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Les groupes mythiques des Antilles-Françaises.


Ils s'appellent Les Aiglons, La Perfecta, Les Vikings de la Guadeloupe, Super Combo, Akiyo, Kassav, Expérience 7 ou Zouk Machine, leur musique et leur style ont traversé les océans. Des Antilles à la France en passant par l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du Nord et l'Océan Indien, ils ont fait danser des foules entières. Malgré l'avènement du tout numérique, ils sont encore présents et donnent des concerts à guichet fermé qui affichent complets. Ce sont désormais des légendes de la musique antillaise.

Au début des années 1970, bien avant que le zouk ne fasse son apparition, bien avant la dance-hall propulsée par Admiral T, KRYS et Saïk ne devienne tendance et bien avant que la Trap ne détrône les musiques locales, plusieurs groupes, La Perfecta, Les Aiglons, Les Vikings, Super combo, Kassav, Akiyo,Expérience 7, Zouk Machine faisaient danser toutes le générations.

Originaires de la Guadeloupe ou de la Martinique, avec leur sonorité de type kadans, ou gwoka, deux styles de musique typiquement caribéen, ils faisaient l'unanimité. Populaires aux Antilles, ils ont su dépassé leur insularité pour atteindre les sommets. Des Antilles à la France en passant par l'Europe, l'Afrique, l'Amérique du Nord et l'Océan Indien, ils ont fait danser des foules entières. Malgré l'avènement du tout numérique, ils sont encore présents et donnent des concerts à guichet fermé qui affichent complets. Ce sont désormais des légendes de la musique antillaise mais surtout de la musique française.

1) Les Vikings de la Guadeloupe :

A la proue de ce "big-band" créole Camille Sopran'n l'un des plus grands virtuoses du saxophones contemporains et Ipomen Leova l'un des plus grands chanteurs de la musique guadeloupéenne et activiste. Il y a cinquante ils s'associent et créent Les Vikings de la Guadeloupe. Comme l'expliquait son fondateur, le nom Les Vikings est un hommage à l'équipe de football locale la "Red-Star" qui à l'époque était surnommé "Red Star Diabla Les Vikings" par Casimir Letang, l’animateur de l’émission La Gazette créole qui donnait les nouvelles sportives tous les samedis après-midi. Le saxophoniste détail l'origine du nom : " D’abord, le père de Fred Aucagos, qui a conçu le groupe, avait envoyé son fils faire des études pour être ingénieur en bâtiment. Et voilà Fred qui lui demande d’acheter un gros livre mais en fait c'était pour acquérir un ampli de sonorisation avec une chambre de réverbération et d’écho ! Quand l’ampli est arrivé, le père a dit à son fils : "C'était donc ce livre que tu voulais, soi-disant ? Un objet qui fait "ah ah ah" quand je dis "ah" ? Hé bien puisque c'est comme ça, il n'y aura plus d'études à Paris.” Ce monsieur était aussi le président du Red Star, l’équipe de football de Pointe-à Pitre qui était surnommée "Red Star Diabla Les Vikings" par Casimir Letang, l’animateur de l’émission La Gazette créole qui donnait les nouvelles sportives tous les samedis après-midi. Parce que quand les joueurs arrivaient, c’était un peu comme le PSG, il y avait de l’ambiance… Du coup, nous nous sommes dits que nous avions aussi l’esprit des Vikings, et que nous pourrions ravager les côtes de la Caraïbe avec notre musique, tout en étant des bâtisseurs. Nous avions le vent en poupe et nous avons été la première formation antillaise à avoir un tel succès en France métropolitaine en 1970."

Ce big-band par lequel sont passés pas moins de 100 musiciens est à l'origine du succès de la musique antillaise à la fin des années 1960. Ce groupe a été aussi à l'origine de cette nouvelle musique au sonorité kadans aujourd'hui nommée : Le zouk. Le groupe se forme à Pointe-à-Pitre au milieu des années 1960, dans une Guadeloupe post-coloniale très pauvre. A l'époque, c'est la valse créole et la biguine qui fait danser les gens dans les bars et les bals de quartier. Inspirés par le rock, le jazz, la musique latine, le funk, le reggae, des musiques en provenance des Etats-Unis, de la France, de la Jamaïque ou d'Haïti, ces jeunes (aujourd'hui grand-père) décident de créer leur propre style pour faire connaître la Guadeloupe. Ils décident de mélanger toutes leurs influences musicales en intégrant le saxophone, les maracas et les solos de guitare électrique. C'est le succès. Les adolescents deviennent de véritables star chez eux mais aussi en France.Influencés par le mouvement des Droits Civiques, ils deviennent les portes-paroles de ces bouts de France en proies aux inégalités sociales et raciales.

Quand le journaliste de RFI, demande quel est leur meilleur souvenir, ils répondent : C’était aux Halles de Paris, là où se trouve le centre Georges-Pompidou aujourd'hui. Nous fîmes une arrivé triomphale. Une démonstration. Le samedi de la Pentecôte, à 21 heures, la salle était déjà remplie, ils ont dû la fermer pour raison de sécurité avec 12 000 personnes à l’intérieur. Le lendemain, on a fait 9 000 personnes au même endroit. Puis on va à Bordeaux, Marseille, Lyon, au Havre : 45 000 personnes dans toute la France pendant un mois. C’était bien avant Bob Marley ! C'est pour ça qu'on peut trouver bizarre que les Vikings ne soient pas devenus un groupe international

Autre souvenir que Camille Sopran'n garde, c'est son duo sur scène avec le talentueux Miles Davis qui déclarera que : Le Zouk est l'avenir de la musique noire.

