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Pointe-à-Pitre : Ville d'Histoire et de violence.


Pointe-à-Pitre, ville monde et capitale économie des îles de Guadeloupe, ville multi-culturelle et jeune. Centre d'affaire et centre culturel, la ville du centre de la Guadeloupe a tout d'une ville caribéenne. Ses marchés locaux très colorés, ses vieilles bâtisses de type coloniale et ses rues se coupant à angle droit, ses espaces publics et ses équipements administratifs datant de l'ère coloniale font la beauté de la sous-préfecture de l'archipel. Pourtant, Pointe-à-Pitre a une part obscure, la violence qui a lieu matin et soir. Une violence qui touche le centre, mais aussi les banlieues et les villes avoisinantes !

Notre article fait suite à nos précédentes enquêtes sur la violence en Guadeloupe, une violence enracinée mais elle fait écho aux nombreux faits divers, toujours plus nombreux, qui touchent la Guadeloupe et notamment la Région Pointoise. L'idée d'écrire sur la violence, remonte au drame qui avait secouée l'île, deux semaines après la rentrée scolaire où le jeune Yohann Equinoxe fut brutalement poignardé pour son portable, alors qu'il sortait du lycée professionnel Chevalier de Saint-Georges, dans la cité scolaire de Baimbridge, situé nnon loin de Lacroix aux Abymes, ville adjacente à Pointe-à-Pitre. Agencer les mots, les idées et les sources, qui sont pour la plupart les nôtres, les coucher sur papier a été l'étape la plus dure.

Avant d'évoquer la violence, il est important de traiter de l'Histoire de Pointe-à-Pitre, ville d'Art et d'Histoire.

L'histoire de la ville remonterait aux Amérindiens, peuple originel des île de Guadeloupe a s'y être établit, dès leur arrivée. Pourtant, il est difficile d'affirmer avec certitude à quand remonte l'occupation amérindienne du Petit Cul-de-Sac marin. Cependant, ces populations ont exploité, lors de leur arrivée dans l'archipel, une grande variété d'espaces géographiques et écologiques : bandes côtières, mangroves, vallées alluviales, îlots le long des côtes… Ainsi, les rives marécageuses de la baie du Petit Cul-de-Sac Marin ont sans doute très tôt attiré les Amérindiens en raison de la richesse exceptionnelle en poissons, oiseaux et crustacés divers que l'on pouvait y trouver. En effet, des archéologiques ont ainsi confirmé la présence des Amérindiens sur l'îlet à Cochons, petit îlot au large du port de Pointe-à-Pitre.

Le nom actuel de la première grande ville de l'archipel, serait un anthroponyme (nom propre de personne) , il proviendrait d'un certain Peter, pêcheur hollandais de son état, qui se serait installé au XVIIe siècle sur un bout de terre perdue en pleine végétation sur la pointe de la Grande-Terre. Démarrant par la vente de poissons, il aurait selon certaines interprétations développé son commerce. Alors que nombre de bateaux marchands et autres corsaires voguaient dans les eaux guadeloupéennes, Son nom avec le temps se transforma en Piter, puis en Pointe à Piter. Il aurait créé un négoce pour tous les navires de passage dans la rade. l'endroit serait vite devenu incontournable pour tous les navires qui venaient acheter ou échanger des biens, vivres et munitions. Tous les marins venaient chez Piter à la pointe, devenant ainsi la Pointe à Piter.La ville est baptisée officiellement Pointe-à-Pitre en 1772.

En 1780: Un incendie fait rage dans la ville. 111 maisons sur les 133 que compte Pointe-à-Pitre à cette époque sont réduites en cendre.. En 1792: Pendant la Révolution française les nouveaux Républicains de Pointe-à-Pitre victorieux des Royalistes, se déclarent solidaires de la Convention. Profitant de l'agitation qui régnait à ce moment là, ils débarquèrent à nouveaux et s'unirent aux royalistes. En 1794: Le 4 février Victor Hugues envoyé par la convention, débarque à Pointe-à-Pitre, porteur d'un décret abolissant l'esclavage. Grand nombre d'esclaves affranchis, regagnent les rangs républicains, repoussant ainsi les Anglais.

C'est à Baimbridge, proche de Pointe-à-Pitre, qu'en 1802, qu'Ignace et les derniers officiers noirs combattirent pour la dernière fois, les troupes du Général Gobert, membre du corps expéditionnaire mandaté par Napoléon afin de rétablir l'esclavage dans les îles de Guadeloupe. A l'issue de cette bataille 425 soldats noirs sont massacrés. Le 26 Mai 1802, Cent prisonniers sont fusillés sur la place de la Victoire à Pointe-à-Pitre. Le 27 Mai, Cent-cinquante prisonniers sont passés par les armes à Fouillole. Ignace est décapité et sa tête exposée sur la place de la Victoire à Pointe- à-Pitre.

