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Paul Vergès, un homme-un destin.


Hier, nous avons appris par le biais de la presse réunionnaise le décès de Paul Vergès, homme politique réunionnais. A travers la télé, la radio ou encore les réseaux sociaux, les réactions et les hommages sont nombreux et continuent d’affluer. Paul Vergès était un homme mais aussi un destin politique. Jacques décédé en 2013, il avait formé un tandem inséparable. Paul Vergès c'est surtout 61 années de vie politique et de combats sociaux.

Depuis hier, le paysage politique réunionnais est orphelin, la Réunion dans son ensemble est en deuil. Paul Vergès 91 ans, est mort vendredi. Il y a un mois, en fin Octobre, le sénateur avait été pris en charge par les équipes du service de neurologie du CHU Félix Guyon après avoir subi "un malaise" à son domicile. Mais son état s'est détérioré et vendredi, le président du Parti Communiste Réunionnais, nous a quitté.

Depuis, les réactions abondent. En France comme dans les autres pays d'Outre-mer, les hommages continuent d'affluer. Toute la gauche, salue la mémoire de celui qui avait créé le parti communiste réunionnais.

Même l'ancien président de la république, aujourd'hui en campagne pour les primaire de la droite et du centre s'exprimait dans un communiqué de presse. Malgré leurs divergences politiques, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy dit témoigner « du respect pour le parcours de Paul VERGES ». Pour le candidat des Républicains, « Paul Verges est un infatigable militant de l’idée qu’il se faisait de la liberté et de l’émancipation réunionnaises : d’abord dans la Résistance, puis dans l’engagement communiste, et enfin à la tête de la Région et au Parlement. »

Même le président du Sénat a rendu un vibrant hommage, à l'homme qui a changé la politique réunionnaise :

Afin de comprendre, tout cet afflux d'hommage, il faut remonter dans l'histoire de sa carrière. Né le 5 mars 1925 à Ubon Ratchathani au Siam aujourd'hui la Thaïlande, dans une famille adultère où sa mère institutrice vietnamienne et son père, le docteur Raymond Vergès, consul de France au Siam lors de sa naissance, avait selon un biographe modifié le certificat de naissance pour cacher sa relation avec une vietnamienne. Sa mère décède en 1928, alors qu'il n'est qu'enfant. Avec son frère, il est élevé par sa tante paternelle jusqu'à leur arrivée à La Réunion en 1932. Bons élèves, les frères Vergès suivent leur père à Paris en 1937-1938 où Paul est scolarisé au lycée Louis-le-Grand, avant de poursuivre leur scolarité à la Réunion au Lycée lycée Leconte-de-Lisle de Saint-Denis. Dans sa classe, on retrouve Raymond Barre, qui deviendra premier ministre, mais aussi le parlementaire réunionnais Auguste Legros. En 1942, il obtient son BAC mais part avec son Frère Jacques, rejoindre les Forces Françaises Libres, combattre l'occupant allemand. Il intègre l'école d'officiers parachutistes de Ribbesford (Royaume-Uni) en 1943, et l'année suivante, il est parachuté sur le territoire français. Ensemble, ils mèneront de nombreux faits d'armes.

Une fois la guerre terminée, il entre en politique et s'engage contre le colonialisme au sein du Comité républicain d'action démocratique et sociale (CRADS), parti politique créé par son père Raymond Vergès. 1955, sera l'année de l'ascension politique. En effet, Paul Vergès est élu conseiller général de la Réunion à Saint-Paul. En 1956, il succède à son père, député de 1946 à 1955, à l'Assemblée nationale. En 1959, il fonde le parti communiste réunionnais, reprend le journal Témoignages fondé par son père.

1964 voit son engagement contre le colonialisme se radicaliser. Il entre en lutte contre la présence française à La Réunion. Sa cavale va durer vingt-huit moisDu fait d'une loi d'amnistie, il n'était plus inculpé à ce moment que d'« atteinte à l'intégrité du territoire ». Après s'être constitué prisonnier, il est transféré en métropole où il bénéficie d'une ordonnance de non-lieu de la part de la Cour de Sûreté de l'État.

Malgré la censure qui sévissait à son encontre, en 1971, il est élu maire du Port et député européen en 1979.En 1983, il est élu au conseil régional de La Réunion avec son fils Laurent. En 1996, grâce à une alliance avec les socialistes, il ajoute un nouveau mandat à sa liste : celui de sénateur.

Homme de lutte, Paul Vergès est l'un des précurseur du combat pour l'environnement, ainsi dès 1996, il alerte il alerte l'opinion sur la nécessité de faire de l'étude des conséquences du réchauffement climatique une priorité nationale. Il sera le fondateur de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), une structure dont il prendra par la suite la présidence. Le 19 septembre 2001, il fait voter, à l'unanimité des deux assemblées parlementaires, une loi reconnaissant cette priorité. Il est réélu sénateur le 23 septembre 2001. Il est par ailleurs élu président du conseil régional de La Réunion en 1998 et réélu en avril 2004.

En 2000, il fonde l'Agence régionale de l'énergie de La Réunion (ARER) et lui assigne les missions d'accompagnement et de développement du concept d'autonomie énergétique à 100 % d'énergies renouvelables à l'horizon 2025 de l'île de La Réunion, comme réponse au changement climatique, et de diffuser cette démarche aux autres îles de la planète. En juin 2004, il est finalement élu au Parlement européen pour la circonscription Outre-mer qui comprend Saint-Pierre-et-Miquelon, laGuadeloupe, la Martinique, la Guyane, La Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et Wallis-et-Futuna et qui comporte 3 sièges sur 732 au total.

En juin 2007, candidat à la députation dans la troisième circonscription de La Réunion, la liste qu'il conduit est largement devancée au second tour par celle de l'UMP Didier Robert. En 2010, il perd les élections régionales face à son rival Didier Robert.

Malgré cette défaite, il est élu, sénateur de La Réunion poste qu'il occupera jusqu'à à sa mort vendredi. A 91 ans, dont 61 années de vie politique, Paul Vergès est un des responsables politiques français qui détiennent le record de longévité dans des fonctions politiques.

A la suite de son décès, c'est sa suppléante Gélita Hoarau qui le remplacera au Palais du Luxembourg.

Malgré les controverses qui ont entouré sa carrière, sa disparition laissera un vide dans le paysage politique réunionnais.

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