Depuis 1967, les Vikings de la Guadeloupe ont réalisé pas moins de 20 albums studios, fais des milliers de concerts en Guadeloupe, à la Martinique, en Guyane, à la Réunion et en France. Après 25 ans de silence, en 2016, est apparue Enkor on ti tou (1966-2016), la compilation des Vikings de la Guadeloupe.

2) La Perfecta de la Martinique.

Alors que les Vikings connaissent les joies du succès, à la même période à la Martinique se forme un autre "big-band" créole. La perfecta. A la tête de cette nouvelle formation musicale le pianiste, maestro et arrangeur Daniel Marie-Alphonsine qui quittera son groupe en 1982, Daniel et Emmanuel RAVAUD,les chanteurs: Marcel RAVENET et Maurice MARIE-LOUISE, aux timbales:Georges PALIN, les choeurs: Joe EUGENE et Raphael RIMBAUD. Mais l'histoire de la formation est tumultueuse, comme le groupe lui-même le rappelle sur ses réseaux sociaux : " 1963 : La jeunesse culturelle trinitéenne a construit sa paillotte. Elle organise le carnaval de la ville et les soirées dansantes sont animées notamment par l'orchestre de Raymond Sicot et Pierre Blain. Dany Vignon, André Bodza, et Gaston Richer invitent Alex Cayol à former un orchestre qui puisse animer les soirées de vacances. L'orchestre de la J.C.T prend vite naissance .

Après les grandes vacances de 1965, et malgré un grand succès, les musiciens sont contraints de se séparer.Emmanuel Ravaud décide de raccrocher, Daniel Ravaud est appelé sous les drapeaux, Jo Eugène part pour la métropole, Raphaël Rimbaud est convoité par le groupe Malavoi, Georges Palin et Marcel Ravenet sont sollicités par l'ensemble "Calebasse" et Maurice Marie-Louise poursuit son expérience avec " Los Caribes".En 1966 : L'ensemble Abricot naît des cendres de la Jeunesse Culturelle Trinitéenne. Nous y trouvions. Au chant : Maurice Marie-Louise, Marcel Ravenet. Aux timbales : Georges Palin. Au piano : Alex Cayol. A la trompette : Daniel Ravaud. Autour de cette base J.C.T se greffent d'autres musiciens chevronnés tels, Marcel CHANTELLY, Jean BENETO, Raoul LORDINOT en leur qualité de soufflants et Romuald Pinel-Fereol aux congas. L'ensemble se produit à la paillotte "l'Abricot Palace" puis à la "Bananeraie". Après les vacances de 1969, l'orchestre se disloque à nouveau. Il est remplacé à la Bananeraie par les Ryco-Jazz. En 1970, à l'occasion de son anniversaire La Gauloise de Trintié invite une équipe de basket de Barbade. Afin d'accueillir leurs hôtes, Marie-Louise BANGUIO et Léopold Massenya demandent à Daniel Ravaud de réunir les compétences musicales de quelques trinitéens pour animer des soirées dansantes.Ainsi, pendant les vacances de Pâques, la municipalité met à la disposition du groupe une salle de classe. Le même noyau se retrouve : Alex Cayol au piano, Marcel Ravenet au chant, Georges Palin aux timbales et à la batterie, Paul Petit-frère aux congas, Maurice Marie-Louise nous rejoint au chant, Daniel Ravaud à la trompette. Pour compléter l'orchestre nous invitons quelques anciens membres du groupe "El typico" qui vient de rompre.Ti Gus Nodin à la trompette. Fred Norbert à la guitare. Jean-Paul Albin au chant appelé par Marcel Ravenet. Georges Tayalay à la basse. Marcel Chantelly est venu renforcer l'ensemble quelques mois après. Quelques mois après lors d'une réunion "Joujou" Banguio, Marcel Ravenet, Daniel Ravaud, Maurice Marie-Louise cherchent un nom pour fonder un nouveau groupe musical après avoir passé des heures et des minutes. Nous sommes chez "Joujou", Marcel propose le nom "La Perfecta", est adopté. Le nom de la Perfecta fait l'unanimité au sein du groupe. Joujou en sera la marraine, un groupe venait de naître, c'est la naissance de La Perfecta. "

Le nom de "La Perfecta " serait un hommage à « La Perfecta » d'Eddie Palmieri. Le style du groupe est similaire à celui des Vikings de la Guadeloupe. Du Kompa originaire d'Haïti à la Kadans antillaise, en passant par la Salsa, la Biguine guadeloupéenne, la Mazurka, et le Boléro, la jeune formation est influencée par diverses musiques originaires aussi des Etats-Unis, de la Caraïbe anglophone et de la France. C'est à la fin des années 1970 que "La Perfecta" connaît le succès. D'abord au niveau local, par la suite le groupe se lance à la conquête du public ultramarin en donnant des concerts à la Guadeloupe, en Guyane à La Réunion et en France Hexagonale où la formation martiniquaise jouent dans des salles mais également dans des stades. Malheureusement, l'histoire de La Perfecta a été entachée par des dissensions sont apparues entre les membres, mais aussi les départs successifs des membres historiques, forceront la formation, (le canal historique) a arrêté la musique en 1982.

