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Le Touloulou bientôt à l'Unesco ?


Déjà classé au patrimoine culturel national, le Touloulou sera t-il reconnu comme patrimoine culturel immatériel de l'Humanité ? C'est en tout cas, l'objectif de l'Observatoire du Carnaval guyanais. L'organisme milite pour son inscription à l'Unesco.

La période carnavalesque arrive à grand pas. En Guyane, s'il y a bien une chose à voir ou à faire durant le carnaval, c'est le bal des Touloulous. Vous connaissez pas ? Les toulours, ce sont ces étranges personnages habillés, masqués, gantés que l'on retrouve dans les bals populaires des principales villes.

Le Touloulou, un personnage mythique :

Sans doute inspiré des masques traditionnels vénitiens, le Touloulou est avant tout un personnage féminin typique de la culture créole guyanaise représente les femmes bourgeoises des xviiie et xixe siècles, endimanchées, toujours habillées de la tête aux pieds.

Le touloulou est la reine du carnaval. C'est une dame habillée de manière élégante de la tête aux pieds. Ce sont normalement des femmes dont on ne voit pas une once de peau. Elle porte un jupon, une cagoule, un loup et des longs gants. Pour ne pas être reconnues, les femmes vont jusqu'à mettre des lentilles colorées, des perruques et camoufler leur voix. Elles ne portent pas leur parfum habituel, achètent des paires de chaussures pour l'occasion qu'elles ne remettront pas et ne se déplacent pas avec leur véhicule pour garder l'anonymat. Elles défilent dans la rue et participent aux bals masqués. Il existe aussi un costume propre aux hommes appelé Tololo. Dans les boîtes de nuit, rebaptisées à l'occasion « universités », ce sont les touloulous qui invitent les hommes à danser. Ils ne peuvent refuser.

Une reconnaissance nationale et pourquoi internationale ?

Reconnu depuis le 26 octobre 2017 au niveau national comme, comme patrimoine culturel français, le Touloulou est bien plus qu'un personnage folklorique, c'est l'âme du carnaval guyanais, si bien que l'Observatoire du Carnaval guyanais cherche à faire, reconnaître le Touloulou par l'Unesco.

Pour faire entendre sa voix, l’observatoire a également lancé une pétition pour l’inscription du touloulou « sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel ». Elle a déjà recueilli plus de 415 signatures. C'est ce que relatent nos confrères de Guyane 1ère dans leur édition du 04/11/2018.

Evidemment,pour mener à bien sa démarche, l’Observatoire régional du carnaval guyanais a besoin du soutien financier des politiques (notamment à travers des subventions). « Il faut qu’il y ait une politique réfléchie avec des mesures concrètes qui accompagnent les acteurs du carnaval. Il faut des personnes formées pour accompagner les porteurs de projet. Nous avons besoin d’une adhésion de toute la communauté », assure Monique Blérald, la présidente de l’observatoire régional au micro de nos confrères.

Une campagne de lobbying intense :

Au cours des années précédentes, l'organisme a mené des actions visant à promouvoir ce pan de la culture guyanaise. En effet, plusieurs déplacements dans les universités parisiennes ont eu lieu, sans oublier, une exposition remarquée au musée du Carnaval de Binche en Belgique, la sortie du 1er catalogue d’exposition sur le Touloulou de bal paré masqué, le tout possible grâce à la forte adhésion de la population guyanaise.

Concrètement, il s'agit de faire passer le carnaval de Guyane à une autre étape. Il s'agit de voir le carnaval comme un attrait touristique, un atout touristique, économique plus que comme un amusement réservé aux guyanais.


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