Le 8 février 1843 un tremblement de terre ravagea la ville, faisant plusieurs centaines de morts.

C'est à Pointe-à-Pitre, en 1848, que la nouvelle de l'Abolition de l'esclavage est lu en public et établit pour l'ensemble du territoire de l'archipel.

En 1851: Un nouveau tremblement de terre, ravage la ville.

En 1865: c'est un cyclone, suivi d'une épidémie de choléra, qui s'abatte sur la ville, faisant plus d'un millier de morts.

En 1871, la ville fut la proie des flammes, qui détruisit de nombreux quartiers du centre. En 1928: la ville est détruite à 90% par un violent cyclone. 1843,1850 & 1871: Un incendie ravagea une nouvelle fois la ville. Ces catastrophes permirent néanmoins de terminer les travaux d'urbanisme. Surtout elles permirent l'introduction de matériaux et de techniques nouvelles de constructions. La tôle remplace l'ardoise et la tuile.C'est pourquoi, que la succession de séismes, d'incendies, sont à l'origine des différentes architectures dans la ville de Pointe-à-Pitre.

Mis à part les catastrophes naturelles ou les incendies, Pointe-à-Pitre est aussi le lieu de la contestation sociale. En 1906 et 1910: Des émeutes violemment réprimées éclatent dans la Ville. Mais ce sont les émeutes de Mè 67, qui feront de Pointe-à-Pitre le centre de la contestation face à une répression coloniale sans précédent. Les 26, 27 et 28 Mai 1967 la Guadeloupe bascule dans une violence aveugle. Durant trois jours les manifestants pacifiques réclamant au départ, 2% d'augmentation affrontèrent les forces de l'ordre qui n'hésitèrent pas à tirer à balle réelle sur les manifestants. Le bilan est lourd plusieurs dizaines, voire des centaines de morts sont à déplorer du côté guadeloupéen.

Dans les années 80, la ville comme la Guadeloupe, est secouée par des attentats revendiqués par les indépendantistes du GLA (Groupe de Libération Armée ) puis par l'ARC (Alliance Révolutionnaire Caraïbe) réunissant des groupes indépendantistes guadeloupéens, martiniquais et guyanais. Parmi ces nombreux attentats, la "Nuit Bleue" de Pointe-à-Pitre, marqua les esprits.

Comme l'histoire se répète, en 2009, Pointe-à-Pitre fut le lieu choisi par les syndicalistes du LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyon) pour défiler et mener leurs actions. Durant 44 jours, 50 000 à 70 000, jeunes comme vieux, défilèrent dans les rues de la ville, à battre le pavé, à revendiquer l'amélioration de leur conditions de vie mais surtout la question du chômage revint sur le devant de la scène. Les patrons, le préfet et le gouvernement de Nicolas Sarkozy refusaient de négocier et faisaient la sourde oreille, préférant laisser la situation s'envenimée, les manifestations pacifistes se transformèrent en émeutes généralisées. où l'on dénombra, un mort(Jacques Binot, syndicaliste mort dans des conditions étranges) et plusieurs centaines de blessés. La télévision française en quête de sensationnel diffusait des scènes de pillage, d'affrontements entre les jeunes et les forces de l'ordre, sans pour autant pointer du doigt les réels problèmes de l'île. Durant cette période, plusieurs armureries, armureries furent dévalisées, certaines armes ne furent jamais retrouvées.

Une violence quotidienne à Pointe-à-Pitre :

Comme nous l'évoquions dans notre article : la violence enracinée : depuis 2009, l'archipel connaît une recrudescence des faits divers, qui sont de plus en plus nombreux d'année en année, pour le plus grand bien des médias locaux ou nationaux qui n'hésitent pas à faire des articles de presse sensationnels .Ainsi, comme pour l'ensemble de l'île, Pointe-à-Pitre est au coeur de cette violence. Depuis 2012, la capitale économique de la Guadeloupe figure en 2e position du classement des villes les plus violentes de France.

L'année 2016, n'est pas encore écoulée, que la Guadeloupe et Saint-Martin viennent de comptabiliser 26 assassinats, dont une dizaine rien que dans l'agglomération pointoise.