Après des années de silence, et quelques soubresauts en 1984, 1990 et 1998, l'orchestre est reparti en 2002 avec sa vieille garde de 1970-1978 assorti d'un apport de jeunes musiciens aficionados qui se sont vite adaptés au style du groupe. En 2011, La Perfecta fête ses 40 ans de scène à l'Atrium, à Fort-de-France, sur la base d'un dernier opus reprenant les meilleurs morceaux qui ont forgé cette légende. 2015 marque l'arrivée de Claude Cesaire aux Claviers ainsi qu'à la direction musicale en remplacement de Ronald Tulle. La Perfecta sortira un Album intitulé "45 ans d'harmonie" avec notamment les titres "La vi nou" et "Zanfan la vi". Malgré ce retour fracassant en fin 2015, La Perfecta connait une nouvelle période de turbulences entrainant les départs de Paulo Albin remplacé par Thierry Saint-Honoré, ainsi que les musiciens Tintin Laplume à la Batterie et Vico Charlemagne à la Basse.

En dépit des problèmes entre ses membres, La Perfecta est l'un des seuls si ce n'est le seul groupe antillais de l'époque (années 1970) à pratiquer un chœur harmonique et régulier de trois voix masculines, tour à tour lead vocal, en fonction des titres ou des phases musicales. Ce groupe a également été initiateur dans maints domaines, comme l'introduction du créole dans les textes musicaux, l'un des premiers groupes a utilisé le terme « zouk » à l'instar de « bal » (ex : La Divinité, Baille Chabon, sur le 9e album paru en 1979), a utilisé la langue anglaise sur une création musicale (Getting Out Of The Darkness, sur le 10e album paru en 1979), de la vision marketing autour de la musique, de l'appui musical à l'un de ses membres pour un album solo (1975 et 1977), de la conception d'un « méga concert » en Martinique en 1980 pendant toute une nuit, de l'enregistrement d'album ailleurs qu'aux Antilles (Studios Barclay en 1982).

3) Les Aiglons :

Autre groupe mythique des Antilles-Françaises des années 70, Les Aiglons de la Guadeloupe. Le nom original du groupe était « Les Vicontes ». Le groupe originel était formé de : Michel Nerplat Michel, Monrose Serge,Yéyé Pierre D'Alexis, Alain D'Alexis, Michel D'Alexis.

Issus du quartier Bas-du-Bourg à Basse-Terre en Guadeloupe, Les Aiglons est un groupe de « kadans » guadeloupéen créé en 1970. Ils étaient le groupe antillais le plus vendu avec leur chanson Cuisse-la, jusqu’au tube Zouk la sé sèl médikaman nou ni de Kassav en 1985.

Dans les années 70, les groupes guadeloupéens en vogue s’appelaient Les Léopards, Les Jaguars, Les rapaces faisant référence à des animaux ayant la réputations d’être forts et invincibles. C’est pour cela que Les Vicomtes adoptent Les Aiglons. Ce groupe, comme presque tous les groupes de « kadans », a été fortement influencé par la musique haïtienne qui a submergé les Antilles à partir des années 1950. Son symbole est l’aigle Pygargue. Dans les années 70, les Aiglons ont sorti pas moins de 6 albums produits par Debs Music. Les Aiglons c’était « douze garçons dans le vent » au look tendance pour l’époque : coiffures afro, patte d’ef, chaussures canard , etc.

Autres succès du groupe qui ont fait danser et rigoler bien des amoureux de bals populaires, durant 16 années : Yo vwèw, ay kouyoné, ay lopital, le Cerveau, etc. Des chansons pleines de malices, que les Aiglons ont eu l’occasion d’interpréter en Afrique, en Europe et dans la Caraïbe… Des incontournables de la musique antillaise remis par ailleurs au goût du jour , quand la formation qui s’est disloquée en 1986 se remonte au début des années 2000. En parallèle des scènes , la bande à Michel d’Alexis sort quelques albums et DVD tels que Konsyans, Vizyon la vi, Machin a son la, Déterminasyon et le dernier en date en 2015, La Légende du live , Confirmation…

4) Malavoi :

Dans la musique antillaise ne pas citer Malavoir serait une erreur. Initialement formé de quatre violonistes dont Mano Césaire, Jean-Paul Soïme, et Christian de Negri, d'une section rythmique avec Denis Dantin à la batterie, et Marcel Rémion à la basse, le groupe naît en 1972 sous le nom de Malavoi. Variété de canne à sucre, Malavoi fut aussi le nom d'une rue sur l'île de Gorée au large du Sénégal, d'où les esclaves partaient pour les Amériques. A la fin des années 60, certains des membres avaient déjà joué dans un groupe d'écoliers du lycée Schoelcher de Fort-de-France, les Merry Lads. La plupart avait fréquenté l'école de musique de Colette Franz dans les années 50.

Dès ses débuts, Malavoi reprend donc de vieux airs antillais remontant parfois aux années 30 et 40, et leur insuffle une nouvelle énergie. Afrique, Brésil, Caraïbes, jazz, toutes les influences sont utilisées et savamment mêlées. Le succès est immédiat auprès du public. Au son des violons, qui est la caractéristique du groupe, la population martiniquaise redécouvre toute une tradition musicale.

Malavoi enregistre quelques 45 tours ("Albè", "En lè mon là") et enflamme les bals antillais. Assez vite, la formation s'enrichit de cuivres : deux trombones et un saxophone (Bib Monville). Le pianiste Paulo Rosine rejoint aussi le groupe dont il va devenir un des piliers.

Quant aux chanteurs, ils changent souvent et durant ces premières années, se relaient : Pierre Pastel, Maurice Marie-Louise, Raymond Mazarin, Pierre Jabert ou Julien Constance. Tous ou presque, travaillent parallèlement à leur activité musicale, mais leur succès augmentant, ils passent vite d'un statut d'amateur à celui de professionnel.

En 1978, sort leur tout premier album, "Malavoi". La voix sensuelle qu'on y découvre et qui demeure encore aujourd'hui une des plus belles des Antilles est celle de Ralph Thamar. Cependant cette année-là, le groupe s'essouffle un peu. Leur succès et leur notoriété sont énormes en Martinique, où plus un bal n'a lieu sans eux !

