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100 victimes à Chicago en un week-end


Le grand week-end de la fête nationale américaine a été particulièrement sanglant à Chicago, où au moins 101 personnes ont été blessées par balle, 14 d’entre elles trouvant la mort. La plus jeune de ces victimes avait 13 ans et la plus âgée 60.

Aux Etats-Unis, le week end du 4 Juillet, date de la fête nationale est sacré. Dans tous le pays à travers les 50 états, les américains montrent leur patriotisme. Entre défilé des corps de police, les parades de fanfares et les feux d'artifice, l'heure est à la fête. Normal, au pays de l'Once Sam, on ne badine pas avec la fête nationale, commémorant l'indépendance des treize colonies.

Malgré les scènes de liesses, certains profitent pour commettre des actes de violences sans précédent. Comme c'est le cas à Chicago désormais nommée Chirak ou Chiraq. Mélange de Chicago et Irak comme pour souligner la violence qui règne dans la cité des vents.

Le grand week-end de la fête nationale américaine a été particulièrement sanglant à Chicago, où au moins 101 personnes ont été blessées par balle, 14 d’entre elles trouvant la mort, a rapporté mercredi le Chicago Tribune et reprit par lapresse.ca.La plus jeune de ces victimes avait 13 ans et la plus âgée 60, selon le quotidien qui précise que les violences étaient localisées à des quartiers au sud et à l’ouest de la troisième métropole des Etats-Unis. Quartiers généralement peuplés par les communautés noires et latinos.

Ayant débuté vendredi soir, le week-end du jour de l’Indépendance (4 juillet) a duré jusqu’au petit matin mercredi, soit quatre jours pleins. Il est demeuré relativement calme jusqu’à mardi après-midi, puis les violences se sont emballées: 41 personnes ont été touchées par des tirs en l’espace de 12 heures.

Ce mauvais bilan intervient alors que le président Donald Trump a annoncé vendredi qu’il enverrait des renforts fédéraux pour endiguer la criminalité qui gangrène Chicago, où la police locale a été critiquée pour ses abus dans un rapport officiel publié en janvier.

La criminalité à Chicago fait couler beaucoup d’encre car la ville de l’ex-président démocrate Barack Obama est très en vue. Toutefois, rapportées à la population, les violences armées y sont moindres que dans d’autres villes du pays comme St Louis ou Baltimore. Cependant, 786 meurtres ont été dénombrés l'année dernière.

Avec cette recrudescence meurtrière, Chicago retrouve un taux d'homicide inédit depuis les années 1990, lorsque plus de 900 personnes étaient tuées chaque année. En août, la ville a enregistré pas moins de 90 homicides, soit le même niveau qu'en juin 1996.

En Septembre 2016, Chicago affichait un taux de 24,1 homicides annuels pour 100.000 habitants, soit plus 6,3 fois plus que New York, et 3,5 fois plus que Los Angeles ! Chicago pourrait ainsi revenir dans le top 5 du FBI des villes avec le plus grand taux d'homicide, derrière St. Louis (49,9 pour 100.000 habitants), Detroit (43,5), New Orleans (38,7), Baltimore (33,8) et Newark (33,3).

Une violence sous fond de guerre des gangs, de trafic de drogue et de drill -music :

Chicago a toujours été une ville sulfureuse. Des années 20 aux années 40, la ville surnommée "la Capitale du Crime " vivait sous la coupe de la mafia dirigée par le célèbre Al Capone. Personnage emblématique du crime organisé dans les États-Unis de la prohibition.

Fini le temps de la mafia, du trafic d'opium, du trafic d'alcool et des pistolets désormais, ce sont les gangs noirs et latinos qui s'affrontent à coup d'AK 47, de M16 et autres armes automatiques. La raison de cette guerre réside dans le trafic de drogue, cannabis et cocaïne en tête. Cette violence sévit principalement dans les quartiers pauvres du sud et de l'Ouest peuplés à majorité de noirs. Tandis que les quartiers blancs sont quant à eux épargnés, car généralement homosexuels. Selon le magazine Chicago," le taux de blessés par balle à Chicago est de 1,62 par 100 000 habitants blancs et de 112,83 par 100 000 habitants afro-américains. Chez les hommes noirs de 18 à 34 ans, ce taux passe à 599,65 par 100 000, ou 1 sur 200. "

Autre source de violence, la musique. Dan les quartiers noirs de Chicago, les musiques ne sont pas très douces, au contraire, les habitants aiment la drill music qui a ses ambassadeurs : Chief Keef et Lil Durk. Cette musique, longtemps marginalisée qui connait un essor prône le trafic de stupéfiant, l'argent facile, la violence et la vie dans un gang.

Des armes achetées illégalement :

Quand à la méthode d'homicide, elle marque une nette préférence pour l'arme de poing. En effet, plus de 83,4% des meurtres se font par arme à feu. Si la ville de Chicago dispose de lois strictes sur le contrôle des armes, les saisies de la police montrent que 60% des armes impliquées sont acquises hors de l'état.

"A côté de nous, l'Indiana et le Wisconsin ont des lois très laxistes sur les armes à feu", explique Eddie Johnson, cité par CNN. "Nous savons que les gens de Chicago traversent la frontière, remplissent des sacs de sport avec des armes illégales et reviennent ici les vendre aux gangs."

La violence dans les quartiers noirs a pris une telle ampleur que le réalisateur Spike Lee a décidé d'en parler dans sa nouvelle production, au nom éponyme CHIRAQ, qu'on vous conseille.

Source : le journal de Montréal

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