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Le Costa Rica, Pura Vida.


Nous les antillais francophones nous nous intéressons que très rarement à ce qui se passe chez nos voisins de la Caraïbe ou de l'Amérique Latine. Nous nous confortons dans notre statut de français et nous tournons le dos au développement de nos voisins. Figurez vous, juste derrière nous, un pays a décidé de bannir les énergies fossiles pour devenir le premier pays décarbonisé. Son nom, le Costa Rica.

( source : groupe.com)

Nous les antillais francophones nous nous intéressons que très rarement à ce qui se passe chez nos voisins de la Caraïbe ou de l'Amérique Latine. Nous nous confortons dans notre statut de français et nous tournons le dos au développement de nos voisins. Pour nous, ces pays sont pauvres, corrompus. Pourtant, il y a des choses positives qui se déroulent chez nos voisins. Evidemment, les médias locaux n'en parlent jamais ou ils préfèrent relayer les choses les plus graves. Figurez vous, juste derrière nous, un pays a décidé de bannir les énergies fossiles pour devenir le premier pays décarbonisé. Son nom, le Costa Rica.

Situé dans l'isthme de centreaméricain, encadré par la Mer des Caraïbes à l'Est et l'Océan Pacifique à l'Ouest et au Sud, bordé au Nord par le Nicaragua et au Sud-Est par le Panama, le Costa Rica est un exemple à suivre.

Récemment, le nouveau président, a annoncé son plan pour bannir les énergies fossiles et faire de son pays la première nation « décarbonisée » du monde. L’ancien journaliste de 38 ans l’a annoncé dans son discours d’investiture, mercredi 9 mai,

« La décarbonisation est la grande tâche qui incombe à notre génération, et le Costa Rica doit être l’un des premiers pays du monde à l’avoir accomplie, sinon le premier », a déclaré le président Alvarado. « Nous avons une mission belle et titanesque, celle d’abolir l’utilisation des énergies fossiles dans notre économie pour laisser la place à l’utilisation des énergies renouvelables et propres. »

Costa Rica, un pays 100% naturel :

Le mois dernier, Carlos Alvarado a déclaré que le Costa Rica allait débuter un programme pour mettre un terme à l’utilisation des énergies fossiles dans les transports d’ici 2021, à l’occasion du 200e anniversaire de l’indépendance du pays d’Amérique centrale. Ces objectifs sont tout à fait tenables pour ce petit pays d'Amérique Centrale véritable exemple en la matière.

( source : TUI )

Alors que dans le reste du monde, on peine à passer à une économie 100% verte,le Costa Rica, lui, y parvient. En effet, depuis plusieurs années, le pays qui a pour devise pura vida, a misé sur les énergies renouvelables. Ainsi comme le rappelait le site saintetnaturel, Entre janvier et octobre 2015, le Costa Rica avait consommé une électricité « verte » à 98,7% de la consommation totale, dont 100% durant 285 jours…En 2016, le pays avait consommé une énergie verte à 100% durant 250 jours consécutifs et en 2017, record, 300 jours en 2017 d’électricité 100 % verte. Les 5 millions de Costaricains sont alimentés majoritairement par les barrages hydroélectriques déjà établis, mais également par la géothermie, les éoliennes, la biomasse, et les panneaux solaires.

Ces énergies représentent respectivement 78,6% pour l'énergie hydro-électrique suivie par l’énergie éolienne (10,29 %), géothermique (10,23 %), et enfin la biomasse et le solaire (0,84 %). Ce qui ne requiert que 0,38 % de carburants fossiles. Les émissions de CO2 liées à l'énergie au Costa Rica étaient en 2014 de 1,51 t CO2 par habitant, niveau inférieur de 66 % à la moyenne mondiale et de 38 % à celle de l'Amérique latine.

Un pays sans armée :

Pour la petite histoire, depuis 1948, le pays a emprunté le chemin de la non violence et du respect de la nature. Le Costa Rica a le mérite de faire partie de la très petite liste des pays sans armée et ce depuis la Guerre Civile qui a ensanglanté ce joyaux de l'Amérique Centrale. Le 8 février de cette année-là, les élections présidentielles sont entachées par la fraude électorale : dans un premier temps, les télégrammes donnent Otilio Ulate Blanco, candidat de l’opposition, vainqueur. Le Congrès, composé essentiellement de membres proches du gouvernement en place, déclare vainqueur le candidat du parti au pouvoir, le Dr Rafael Ángel Calderón Guardia.Problème : aucune vérification n’est possible puisque les bulletins de vote sont partis en fumée dans un mystérieux incendie – toujours non élucidé.C’en est trop pour l’opposition. Un chef populaire, José Figueres Ferrer, surnommé "Don Pepe", met alors sur pied une armée, la Légion des Caraïbes, qui vient à bout de l’armée du gouvernement dans une guerre civile de deux mois à peine, mais qui fait environ un millier de morts.Don Pepe prend la tête d’un gouvernement provisoire pendant 18 mois, le temps d’instaurer la démocratie. Parmi ses mesures phare, l’abolition pure et simple de l’armée par un décret-loi du 1er décembre 1948 : une première pour un pays indépendant !