Leur répertoire est essentiellement constitué de reprises, et les musiciens sont un peu las de jouer toujours la même chose. Ils ont l'impression de délaisser leurs propres compositions et de ne plus vraiment se consacrer à ce qui leur plaît. Un dernier bal a donc lieu en 78 au Lamentin, ville de la côte Est de la Martinique. Puis Malavoi cesse toute activité pendant trois ans.

C'est par un grand concert à Fort-de-France que Malavoi renaît en 1981. Cette fois, Paul Rosine est devenu le chef d'orchestre du groupe. Il a, à cette époque, l'idée d'une formation d'une dizaine de violons. Finalement, subsistent les quatre violons d'origine à l'exception de Denis Dantin remplacé par Philippe Porry. La nouveauté, c'est le violoncelle tenu par Jean-José Lagier. Avec des congas, bongos, une basse, une batterie et un piano, Malavoi reprend donc le chemin des concerts face à un auditoire qui ne l'a pas oublié.Dès sa reformation, Malavoi voit sa notoriété dépasser le cadre des Antilles. La France métropolitaine devient vite sensible à ces rythmes chaleureux, festifs et tendres à la fois. De plus, la communauté antillaise en France est très importante. Un nouvel album sort en 1983, "Zouel", avec toujours Ralph Thamar au chant. Sur ce disque, on trouve aussi "Caressé moin" chantée et signée par la chanteuse et journaliste, Marie-Josée Alié. Ce titre est désormais un des classiques de la chanson antillaise. En 1983, Malavoi est présent au festival du Printemps de Bourges en France. Leurs tournées les mènent aussi au Brésil et en Colombie pour le festival caribéen de Carthagène. Ils se voient également décerner le Maracas d'Or, prix remis à Paris à un artiste africain ou antillais. Enfin, la réalisatrice haïtienne Euzhan Palcy leur commandent la musique de son film "Rue Case Nègres".

Désormais lancés dans de nombreuses tournées, ils font une de leurs premières scènes parisiennes en 1984 au Théâtre de la Ville où ils restent huit jours. Par la suite, ils joueront presque chaque année dans la capitale française. Du 29 avril au 4 mai 1985, ils montent sur la scène de l'Olympia, la plus prestigieuse des salles parisiennes. Vers 1985, ils quittent leur maison de disques spécialisée dans la musique antillaise, Georges Debs, pour intégrer un label international, WEA. En 1986, sort leur troisième album, "Case à Lucie". En dépit de leur imposant succès et de la percée impressionnante du courant Zouk, ce disque prouve que Malavoi ne perd rien de son âme et des choix culturels qu'il défend depuis quinze ans déjà. En avril 1987, le groupe monte sur la scène du Zénith face à un public enthousiaste de 4000 personnes. Un album est tiré de ce concert. Toujours en avril, ils sont de retour au festival du Printemps de Bourges, puis s'envolent pour une tournée qui traverse le Brésil, l'Equateur et le Canada. En juillet, c'est au Centre des Arts de Point-à-Pitre en Guadeloupe que le groupe retrouve le public antillais.

Le chanteur Ralph Thamar quitte Malavoi en 1988 pour entamer une carrière en solo. Il est remplacé par Pierre-Michel "Pipo" Gertrude qui très vite s'adapte à un répertoire écrit pour son prédécesseur. Les tournées 88 mènent le groupe à la Nouvelle-Orléans, au Québec, mais aussi en Europe, et particulièrement en France, où ils visitent une vingtaine de villes. Ils retrouvent la scène de l'Olympia du 5 au 8 mai, et du 13 au 15. Un quatrième album paraît en 88, "Jou Ouve". C'est leur dernière production chez WEA qu'ils quittent l'année suivante pour CBS, futur Sony Music. Ce nouveau contrat leur ouvre les portes du Japon pour quatre dates lors desquelles ils font un malheur fin 89. Dans la foulée, c'est au Parc Gorki de Moscou qu'ils reçoivent un excellent accueil.

Dès janvier 90, ils sont à nouveau de retour à Paris au Zénith avant de revenir en novembre au Bataclan du 2 au 10 pour fêter leurs vingt ans de carrière. A cette occasion, ils sont quatorze sur scène et parmi les choristes, on note la présence du martiniquais Tony Chasseur. Autour d'un noyau initial, qui lui-même connaît de nombreux mouvements internes, les invités ne cessent de se croiser sur les scènes où se produisent Malavoi ; la plupart des grands artistes antillais ont au moins une fois travaillé avec eux.

Cet échange permanent entre les chanteurs et musiciens antillais et Malavoi fait l'objet d'un album en 1992, "Matebis", qui signifie en créole "école buissonnière". Les titres sont signés par des membres du groupe, mais aussi par des auteurs traditionnels tel Loulou Boislaville. Parmi les nombreux invités, on trouve Tanya Saint-Val, Edith Lefel, Jocelyne Beroard (chanteuse de Kassav'), Kali et le Haïtien Beethova Obas. Cet album est suivi de nouvelles tournées dont un passage à New York avant l'été.

Puis au cours du mois de juillet, Malavoi est convié à l'Elysée, résidence du Président de la République française, pour jouer devant François Mitterrand et son invité, Abdou Diouf, Président du Sénégal. Fin juillet, ils font quelques concerts sous le grand carbet du Parc Floral de Fort-de-France. Kali et le pianiste Mario Canonge font partie de la fête. Puis du 23 au 25 octobre, c'est à nouveau au Bataclan que Malavoi recrée l'ambiance d'un vrai bal antillais. Durant les semaines suivantes, le groupe s'installe quelques temps sur l'île de la Réunion.

