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Benoît Hamon vainqueur, Manuel Valls éliminé


Les résultats sont tombés, Benoît Hamon est le grand vainqueur de cette primaire citoyenne qui s'apparentait à une lutte fratricide gauche-gauche". Ce sont deux programmes, mais aussi deux visions de la France qui opposaient les deux anciens ministres. Malgré son excellent score en Outremer, Manuels Valls est le grand perdant.

Longtemps désigné comme le troisième homme de cette primaire citoyenne, loin derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg. Benoît Hamon a su se hisser dans le coeur des français et pourtant, aucun pronostic ne le donnait vainqueur.

La semaine dernière, il a surprit plus d'un en se plaçant en tête des résultats du premier tour de la Primaire de gauche avec des résultats plutôt confortables. Ainsi, Le député des Yvelines obtenait 36,12 % des voix contre 31,24 %. pour Manuel Valls.

Ce soir, c'est la victoire pour Benoît Hamon et tous ceux qui l'ont soutenu, car, c'est lui qui sera le candidat du Parti socialiste à l’élection présidentielle en Mai prochain.

Il l'a emporté au second tour de la primaire avec 36,03 % des voix contre 31,48 % pour M. Valls. Il a réussi à maintenir son avance, dans un contexte d’augmentation de la participation. C’est une revanche pour l’ex-ministre de l’éducation qui avait quitté le gouvernement de Manuel Valls fin août 2014, dans l’ombre d’Arnaud Montebourg.

La défaite est amère pour l'ancien premier ministre Manuel Valls qui avait bénéficié au premier tour d'un large soutien en Outremer. Ce soutien s'est réitéré ce soir, comme le prouvent les résultats

La Guadeloupe a voté avec une journée d'avance par rapport à l'hexagone. Manuel Valls reste en tête dans l'archipel. L'ancien premier ministre totalise 4180 suffrages exprimés (74,85%). Benoit Hamon, arrivé en tête au niveau national dimanche dernier, totalise 1404 voix (25%).

Votants: 5671 Exprimés: 5584 Blancs/Nuls: 87

Comme au premier tour, l'ancien premier ministre Manuel Valls, soutenu en Martinique par la Fédération Socialiste et le Parti Progressiste Martiniquais, obtient 2264 voix. Il amplifie son avance du premier tour (1589 voix, 67,47%). Benoît Hamon réunit sur son nom, 1031 voix.

Inscrits : 302 581 Votants : 3347 Blancs et nuls : 52 Exprimés : 329

Comme pour les antilles, Manuel Valls est soutenu par la gauche guyanaise dont la députée Chantal Berthelot, du sénateur Antoine Karam et du sénateur-maire de Mana Georges Patient.

Aujourd'hui, il obtient : : 365 votes contre 258 votes pour Benoît Hamon.

Tandis qu'à La Réunion, Benoît Hamon a conforté sa place de leader en accaparant les voix d'Arnaud Montebourg. Il obtient 9490 voix. Il a notamment été soutenu par le député-maire Patrick Lebreton, qui avait soutenu Arnaud Montebourg au premier tour.

Tandis que Manuel Valls: 5620 voix.

Né le 26 juin 1967 à Saint-Renan dans le Finistère en Bretagne, d'un père ingénieur ayant travaillé aux arsenaux de la Direction des constructions navales (DCN) de Brest et d'une mère secrétaire. Benoit Hamon s'engage en politique dès l'âge 19 ans en intégrant les rangs de SOS RACISME. Puis, il participe aux manifestations estudiantines contre le projet de loi du ministre de l'enseignement d'Alain Devaquet (hiver 1986-1987). vaste mouvement qui l’incite un an plus tard à prendre sa carte à l’UNEF, principal syndicat étudiant, duquel il est resté proche.

Après avoir obtenu une licence d'histoire à l'Université de Bretagne-Occidentale, il commence sa carrière en 1991 comme assistant parlementaire du député PS (rocardien) de la Gironde Pierre Brana. Il devient le premier président du Mouvement des jeunes socialistes refondé en novembre 1993, lorsque Michel Rocard, premier secrétaire du PS, accorde son autonomie à l'organisation de jeunesse.

Délégué national du PS chargé de la jeunesse, le jeune Hamon se rapproche ensuite de Lionel Jospin, dont il sera conseiller pour la jeunesse pendant la campagne présidentielle de 1995.

Il sera élu député européen de la circonscription Est entre 2004 et 2009, puis conseiller régional d’Ile-de-France entre 2010 et 2014, en parallèle de sa charge de porte-parole du Parti socialiste, de 2008 à 2012.

Au cours de son ascension au sein du Parti socialiste, Benoît Hamon s’est inscrit dans une tendance réformiste, notamment au sein du Nouveau Parti socialiste, un courant interne au PS qu’il cofonde avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon après le choc du 21 avril 2002, qui a vu la gauche éliminée au premier tour de la présidentielle.Ministre délégué à l’économie sociale et solidaire (2012-2014), puis de l’éducation nationale (avril-août 2014), l’ex-porte parole du PS compte se démarquer du quinquennat écoulé et revendique son ancrage à gauche.

