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Bled Miki « Une musique engagée »


Figure montante de la «Nouvelle vague », Bled Miki s'impose petit à petit dans le paysage musical avec son style, ses chansons engagées et ses instrus aux sonorités caribéennes. A l'occasion de la sortie de son EP « BA », le jeune chanteur se livre pour The Link Fwi.

Sorti il y a un peu plus d'une semaine sur les plateformes d'écoute, « BA », premier EP de Bled Miki annonce la couleur. Avec des textes engagés, centrés autour de l'amour, le partage, la fierté d'être guadeloupéen, « BA » risque de ne pas laisser les aficionados de la musique antillais indifférents. Avec ce projet 8 titres, Bled Miki compte bien s'imposer dans ce vaste paysage musical antillais. En pleine phase de promotion, il se confie à The Link Fwi.

The Link Fwi : Bonjour Bled Miki, peux-tu te présenter rapidement à nos lecteurs ?

Bonjour à tous les lecteurs et lectrices de The Link Fwi, c'est Bled Miki. Je suis un jeune artiste de Gwada, auteur et interprète. Je me suis mis depuis peu à la composition. Ma musique est assez diversifiée, je chante sur des genres musicaux actuels en essayant d’y apporter une touche traditionnelle.

TLFWI : Quand as tu as débuté la musique ? D’où vient cette passion pour la musique ? Parle nous un peu de ton parcours personnel, musical et même professionnel.

Bled Miki : J’ai commencé à chanter vers l’âge de 8 ans. Je suis issu d’une famille d’artistes, mon grand-père, c'est le poète Guy Tirolien; ma sœur (Malika Tirolien) est chanteuse et mes parents avaient un groupe « TRI-O-KA ». Enfant, j’assistais à leurs séances studio, c’est de là que me vient ma passion. Très tôt, j’ai formé avec mon grand frère (Tytaf) et mes amis d’enfance (Salic’s, Patof & Sharpblack) un groupe Mafia Lyrikal. Au départ, on faisait des freestyles dans la cour de l’école. Puis, quand les occasions se sont présentées on a commencé à faire quelques prestations et à enregistrer nos morceaux. Après le lycée, je suis parti faire des études d’art et de culture à Paris et j’ai continué en solo mes activités entant qu’artiste. Actuellement, je suis toujours étudiant et je fais le maximum pour vivre ma passion en même temps.

TLFWI : D’où vient ton pseudonyme ?

Bled Miki : À la base, mon entourage me surnommait déjà Miki, c’est le diminutif de mon prénom, et comme j’étais souvent derrière le micro, ça tombait à pic. Le « Bled » est venu après, à cause d’un son que j’avais fait qui s’appelait « Bled Miki ». Les gens qui ont entendu le son à l’époque ont commencé à m’appeler comme ça, ça correspondait bien à mon personnage, du coup c’est resté. Je représente le Bled au Mic (rire).

TLFWI : On t’a découvert avec le titre “ Enfant de Jah “ titre qui a suscité un certain engouement de la part du public mais Bled Miki, niveau musical, ça donne quoi ? Quels ont été tes projets antérieurs ?

Bled Miki : Mon premier projet solo était une mixtape de 14 titres « Ombre & Lumière » qui est sorti en 2015. C’était un projet avec des sons assez différents les uns des autres, mais avec un style dominant, le rap. Dessus il y a des morceaux comme « Prière d’un petit enfant nègre » qui est un poème de mon grand-père que j’ai transformé en chanson ou encore « Le combat continue part 4 ». L’année d’après j’ai sorti ma deuxième mixtape « J-1 », c’est justement dessus qu’il y a le morceau « Enfant de Jah ». Pour moi « J-1 » c’était vraiment pour préparer mon public à « BA » le 1 er EP que je viens de sortir sur les plateformes de streaming et téléchargement légal.

TLFWI : Qui sont les musiciens, artistes ou intellectuels qui t’ont inspiré ou qui t’inspirent encore aujourd’hui ?

Bled Miki : Ouuh ! Je ne pourrai pas tous les citer ! Niveau musique, je peux te citer Bob Marley, 2pac, Kendrick Lamar… En ce moment je suis très inspiré par la scène nigériane, Burna Boy, Wizkid, Tekno... Les artistes locaux me donnent pas mal d’inspiration aussi. Dans les intellectuels, j’admire beaucoup les penseurs et activistes qui ont défendu des causes nobles comme Marcus Garvey, Cheikh Anta Diop ou encore Kemi Seba aujourd’hui.

TLFWI : On a écouté ton EP, tu abordes des thèmes assez engagés, d’où vient ton inspiration quand tu écris des textes ? Te qualifierais-tu comme étant un artiste engagé ?

Bled Miki : Mon inspiration vient parfois de l’actualité, d’autres fois de l’histoire, ou encore des choses que mon entourage et moi, nous vivons. J’essaie de mettre sur la table les sujets sensibles et les vérités non révélées dans notre société. L’engagement fait partie de mon art, il peut être subtil ou intense, en fonction des thèmes que j’aborde.