Au milieu des tournées internationales, le groupe trouve le temps de jouer pendant quelques semaines tous les vendredis soirs dans un club de Rivière-Salée, chez eux, en Martinique.

Début 1993, Malavoi perd un de ses piliers en la personne de Paulo Rosine qui meurt le 31 janvier d'un cancer à l'âge de 45 ans. Compositeur, arrangeur, musicien exceptionnel, Paul Rosine n'avait jamais quitté son poste de fonctionnaire à la préfecture de Fort-de-France. De 86 à 89, il avait été vice-président de la commission d'identification des œuvres à la SACEM (Société des Auteurs et Compositeurs), organisme qui lui avait décerné un prix à l'examen d'arrangeur en 1988. Sa disparition représente une perte énorme pour la musique antillaise et pour le groupe au sein duquel il avait imprimé son style et son talent d'une façon inoubliable. Ce deuil est vécu par tous les Martiniquais qui le 30 avril se pressent à l'hommage que lui rendent Malavoi et de nombreux artistes antillais au Palais des Sports de Paris. Quelques jours plus tard, c'est sous le grand carbet du Parc Floral de Fort-de-France qu'a lieu un nouveau concert en son souvenir.

Paul Rosine est remplacé par José Privat qui prenait déjà parfois sa place lorsque la maladie l'empêchait de monter sur scène. Deux nouveaux violonistes originaires de France métropolitaine intègrent également la formation : Jean-Luc Pino et Daniel Dato. Tous deux remplacent Patrick Hartwick qui quitte la Martinique, et Mano Césaire qui quitte le groupe. Malavoi reprend alors les tournées autour de l'album "Matebis". Après les Antilles et la Guyane française, le groupe est de retour à l'Olympia les 10 et 11 septembre, point final de sa tournée.

Après la disparition de Paul Rosine, le violoniste Jean-Paul Soïme prend la direction de l'ensemble. Le nouvel album qui paraît en 1994, "An Manniman" ("le monument") est la réunion de titres composés entre 1987 et 1993 dont la plupart sont composés par Jean-Paul Soïme. Le chanteur est toujours Pipo Gertrude accompagné cette fois de Patsy Geremy issue du groupe Souskay.

La tournée les mène plusieurs fois à Paris puisqu'ils s'installent au Bataclan en février. Le percussionniste Dédé Saint-Prix et Marie-Josée Alie sont de la fête. Puis le 20 mars, c'est au New Morning, club de jazz, qu'on les retrouve. L'été 95 est consacré à une nouvelle tournée américaine, plutôt sur la côte Ouest du pays.

Travailleurs acharnés et réguliers, le groupe sort un nouvel album en 1996, "She She", entièrement construit autour des souvenirs d'une vieille antillaise. Trois nouvelles voix enrichissent le son du disque, Lindsay Charnier (originaire de la Réunion), Valérie Odina et Joëlle Vielet, toutes deux de la Martinique.

En parallèle aux commémorations du 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en France organisées en 1998, Malavoi revient avec "Marronage" suivi l'année d'après par "Flech Kann".

En 2000, la Sacem lui décerne le Grand Prix de la musique traditionnelle. Cette année-là, Ralph Thamar rejoint le groupe pour une petite série de concerts.

S'ils semblent avoir laissé de côté le travail en studio, les musiciens continuent à se réunir pour jouer en public. En 2005 paraît "Live au Club Med World". Aux inévitables compilations dont leur répertoire fait régulièrement l'objet vient s'ajouter "Les Instrumentaux". Quelques mois plus tard, en mars 2007, le groupe retrouve en Guadeloupe son ancien chanteur Ralph Thamar pour deux concerts exceptionnels. Le 9 août 2007, la formation antillaise est à nouveau endeuillée par la disparition de Jean-Paul Soïme, l'un de ses violonistes fondateurs. Le 10 mai 2008, Malavoi retrouve la scène de l'Olympia à Paris.

Dix ans après l'album précédent, Malavoi retrouve le chemin des studios, emmené par le chanteur Ralph Thamar. Ensemble, ils enregistrent le disque "Pèp la", qui regroupe aussi de nouveaux musiciens et des membres historiques tels que Nicol Bernard.

On retrouve le groupe à Paris au New Morning pour une série de 3 concerts du 4 au 6 décembre 2009.

L'année 2012 marque une étape importante pour le groupe martiniquais puisqu'il célèbre cette année-là, ses 40 ans de carrière. C'est d'abord sur son île que Malavoi lance les festivités avec un concert le 3 mai à L'Atrium à Fort-de-France. Une dizaine d'invités viennent partager la scène, dont Jocelyne Béroard, Tanya Saint Val, Kali, Dédé Saint-Prix ou Philippe Lavil.

Le 1er décembre, c'est la métropole qui est à la fête : Malavoi s'entoure d'un orchestre symphonique pour un grand concert anniversaire au Zénith de Paris. Ce soir-là, Ralph Thamar, Pipo Gertrude et Tony Chasseur, les chanteurs de la formation, réunis pour la première fois, entonnent quatre décennies de tubes antillais, magnifiés par les cordes d'un ensemble de 49 musiciens dirigés par la violoniste Anne Gravoin. L'enregistrement de cette soirée paraît en CD et DVD à l'été 2013, sous le titre "Malavoi symphonique".

Le 20 juillet 2013, le groupe perd à nouveau un de ses fondateurs, le violoniste Christian de Négri, qui décède à l'âge de 67 ans en Martinique. Il avait accompagné Malavoi pendant 30 ans.

