalité et contre la violence des bandes de rue. À cet égard, la police ne dispose toujours pas d’un bureau de renseignement criminel efficace pouvant produire des informations fiables, ni de ressources permettant de mener des enquêtes criminelles afin de prévenir et de résoudre les crimes graves et de lutter contre les réseaux criminels organisés. Malgré les progrès réalisés dans la mise en oeuvre d’initiatives de police de proximité dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, l’action de la Police nationale pêche par l’absence d’une mise en oeuvre coordonnée et globale de programmes de proximité à l’échelle nationale. Dans l’ensemble, si elle est en mesure de fonctionner relativement correctement dans la grande zone métropolitaine de Port-au-Prince, grâce aux conseils et à l’appui opérationnel que lui fournit au jour le jour la Minustah, la Police nationale continuera d’avoir besoin d’une assistance internationale pour combler les lacunes sur le plan administratif et pour parvenir à décentraliser ses services et à les étendre en dehors de la capitale. »

Source : Haïti Libre

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