TLFWI : Pour cet EP tu as collaboré avec des artistes de la “ nouvelle vague “ Hey Boni, Yaya Momm. Comment la collaboration s’est elle faite ?

Bled Miki : J’ai découvert Hey Bony à un show qu’il avait fait pour une « Release Party »de EHK Lounge. J’avais bien kiffé son originalité, et les sonorités qu’il développait. Ensuite, on s’est croisé plusieurs fois, et la vybz est bien passée.Je l’ai contacté pour bosser sur l’EP et on a mis le feat en place. On a fait« Bay Lè » dans une bonne ambiance de travail et on a eu l’ambition d’enfaire un Hit. C’est le morceau sur lequel j’ai passé le plus de temps enproduction. On est très satisfait, c’est le 1 er son du projet qui à avoir été programmé sur plusieurs télévisions (Trace Tropical, Alizes TV…).Avec Yaya Momm on s’est capter pour la première fois à un show de Jwe SonLokal où on était tous les deux programmés. La connexion s’est faite directe,on s’écoutait déjà l’un et l’autre avant de se connaître personnellement. On s’est fixé un rendez-vous, on a fait tourner des prods, puis quand celle de« Life » est arrivée, on a eu un déclic. On était sur la même longueur d’onde.On a écrit le son en une-deux pour casser les codes, on savait que les gens s’attendraient à ce qu’on fasse un couplet chacun.

TLFWI : Après écoute de l’EP, nous avons vraiment aimé les titres “ Bay Lè “ avec Hey Boni, “ Lib “, “ Narcos “ qui est d’ailleurs le premier clip de l’EP et “ Rasta Love “ . Parle nous de ces titres, de quoi parlent-ils ?

Bled Miki : « Bay Lè » c’est un morceau de motivation basé sur l’entre-aide. L’idée c’est d’utiliser la musique pour faire passer un message dans notre communauté : L’union fait la force. Le morceau « Lib » je pense que c’est le plus engagé du projet. Quand j’ai entendu la prod de Don Emiliano, j’ai eu envie d’écrire quelque chose de profond. Au final j’ai vidé mon sac, le but c’était vraiment de cracher des vérités libératrices. Pour « Narcos », j’ai trouvé l’instru de Wild Music Prod tellement ruff ! J’ai voulu laissé le thème intact, mais prendre les choses à contre-courant. Dans l’audio-visuel, le monde de la drogue fascine. Tout ça a une grande influence dans notre communauté. L’idée du morceau, c’est de montrer le revers de la médaille… Vo myé nou pwan-y cool ! Quand j’ai fait « Rasta Love », j’ai voulu exprimer une facette de l’amour particulière. Le côté un peu « fly ». C’est ce que l’instru de Gunstylero m’a inspiré. Pour y arriver il fallait un son aérien quelque chose qu’on ne peut pas mettre dans une case. C’est ni de la Trap, ni du Reggae, ni du Rap, ni du R&B. Mais on retrouve un peu de tout ça dedans. Le son est assez personnel, mais vu qu’il parle d’un sentiment que tout le monde connait, on peut facilement se l’approprier.

TLFWI : Depuis la sortie de l’EP quelle a été la réaction du public et de tes fans ? Comment l’EP a t-il été accueilli ?

Bled Miki : L’EP a été super bien accueilli, j’ai eu plein de messages de soutien et d’encouragement, des messages vraiment touchants ! Sur les réseaux sociaux aussi c’est le feu ! J’ai le même ressenti qu’après la sortie du titre « Enfant de Jah ». Beaucoup de gens qui ne connaissaient pas mon travail m’ont contacté pour me féliciter. Tout ça me motive pour la suite !

TLFWI : Dans la presse, on parle souvent des Antilles assez négativement, problème d’eau, chômage, violence, une jeunesse qui a du mal à trouver sa place dans nos îles,en tant qu’artiste engagé, quelle est ton opinion sur la question ?

Bled Miki : Je pense que ce dont on parle est vraiment réel. Bien que ce soit inadmissible,il ne faut pas en faire une fatalité. On est dans une ère où les consciences s’éveillent. Les choses peuvent changées avec de la volonté et des actions concrètes. Il faut qu’on prenne possession de notre destin.Je trouve aussi qu’on ne parle pas assez des tas de choses valorisantes qui sepassent au pays. En février par exemple, il y a eu un super Mois de l’Afrique avec un tas de manifestations culturelles et artistiques qui ont eu un impact très positif dans la population.​

TLFWI : Toi qui est un jeune artiste dont la notoriété est émergente, quels seraient tes conseils pour un débutant qui souhaiteraient percer ?

Bled Miki : D’abord, je lui dirai de se poser la question suivante : Suis-je certain de mon talent ? Si la réponse est oui, alors je lui dirai de ne pas brimer sa créativité.De ne pas se contenter aussi, toujours essayer de s’améliorer. De se demander qu’est-ce qu’il apporte de plus dans le milieu. Et surtout, de persévérer.

Bled Miki en musique :

Bled Miki feat Hey Bony - Bay Lè

Bled Miki - Rasta Love :

Bled Miki - Narcos :

Mixtape BA en écoute ------- > ici

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