5) Super Combo de la Guadeloupe

Dans ce classement, il faut citer le Super Combo de Pointe Noire en Guadeloupe. Créé durant les années 70 avec Fred et Claude Desplan, dans la commune de Pointe Noire en Guadeloupe. Le Super Combo, a fait danser toute la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane mais aussi l'Hexagone. Super Combo était le grand orchestre en vogue dans les années 70 à 90. Du Super Combo on retiendra des tubes mythiques parmi lesquels : Mwen domi dèwo, Vacance, Pwen sang froid aw..

6) Akiyo :

Connu principalement comme association culturelle et carnavalesque, Akiyo mérite de faire parti de ce classement. Le groue des frères Nankin et de Vélo tous trois connus pour leur activisme politique a révolutionné la musique traditionnelle guadeloupéenne : le gwo ka mais aussi le carnaval en devenant le premier gwoup a po a défilé dans les rues de Pointe-à-Pitre.

Vers 1978, pendant l’époque de revendication indépendantiste, les frères Nankin et quelques amis révolutionnaires et amoureux de gwo-ka (dont le légendaire Vélo) décident de moderniser le carnaval guadeloupéen et d'éliminer les costumes en satin-paillettes et les bidons en plastique qui servent à l'époque d'instruments aux carnavaliers. Ils les remplacent alors par des masques et des tambours traditionnels à peaux (boula et maké) et adaptent le jeu en ré-introduisant le rythme du gwo-ka.

Leur objectif est de revaloriser la culture guadeloupéenne, souvent auto-dénigrée par les Guadeloupéens. L'idée plaît et Akiyo devient vite le groupe de carnaval préféré des Guadeloupéens. En 1984, année de la mort de Vélo, maître ka de la Guadeloupe, Akiyo se constitue en association loi 1901 et se baptise « mouvement culturel ». Akiyo, depuis sa fondation, s'est positionné d'emblée sur un terrain militant et de résistance culturelle. Joël Nankin, indépendantiste dans l'âme, passe ainsi six ans en prison de 1983 à 1989.En effet, il reprend à son compte la musique des laissés-pour-compte de la société (musique mas a senjan). De plus, ce groupe n'a pas cessé de dénoncer la répression, le malaise social, le colonialisme, les guerres et les essais nucléaires.En 1985, le sous-préfet Hugodot, interdit cette pratique "irrespectueuse" et tente de censurer le groupe pour « atteinte à l’intégrité de l’État français ».Le sous-préfet rédige une note aux Renseignements généraux pour leur interdire toute sortie publique.Le groupe est accusé d'être un bastion de terroristes mais la population s’en mêle et cette interdiction entraîne la descente dans les rues de plus de 8 000 personnes. Face à cela Le sous-préfet est rappelé dans l'hexagone et Akiyo prend conscience de son importance. Fort de leur succès,les membres d'Akiyo créent "Akiyo Mizik", la version scénique du groupe. Leur premier spectacle a lieu en 1988 avec quelque 80 musiciens sur scène. En 1992, ils sortent leur premier album, Mémoires produit par Korosol Music, la société de Jacob Desvarieux et participent aux festivals de Pointe-à-Pitre, d'Angoulême, à la Feria de Nîmes, et de nombreux autres festivals.Leur premier disque est un grand succès dans l’île, sans aide d’aucune publicité. Après des déboires juridiques avec leur producteur, le second album, Mouvman sort en 1993 chez Déclic ainsi que le troisième, Dékatman en 1996.En 1997, après la démission de Michel Halley, jusqu'alors président de l'association, ils remixent et rééditent le premier album. Au total, Akiyo a sorti une douzaine d’albums ; outre les festivals en France, il participe à la cérémonie d’ouverture de la coupe du monde de football de 1998.

Pilier de la musique traditionnelle, Akiyo a publié 13 albums studios et continue de porter un message d'espoir pour la Guadeloupe et sa jeunesse en désuétude.

7) Kassav'

A la fin des années 1970, un nouveau groupe apparaît Kassav, ce nouveau né dès sa création, révolutionnera la musique antillaise. Kassav est très certainement l'un des plus célèbre groupe de musique français au monde. Le groupe a joué sur les cinq continents. Il a donné des concerts aussi bien au Congo-Brazzaville, au Sénégal, aux États-Unis, au Japon et même en ex-URSS, devenant le premier groupe « noir » à jouer là-bas.

La musique de Kassav a révolutionné la musique antillaise. Elle a su traversé les frontières et les océans pour devenir l'un des groupes les plus influents et importants du monde. Des artistes comme Miles Davis ou Wyclef Jean avouent avoir été conquis par la musique révolutionnaire de Kassav.

L'histoire de Kassav commence en 1979 quand Pierre-Édouard Décimus, musicien professionnel dans un orchestre (Les Vikings de la Guadeloupe) de danse depuis les années 1960 décide avec Freddy Marshall, de renouveler et de moderniser la musique racine (tambour) carnaval qu'ils ont toujours joué et de la sortir d'une image folklorique ; le groupe associe des influences de Kompa, de salsa, de reggae au son rock de la fin des années 1970, aux rythmes de la biguine et du merengue. Kassav est considéré comme le créateur du style zouk de par sa période d'apparition et son style nouveau pour l'époque.

