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Les libanais, l'autre peuple de Guadeloupe


La Guadeloupe est un véritable microcosme à ciel ouvert. L'archipel français vit depuis toujours au gré des flux migratoires.Entre les noirs, les descendants d'engagés indiens, les européens, les libanais sont l'autre peuple des îles de Guadeloupe.. Ce week-end, se tenait au Pavillon L'Herminier de Pointe-à-Pitre, une exposition sur la culture libanaise. Une volonté pour les descendants de faire découvrir leur culture.

La Guadeloupe est un archipel français situé dans les Caraïbes, à mi-chemin entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Pour beaucoup, ces îles aux paysages époustouflants sont avant tout une destination touristique, un lieu de villégiature en attendant la fin de l'hiver. Cependant, la Guadeloupe n'est pas simplement synonyme de farniente sous le soleil tropical.

Petites par leur taille mais grandes par les différentes cultures qui y sont présentes, les îles de Guadeloupe sont un véritable microcosme à ciel ouvert. L'archipel français vit depuis toujours au gré des flux migratoires.Entre la population noire d'origine africaine arrivée avec l'esclavage, les descendants d'engagés indiens, les européens, les libanais sont l'autre peuple des îles de Guadeloupe. Tout ce mélange fait la richesse de ces îles.

Comme quatorze millions de personnes d'origine libanaise à travers le monde, les libano-guadeloupéens sont parfaitement intégrés . Ils sont pour la plupart commerçants, entrepreneurs, médecins, sportifs. Certains ont marqué l'histoire culturelle de ce pays qui a accueillit leurs ancêtres. Plusieurs noms reviennent, Henri Debs, Nicole Sarkis, Camille et Tony Jabour, Colette Khoury, Antoine Karam, Maryse Romanos etc. Autant dire qu'ils pèsent "très lourd" dans l'économie guadeloupéenne.

Ce week-end, se tenait au Pavillon L'Herminier de Pointe-à-Pitre, une exposition sur la

culture libanaise. Une volonté pour les descendants de ces migrants, de faire découvrir leur culture et l'histoire du Pays du cèdre. Les libano-guadeloupéens ont, au fil des siècles, ajouté une touche à la culture cosmopolite de la Guadeloupe.

A travers les étages du Pavillon, le public avait la possibilité de s'informer sur l'histoire de ce petit pays de 10 452 km2, fortement influencé par les différents Empires qui se sont succédés dans la région du Levant (Les Phéniciens, les Egyptiens, Alexandre le Grand, les Romains...), mais également découvrir ou re-découvrir les spécialités et autres mets libanais. Plusieurs conférences suivies de débats ont eu lieu.

Le Liban, une histoire de migration

Il y a deux ans, était célébré le 150e anniversaire de l'arrivée des premiers libanais aux Antilles. Ils sont arrivés dans les années 1870, étaient d'abord des négociants. Plus tard, ce sont des agriculteurs de villages chrétiens du Liban qui sont arrivés en Guadeloupe. Cette nouvelle vague de population, provenait du Proche-Orient et était la conséquence directe des conflits confessionnels, de la politique des autorités ottomanes et des difficultés liées à l’économie et à la croissance démographique.

La diaspora libanaise compte environ 14 millions de membres répartis principalement en Amérique Latine. , en particulier au Brésil (8 000 000), L'Argentine (2 000 000), la Colombie (900 000) et le Mexique. Il existe aussi d'importantes communautés libanaises aux États-Unis (environ 300 000), au Canada (270 000 personnes dont 150 000 rien que dans Montréal), en Australie et en Europe, principalement en France.

Une première vague de Libanais et de Syriens, en majorité chrétiens, émigra en direction de l’Égypte, de la France et de l’Amérique. Quelques familles s’installèrent aux Antilles et furent à l’origine d’un courant migratoire qui fonctionna de la fin du XIXe siècle à nos jours. Les premiers immigrants se sont installés essentiellement dans les agglomérations de Pointe-à-Pitre, de BasseTerre et du Moule. Avec leurs descendants, ils ont largement contribué, comme dans toute l’Amérique, à l’histoire économique, culturelle et religieuse de leur pays d’accueil. Plus-tard, avec la guerre civile (1975-1990), la Guadeloupe connut une nouvelle vague. Ces derniers ont su s'intégrer dans ce nouveau pays qui n'était pas le leur.

La Caraïbe compte elle aussi une communauté libanaise. D'ailleurs, comme le soulignait Creoleways, dans son article du 26 avril 2016 " Plusieurs hommes de la communauté proche-orientale se sont distingués dans la politique en cette région du monde. Parmi eux figurent Edward Seaga, qui fut Premier ministre de la Jamaïque (1980-1989) et leader du Jamaica Labour Party (1974- 2005) : né en 1930 à Boston (Massachusetts) de parents jamaïcains d’ascendances libanaise, écossaise et indienne, il épousa en 1965 Miss Jamaï- que, Elizabeth Constantine. À Haïti, nous trouvons Rindel Assad, qui fut ministre du Tourisme en 1958, ainsi que Carlo Boulos, ministre de la Santé. En République dominicaine, Jacobo Majluta Azar a assuré la présidence de la République durant 43 jours suite au décès du président Antonio Guzmán (1982) puis a été président du Sénat (1982-1984) ; Elias Wessin y Wessin a été candidat à la présidence, Jottin Cury ministre en 1965, et l’avocat Hugo Tolentino Dipp, actuel vice-président du Parti révolution- naire dominicain, ministre des Affaires étrangères en 2000 et grand homme de lettres " pour ne citer qu'eux.

Ils ont tout quitté laissant derrière eux, une région au bord du chaos. A leur façon, ils ont vécu leur rêve Américain, leur rêve guadeloupéen !

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