Ce jour-là, il se rend à la caserne de Bellavista dans la capitale San José, grimpe sur une échelle et porte des coups de masse aux murs : le geste est si symbolique qu’il orne encore aujourd’hui les billets de banque de 10 000 colones. Il fait aussi cadeau de la caserne dont le pays n’a plus besoin à l’université qui la transformera… en musée national !

Cependant, le Costa Rica a signé des pactes de non-agression et des accords de protection. En cas de conflit, il pourrait recevoir le soutien des Etats-Unis ou du Brésil, au sein de l’Organisation des Etats d’Amérique, créée pour assurer entre ses membres "un ordre de paix et de justice". Depuis, il a fait des émules chez ses voisins, comme le Panama qui a supprimé son armée en 1994.

Sans armée, le pays a décidé de se consacrer à l'éducation et la santé. L'école est gratuite. Le pays compte près de 6 147 écoles et collèges et plus de 50 universités. Le Costa Rica affiche des statistiques très enviables pour l’Amérique latine : ainsi, le taux d’alphabétisation atteint 97% et l’espérance de vie atteint 80 ans. C'est l'un des pays ayant le taux de mortalité le plus bas : 10,82%. Il existe même des assurances qui couvrent la population en cas de problème de santé. A l'image de la Sécurité Sociale en France, la Caisse Costaricienne de Sécurité Sociale (CCSS) est une institution de service public ayant permis d'importantes avancées en matière de santé, de retraites et de sécurité sociale. Cette institution assure la couverture et les prestations – intégrales - de services de santé via deux types d’assurances :l’assurance de couverture générale, avec un service couvrant 100% de la population l’assurance de couverture contributive, avec 86,8% d'assurés.

Costa Rica : Pura Vida :

A la différence des autres pays de la Caraïbe qui préfèrent un tourisme de masse et hôtelier, le Costa Rica lui, a préféré l'écotourisme. Le pays est même pionnier en la matière. Une politique écologique mise en place dans les années 1970 et qui depuis fait recette. Le Costa Rica a de quoi attirer.

On y retrouve 6% de toutes les espèces animales et végétales recensées sur la terre ! Ce qui inclut notamment 850 espèces d’oiseaux, 12 000 sortes de plantes dont 1 400 orchidées, 1 600 types de poissons, 230 sortes de mammifères et des milliers d’espèces de papillons.Outre sa faune et sa flore uniques au monde, ce paradis vert offre une impressionnante variété d’écosystèmes allant de la forêt tropicale sèche à la forêt pluviale en passant par la mangrove ou le littoral bordé de vastes plages et agrémenté au large de récifs coralliens. Le pays est traversé en son centre par des volcans grandioses et une chaîne de hauts sommets qui font le bonheur des amateurs de photos.

En véritable Eden tropical, le pays possède notamment des parcs nationaux et les réserves biologiques, forestières et animalières, qu’elles soient publiques ou privées qui couvrent plus d’un quart du territoire !

Le tourisme occupe un pan entier de l'économie costaricienne. En 2011, le Costa Rica occupait la 44e place du classement des destinations touristiques, soit le deuxième pays parmi les pays d'Amérique latine après le Mexique. La majorité des visiteurs étrangers proviennent des États-Unis (39 %), du Canada (7 %) et des pays de l'Union européenne (16 %).

Même l'agriculture se veut écologique. Le Costa Rica compte actuellement 8 000 hectares consacrés à la culture sans produits chimiques et plus de 3000 produits certifiés, tant dans le commerce national que dans le commerce international. Encore une fois, cette petite nation s'érige en modèle pour les autres pays du monde et notamment ceux de la région. Cependant, il reste beaucoup à faire. Gros producteur de banane, le pays a été au centre d'un documentaire diffusé en 2016 sur France 5, dénonçant l'envers du décor du paradis vert.. L'entreprise Del Monte filiale du groupe Del Monte Foods au coeur de l'enquête, est accusée d'user de produits chimiques interdits en Europe et d'abuser de ses employés forcés de travailler 6 jours sur 7, 12h par jour, pour 250 $ par mois, aucune prise en charge de l'exposition permanente aux produits phytosanitaires. De plus, chaque coupeur de bananes est amené à récolter 200 à 300 régimes de bananes par jour, soient environ 6,000 tonnes par an.

Nombreuses sont les ONG à dénoncer le mensonge du gouvernement costaricien. Alors qu'il se donne l'image d'un pays écologique, en 2012, le Costa Rica était le numéro un mondial dans l’utilisation des agrochimiques. Selon alterinfo dans un article daté de 2012, l’Instituto Regional de Estudios en Sustancias Tóxicas (IRET ; Institut régional des études sur les substances toxiques), de l’Université nationale du Costa Rica, a révélé début 2011 que la quantité de pesticides importés entre 1977 et 2006 a augmenté de 340 %. Au total, le pays a importé 184 817 tonnes de pesticides ces 30 dernières années. Ces pesticides sont répandus principalement dans les bananeraies mais aussi dans les champs de melon, coton et café.

Le chemin est encore long, mais le Costa Rica semble disposer à relever les nombreux défis, pour devenir le pays de la Pura Vida !

source : Ulyces.co

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