Avant la naissance du groupe, existaient principalement comme styles musicaux en Guadeloupe et en Martinique : le Kompas, musique traditionnelle originaire d’Haïti. le Gwoka, musique traditionnelle de la Guadeloupe, dont il existe 7 variantes (rythmiques), le Bèlè, musique traditionnelle de la Martinique, dont il existe 11 variantes (rythmiques), la Mazurka, la valse créole, le chouval-bwa, musiques traditionnelles de la Martinique associées à la ville de Saint Pierre, originaires d'Europe, la Biguine, la Cadence-Lypso (Calypso et Cadence), créée par Exile One (de la Dominique) avec Gordon Henderson et aussi interprétée par des groupes tels que Les Grammacks avec Jeff Joseph comme membre principal. Experience 7, fut le premier groupe Guadeloupéens à populariser ce style musical (référence du Zouk) aux Antilles Française dans les années 1970. le Kadans repris à la sauce locale par Les Aiglons de Guadeloupe (avec pour chanteurs Alain et Pierre D'Alexis, Michel D'Alexis chef d'orchestre trombone à pistons, Michel Nerplat sax ténor, compositeur de leur plus grand succès Kuis La), Typical Combo de guadeloupe (avec pour chanteurs le regretté Georges Plonquitte, Daniel Dimbas, Iver Abidos et plus récemment Rodrigue Marcel...).

En 1979, les piliers du groupe sont Jacob Desvarieux, Georges et Pierre-Edouard Décimus et Freddy Marshall aux chants. Dès sa création, Kassav mélange tous ces styles pour les recréer à sa "sauce". Durant les premières années, plusieurs chanteurs vont s'enchaîner au sein de la formation. C'est pour la sortie de leur second album que Jocelyne Béroard intègre le groupe en tant que choeur sur le titre Soleil, titre qu'elle reprendra dans l'album Vini pou en 1987. En 1981, Christophe Zadire quitte le groupe pour raison personnelle, le groupe accueille Jean-Claude Naimro aux claviers et Jean-Philippe Marthély au chant. En 1982, c'est autour de Patrick Saint-Eloi de rejoindre le groupe et s'impose dès lors comme le crooner et mènera en parallèle une carrière solo jusqu'à son départ du groupe. Kassav est dès lors au complet, on compte ainsi Jocelyne Beroard , Jean-Philippe Martelly et Patrick St Eloi aux chants, Jacob aux guitares et chant, Jean-Claude aux claviers, Georges à la basse, Claude Vamur à la batterie. Par ailleurs, le groupe fait appel à deux danseuses : Catherine Laupa et Marie-Josée Gibon et également à une section de cuivre qui fait la particularité de Kassav'.

En 1984, Jacob et George sortent l'album Yélélé avec le tube Zouk la sé sèl médikaman nou ni qui va propulser le groupe au rang des plus grands1. En 1985, c'est le premier Zénith du groupe sans l'aide des médias. Cette même année trois albums voient le jour An ban chenn de Kassav, An ba latè de Jean-Claude Naimro et un album sans titre de Patrick et Jean-Philippe. En 1986, c'est au tour de Jocelyne Béroard de sortir son album Siwo qui deviendra le premier disque d'or pour une chanteuse antillaise. Il s'ensuit alors une seconde tournée au Zénith de Paris ainsi qu'en Afrique. En 1987, la machine Kassav sort un nouvel opus, Vini pou qui sera disque de platine au bout de deux semaines. Sur cet album, on trouve de nombreux tubes teintés d'un son africain comme Syé Bwa, Vini pou. En fin d'année 1988, le groupe décide de réunir tous les artistes antillais en vogue pour deux concerts sous le nom du Grand Méchant Zouk. En 1989, le groupe a dix ans et pour cela, un nouvel album voit le jour Majestick zouk et le zénith est investi trois soirs de suite pour des concerts anniversaires.

En 1990, Kassav organise le deuxième Grand méchant zouk qui fut couronné de succès. En 1991, Georges Décimus quitte le groupe et est remplacé par Frédéric Caracas. Le groupe fait appel aussi à des choristes en remplacement de Catherine Laupa et Marie-Josée Gibon qui ne se limiteront qu'aux chorégraphies. La particularité de ces choristes est qu'elles viennent des îles anglophones de Trinité et Tobago. Cette même année, Jocelyne sort son deuxième album solo intitulé Milans. L'année 1993 voit le départ temporaire de Jean-Claude Naimro qui part en tournée mondiale avec Peter Gabriel.

L'année 1995 est une année noire pour le groupe, qui subit le départ de plusieurs membres où l'un des fondateurs,César Durcin quitte le groupe et est remplacé par Patrick Saint-Elie de la Martinique. Malgré ces départs successifs, la formation antillaise sort son douzième opus Difé avec de nombreux invités comme Manu Katché à la batterie, Steevie Wonder à l'harmonica notamment. Une tournée s'en suivra avec un passage au zénith en mars 1996. C'est également la sortie de l'album Marthéloi, de Marthély et de PSE, qui succède au concept Bizness en 1985. Un an plus tard, Jean-Claude Naimro sort son deuxième album solo Digital dreads dans lequel il invite ses amis à interpréter des chansons. 1998, c'est la sortie de deux album solos : Lovtans de PSE et O péyi de Marthély. Et le groupe sort un album aux sonorités latines un toque latino où ils revisitent leurs plus grands succès en espagnol. En 1999, Kassav fête ses 20 ans à Bercy pendant 2 jours : 32 000 spectateurs sont venus assister aux concerts.

Un an plus tard, le groupe sort son treizième album studio Nou la.En 2002, c'est au tour de Patrick Saint-Eloi de quitter le groupe pour se consacrer à sa carrière solo après 20 ans de collaboration au sein du groupe. C'est également l'année où il produit un dernier album solo avec Kassav, intitulé Swing Karaib.