Il est l’un des plus prompts à s’être déclarés pour la primaire, prenant de vitesse son plus proche rival, Arnaud Montebourg – l’ancien ministre de l’économie devait annoncer sa candidature quelques jours plus tard. M. Hamon n’avait eu d’autre choix que de quitter le gouvernement le même jour que M. Montebourg, en août 2014 ; lors de la fête de la rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire) les deux hommes avaient milité pour un changement de cap de la politique économique menée par le gouvernement de Manuel Valls.

Les principales propositions du programme présidentiel de Benoît Hamon, vainqueur dimanche de la primaire élargie du PS :

- Revenu universel -

- 1re étape : revaloriser le RSA de 10%, versé automatiquement

- 2e étape : revenu d'existence à tous les 18-25 ans, sans condition de ressource

- 3e étape : conférence citoyenne pour fixer le périmètre du revenu universel, avec pour objectif 750 euros mensuels

- Travail -

- Abroger la loi travail

- Réduire le temps de travail avec plusieurs outils possibles : temps partiel, semaine de 32h, semaine de 4 jours...

- Droit de veto des représentants des salariés sur les choix des grandes entreprises, comme la fermeture d'une usine

- Droit à la déconnexion des salariés

- Requalification des collaborateurs des plateformes numériques en salariés

- Favoriser le chèque syndical dans les PME (financé par l'employeur et utilisé par le salarié pour adhérer à un syndicat)

- Une VIe République -

- Suppression de l'article 49-3 de la Constitution (adoption d'un texte sans vote) sauf en matière budgétaire

- "49-3 citoyen" pour permettre à 1% du corps électoral d'imposer au Parlement l'examen, ou au contraire, la suspension d'une loi

- Septennat unique du président de la République

- Reconnaissance du vote blanc

- Droit de vote des étrangers aux élections locales

- Introduction au Sénat de citoyens tirés au sort

- Dose de proportionnelle aux législatives et réduction du nombre de députés

- Rendre le président de la République destituable par référendum ou par le Parlement

- Pas plus de trois mandats successifs

- Interdire l'embauche d'un proche comme attaché parlementaire

- Ecologie -

- 50% d'énergies renouvelables d'ici à 2025

- Sortie du diesel à l'horizon 2025

- Investir 5 mds d'euros pour l'agroécologie, les circuits courts et les coopératives

- Fermeture des centrales nucléaires en fin de vie

- Interdiction des pesticides soupçonnés dangereux

- Suspension des travaux de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

- Emploi et salaires -

- Droit universel à la formation tout au long de la vie

- Egalité salariale femmes-hommes

- Revalorisation du Smic et du point d'indice de la fonction publique

- Statut unique de l'actif : salariés et indépendants

- Encadrer les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises, fin des stock-options et des retraites chapeaux

- Budget et fiscalité -

- Abandonner l'objectif d'un déficit sous les 3% du PIB

- Fusion entre CSG et impôt sur le revenu

- Impôt unique sur le patrimoine

- Taxe sur la richesse créée par les robots

- Conditionner le CICE (Crédit d'impôt compétitivité emploi) à la création de postes, la réduction du temps de travail ou des progrès écologiques

- Europe -

- Smic européen à hauteur de 60% du salaire moyen

- Mutualisation des dettes européennes

- Moratoire sur le Pacte de stabilité jusqu'à l'approbation d'un pacte réformé

- Suspension immédiate de l'application du CETA (traité de libre-échange UE-Canada)

- Révision de la directive des travailleurs détachés

- Diplomatie et défense -

- Reconnaître l'existence de l'Etat palestinien

- Construire un second porte-avion

- Doubler les effectifs de la réserve opérationnelle

- Exclure les dépenses de défense du calcul du déficit

- Réinstaller une police de proximité

- Mettre en place un coordonnateur national du renseignement rattaché au Premier ministre

- Recruter 1.000 policiers par an

- Fin de l'état d'urgence "à court terme"

- Asile et immigration -

- Visa humanitaire pour les réfugiés

- Doubler les places en centre d'accueil de demandeurs d'asile

- Modifier les règles de Dublin sur l'accueil des réfugiés et répartir les demandeurs d'asile entre les pays membres

- Education et culture -

- Recrutement de 40.000 enseignants

- Scolarité obligatoire à 3 ans

- Aide gratuite aux devoirs

- Modification de la carte scolaire

- Budget de 1% du PIB dédié à la culture (environ 0,4% aujourd'hui)

- Loi antitrust dans les médias

- Santé -

- Lutte contre les déserts médicaux

- Remboursements des activités sportives prescrites par un médecin

- Reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle

- Société -

- Droit à l'aide médicale à mourir

- Légalisation du cannabis

- Extension de la PMA (Procréation médicalement assistée) aux femmes seules et couples homosexuels

- Alignement du congé paternité sur le congé maternité

- Construire davantage d'hébergements d'urgence pour les SDF

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