En, effet dans notre article daté du 20 Mai 2016, basé sur les données du gouvernements, nous soulignions le fait que l'ensemble des actes de violence avait lieu à Pointe-à-Pitre, pourtant classée ZSP(Zone Sécurité Prioritaire) est aussi un lieu de danger, entre les actes de violence gratuits, les agressions, les braquages à main armée, les actes de vandalisme, les règlements de compte et les affrontements entre les diverses bandes rivales, il ne se passe pas un jour sans faits-divers, répertoriés notamment dans le France-Antilles ou RCI, les deux grands quotidiens de l'île. En 2015, les forces de l’ordre ont enregistré 704 cas de vol avec armes en Guadeloupe. C'est le centre de l’île, autour de Pointe-à-Pitre, qui concentre la vie économique et culturelle de l’île, ainsi que ses quartiers difficiles, mais surtout la « Riviera », zone touristique sur la bande côtière allant du Gosier à Saint-François, très prisée par les touristes, que les phénomènes de violence ont lieu.

C'est d'ailleurs dans cette même zone que sont apparus, voici une vingtaine d'années des gangs à l'américaine, avec des signes, des couleurs et des cris distinctifs. On compte les Sektion Kriminel de Mortenol, les Bloods de CH4,Cours Zamia et L6, la Zone 6 de Lacroix, Black Mafia Gang, Orange Gang situé à Grand Camp, pour ne citer qu'elles. Ces "gangs" sont issus des différents quartiers, qui ceinturent l'agglomération de Pointe-à-Pitre. Construits il y a 50 ans, dans le cadre de la première politique d'urbanisation des années 50-60, avec la destruction des bidonvilles, en immeubles de béton, abritant, les travailleurs de Darboussier, du BTP, les ménagères. Très vite, ces immeubles, sont, sans exagérer nos propos, devenus au fil du temps,des ghettos de béton, semblables aux immeubles des banlieues parisiennes. Dans ces ghettos, les ouvriers locaux, partis en retraite ou à la campagne dû à l'amélioration de leurs conditions de vie, ont été remplacés par des familles monoparentales, ou par des personnes issues de l'immigration, venant de la Dominique, d'Haiti, de la République Dominicaine. Sans emploi pour la plupart. De plus, les jeunes, de ces quartiers, très souvent déscolarisés, au chômage, sans repère, sans possibilité d'avenir, tombent dans des trafics en tout genre, notamment le trafic de stupéfiant. Les quartiers de Pointe-à-Pitre, sont aujourd'hui de vrais "supermarchés" de la drogue où l'on trouve du cannabis, de la résine de cannabis, communément appelée "Shit", sans oublier la cocaïne qui a envahit le marché, et le crack, drogue du "Pawo" comprenez : personne en addiction.

Et ils sont de plus en plus jeunes à entrer dans la criminalité. Tous les jours, au tribunal de Pointe-à-Pitre comparaissent des "gamins" âgés de 15 à 25 ans, avec le même profil. Malgré leur jeune âge ce sont,des criminels endurcis. Certains sont poursuivis pour vol, agression violente avec arme, braquage à main armée, vol à l'arraché, tentative d’assassinat ou même homicide volontaire. Certains sont même des multi-récidivistes. Leur terrain de jeu est bien évidemment Pointe-à-Pitre et son centre historique, là où touristes, clients et commerçants en sont les victimes.

Pour passer le temps, le seul moyen de s'évader, est la musique, qui bien souvent en Guadeloupe, va de paire avec la criminalité. Comme le rappelle nos confrères de France-Antilles. " À la base, il y a souvent des groupes de musique. Des jeunes qui ont grandi ensemble, qui ont voyagé, ont connu la galère en Métropole, se sont serrés les coudes, et se retrouvent en Guadeloupe et créent des labels...Ceux-ci génèrent un business en diffusant un maximum leur musique et en organisant des concerts....Ce sont des labels qui évoluent en sous-marin. Ils sont très organisés, ont des agents qui prospectent pour eux de l'autre côté de l'Atlantique. Il n'y a aucun accord écrit, c'est le respect de la parole donnée qui prévaut. Comme chez les anciens ! "

Ces jeunes n'hésitent pas à s'afficher, arme à la main, dans les divers clips "dancehall-rap et Trap" qui circulent sur Youtube, sans jamais être réellement inquiétés par la justice.

De plus, nombre de chanteurs undergrounds locaux, qui connaissent le succès aujourd'hui, sont originaires de ces quartiers difficiles. C'est d'ailleurs autour de ces chanteurs, que se sont formées les bandes criminelles, qui n'aiment pas l'appellatif de "gang", car il n'y a pas véritablement de chef.