Les projets solos se poursuivent l'année suivante, avec la sortie du troisième album solo de Jocelyne, Madousinay, avec un vibrant hommage rendu à Edith Lefel décédée en janvier de la même année. Quant à Jacob, il participe au succès du concept Dis l'heure de zouk avec notamment Passi. En 2004, Georges Décimus réintègre la troupe pour la sortie du 14e album. Leur chanson Kolé Séré a fait l'objet d'une reprise par Jimmy Buffett. En 2005, Carnaval tour est le nom d'une tournée de Kassav.

En 2006, la troisième éditions du GMZ (Grand Méchant Zouk) est organisée à Bercy avec toute la nouvelle génération d'artistes. Ce sera un succès mitigé. Entre les tournées, les projets solo, Kassav se retrouve en 2007 pour nous présenter leur dernier opus All u need is zouk, qui se veut une traduction quasi littérale de zouk la cé sè médikaman nou ni. Quatorze titres qui parlent de l'histoire, de la vie tout simplement. S'en suit une tournée qui les fera passer par le zénith en juillet 2008 dans le cadre du All u need is zouk tour.

Le 16 mai 2009, Kassav fête ses 30 ans d'existence au Stade de France, devant 65 000 personnes, avec Admiral T en première partie. Une centaine d'artistes les accompagnait dont Tony Chasseur, Jean-Luc Guanel, Jocelyne Labylle, Princess Lover et Tanya Saint-Val et le congolais Fally Ipupa. C'est également le départ de Claude Vamur après 27 ans de collaboration. Hervé Laval assure l'intérim avant que le groupe donne la chance à un jeune batteur Thomas Bellon. Kassav' devient par la même occasion le premier groupe français à avoir joué au Stade de France. En 2011, Kassav organise la 4e édition du Grand Méchant Zouk et remplit le Zénith deux soirs de suite. L'opération est reconduite en juin 2012. Jocelyne Béroard organise son premier concert solo à l'Olympia qui a déjà accueilli Patrick, Edith Lefel et Tanya Saint-Val.

L'année 2013 est marquée par le retour du succès avec l'album Sonjé et la série de concert le 7, 8 et 9 juin 2013 au Zénith de Paris pour le lancement de la tournée Mawonaj tour. Ce nouvel album et cette tournée rendent hommage à Patrick Saint-Eloi et reviennent aux origines du zouk. L'année 2013, c'est également l'année où pour la première fois, le groupe se produit à l'Olympia, les 8 et 15 décembre pour clôturer leur Mawonaj'tour. Depuis 2016 Kassav parcours le Monde pour sa tournée mndiale « Chiré Douvan Tour ».

En 30 ans d'existence, Kassav a sorti près de 16 albums studio, 12 albums live. Le groupe aura parcouru le monde de long en large : des Antillles-Français à la Caraïbe anglophone, de la France à l'Europe, de l'Afrique à l'Océan Indien, en passant par les Etats-Unis et le Canada, Kassav est et restera dans l'histoire de la musique antillaise.

8) Expérience 7 :

Dans notre classement des groupes mythiques, on peut également citer Expérience 7. Ce groupe de ZOUK formé dans les années 80 par Guy Houllier et Yves Honoré qui sont aussi à l'origine du Groupe ZOUK MACHINE composé de Christiane Obydol, Dominique Zorobabel, Joëlle Ursulle. Expérience 7 est reconnue pour de nombreuses compositions tel que " CARMELINA "( en vidéo ci-dessous ), "Goudjoua ", " Lanmou sé an danjé ". Expérience 7 est incontestablement une référence en matière de ZOUK et restera gravé à jamais dans le coeur de ceux qui ont connu les années 80. Le groupe a pleinement contribué à l'évolution de la musique Antillaise.

9 ) Zouk Machine

Zouk Machine est né au milieu des années 80 sur l'initiative de Guy Houllier et Yves Honoré (leaders du groupe Expérience 7). Joëlle Ursull(toute première miss Guadeloupe et 2e Dauphine de l'élection Miss France), Christiane Obydol et Dominique Zorobabel débutent leur carrière en 1986 avec "Sové Lanmou" qui passe inaperçu en métropole. Joëlle Ursull quitte peu après le groupe et se dirige vers une carrière solo. En 1990, elle gravit la seconde marche du podium du concours de l'Eurovision grâce à "White & Black Blues", titre composé par Serge Gainsbourg. Jane Fostin fait alors son entrée dans le groupe en 1988, et participe à la consécration de Zouk Machine l'année suivante avec "Maldon". Un tube qui dépassera largement les frontières antillaises puisqu'il s'installe en première position du Top Singles français pendant neuf semaines. Suivent des tournées aux quatre coins du monde, portées par les succès "Ou Ké Rivé" (1990), "Sa Ké Cho" (1991) ou encore "DJ" (1991).

En 1995, le groupe se divise. Jane Fostin se lance dans une carrière solo. Son premier single sort en 1997, il s'intitule "La taille de ton amour". C'est en fait une reprise de "Who Do You Love" de Deborah Cox. En 2000, les deux chanteuses restantes proposent une nouvelle compilation qui reprend sept des meilleurs titres du groupe et sept nouvelles compositions. En septembre 2007, nouvelle séparation. Christiane Obydol décide de continuer seule l'aventure, en publiant son dernier album en 2008 intitulé "Koud'Soley", il était porté par le single "M'moi" (2008). Un titre composé par Christophe Maé et Bruno Dandrimont qui a connu un accueil mitigé (33ème du Top Singles). Depuis, pas de nouvelle du trio féminin qui aura fait danser les français de l'Hexagone avec notamment le célèbre "Nettoyer, Balayer"

Dans notre classement, on peut aussi parler du Typical Combo autre grande formation de type Kadans des années 60,70, sans oublier la Compagnie Créole qui est de loin le groupe antillais le plus connu en France Hexagonale.

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