C'est surtout la musique, qui est à l'origine de la rivalité, qui opposa le chanteur Saïk, proche de la Sektion Kriminel de Mortenol (PAP) et Kerosn, proche des Hyènes HKM de Saint-Rose, commune du Nord Basse-Terre. Il aura fallu, le décès tragique de Yohann Equinoxe pour que les bandes songent à une trêve. Cette paix mettrait fin aux différents conflits entre quartiers, qui soulignons le, sont monnaie courante au pays. Entre les clashs, les menaces,les intimidations, les meurtres et les agressions à l'extérieur comme à l'intérieur des prisons de l'île,cette violence omniprésente dans la musique locale pourrait faire parti du passé.

Autre aspect méconnu de Pointe-à-Pitre, la prostitution, à laquelle s'adonnent les filles de la République Dominicaine ou d'Haïti, le soir, quand la ville est inactive. Le phénomène est principalement présent dans le sulfureux quartier de Carénage, où matin et soir, les filles de St Domingue, vendent leur charme, pour pas cher.

Loin du cliché médiatique, Carénage, véritable lieu de vie, a toujours été un quartier sulfureux. A l'origine, cette zone de Pointe-à-Pitre était l'endroit choisit par les marins "blancs" de passage, les pêcheurs, ainsi que par les travailleurs de l'ancienne usine sucrière de Darboussier pour s'y établir. C'est à partir des années 80 que les "filles de St Domingue" ont remplacé les honnêtes travailleurs guadeloupéens.

Proche de la Marina de Pointe-à-Pitre, et du Campus de Fouillole, pôle important de l'Université des Antilles, le matin très tôt les filles de joie sont déjà présentes.

Pourtant, Carénage est voué à disparaître. En effet, dans la politique de rénovation urbaine, menée par la municipalité depuis bientôt dix ans, et appuyée par l'inauguration du Mémorial Acte, "Centre caribéen d'expressions et de mémoire de la Traite et de l'Esclavage". Ainsi, les vieilles "kaz" en tôle transformées en maisons de passe, sont remplacées par des HLM mais surtout par des immeubles de standing, pour les cadres locaux désireux de se rapproprier leur ville. La destruction des "kaz" est facilitée par les divers incendies qui ravagent régulièrement les squats.

Au delà des faits de violence en tout genre, Pointe-à-Pitre est avant tout le véritable portrait socio-ethnique de l'archipel. Au gré du temps, différents peuples s'y sont établis. Au départ, il y eu les amérindiens, remplacés par les colons blancs, qui seront remplacés par les anciens esclaves noirs à la recherche d'emploi. Au début du XXe siècle, se sont les hindous mais surtout les libano-syriens qui s'y installèrent. La ville connue d'autres vagues d'immigrants, européens, africains. Par la suite, dans les années 80, une nouvelle vague d'immigration, de personnes originaires de la Dominique, d'Haïti et de la République Dominicaine enrichira l'apport culturel de la ville. Pointe-à-Pitre, ville monde et capitale économie des îles de Guadeloupe, ville multi-culturelle et jeune. Centre d'affaire et centre culturel, la ville du centre de la Guadeloupe a tout d'une ville caribéenne. Ses marchés locaux très colorés, ses vieilles bâtisses de type coloniale et ses rues se coupant à angle droit, ses espaces publics et ses équipements administratifs datant de l'ère coloniale font la beauté de la sous-préfecture de l'archipel.

La ville est même la seule ville d'Outremer et de la Caraïbe, présente dans le classement Mercer, des villes où il fait bon vivre. Pointe-à-Pitre est même la 3e ville française à figurer dans le classement après Paris et Lyon.

Afin de préserver cette image de vitrine culturelle et historique, la municipalité mise sur la rénovation urbaine. Cité Henri 4 (CH4) déjà écrasé, Chanzy en cours de réhabilitation, Bergevin, Lauricisque où les Tours Gabarre vidées, doivent être détruites, Carénage, et même le Centre historique, ses monuments, ses places et ses vieilles bâtisses sont concernés par cette rénovation. Qui plus est, depuis la mort de Yohann et la visite du ministre de l'intérieur, la ville mise sur le tout sécuritaire, avec une surveillance accrue, et la mise en place de centaines de caméras, plus une augmentation des effectifs policiers. 158 membres des forces de l'ordre pour la Guadeloupe, parmi lesquels, côté police, 87 arrivées de policiers et adjoints de sécurité d'ici, ainsi que 71 gendarmes dont la moitié seront déployés dans l'agglomération Pointe-à-Pitre à partir de juin 2017. De plus, cette semaine, la ville a mit en place le Conseil Local de Sécurité et de Prévention de la Délinquance, en partenariat avec l'académie de la Guadeloupe, les forces de l'ordre, le tribunal, la préfecture et la sous-préfecture.

De quoi rassurer les habitants, les commerçants et les touristes de passage dans l'archipel et faire de Pointe-à-Pitre la ville d'Art et d'Histoire qu'elle a toujours été.

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