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Le Brésil sous l'air Bolsonaro


Depuis le 1er Janvier 2019, Jair Bolsonaro, sulfureux candidat lors de la présidentielle Brésilienne, est devenu Président. En à peine quelques jours, le nouveau président du Brésil fait déjà parler de lui. Celui qu'on surnomme le " Trump Tropical " a annoncé la couleur : il y aura du changement au Brésil. Un changement radical !

Avec la victoire de Jair Bolsonaro, le Brésil semble avoir tourné la page des années Lula. Depuis le 1er Janvier 2019, Jair Bolsonaro, sulfureux candidat lors de la présidentielle Brésilienne est devenu Président. En à peine quelques jours, le nouveau président du Brésil fait déjà parler de lui. Celui qu'on surnomme le " Trump Tropical " a annoncé la couleur : il y aura du changement au Brésil. Ce changement sera radical !

1) Les terres amérindiennes menacées :

Le président brésilien Jair Bolsonaro a pris une mesure polémique dès le premier jour de son mandat en plaçant sous la tutelle du ministère de l’Agriculture la démarcation des terres attribuées aux peuples autochtones, par une ordonnance publiée le soir de son investiture. Bolsonaro a confié les rênes du Ministère à Tereza Cristina da Costa, leader du groupe parlementaire « ruraliste », qui défend les intérêts de l’agrobusiness, soutien important du président lors de sa campagne. Déjà, dès la campagne présidentielle, Jair Bolsonaro avait choisi son camp, en déclarant : "Que ce soit bien clair : le futur ministre sera issu du secteur productif. Nous n'aurons plus de bagarres à ce niveau-là". Très soutenu par ce puissant lobby qui ne souhaite qu'une chose, les vastes étendues de l'Amazonie, poumon de la Terre pour étendre les terres agricoles, Jair Bolsonaro applique donc son programme au détriment des peuples autochtones. Pour les défenseurs de la cause indienne, ce transfert de compétences dans la démarcation des terres revient à livrer les territoires ancestraux à l’appétit vorace de l’agrobusiness.

Jair Bolsonaro avait également l’intention de fusionner les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, mais a fait machine arrière en raison du tollé provoqué par cette perspective. Des représentants du lobby de l’agrobusines ont eux-mêmes manifesté leur inquiétude, craignant des sanctions commerciales sur les produits agricoles brésiliens de la part de pays soucieux de la préservation de l’environnement.

Bolsonaro a également évoqué la reprise des études pour la construction de centrales hydroélectriques en Amazonie, qui impliquent la construction de barrages, avec un fort impact sur les cours d'eau, entraînant souvent le déplacement de populations. Un dossier sensible après le long bras de fer des autorités brésiliennes avec des tribus indiennes au sujet du projet de Belo Monte, centrale en cours de construction, avec un barrage qui sera le troisième plus grand au monde.

2) La purge des administrations :

Anti-communiste et anti-socialiste viscéral, le président brésilien n'a jamais caché sa haine pour les idées de gauche. Déjà en pleine campagne, il avait annoncé son envie de purger le Brésil de toutes idées communistes et socialistes. Aujourd'hui à la tête du Brésil, il entend nettoyer les administrations du communisme et du socialisme. Onyx Lorenzoni, chef du tout nouveau Gouvernement a déclaré « Ça n’a aucun sens de conserver dans un gouvernement ayant un profil comme le nôtre des gens qui défendent une autre logique, un autre système politique, une autre organisation de la société [...] Nous aurons le courage de faire ce qui a peut-être manqué au dernier gouvernement, commencer à nettoyer la maison dès le début [...] C’est le seul moyen de gouverner de façon efficace et de faire ce que la société brésilienne a décidé par les urnes : mettre fin aux idées socialistes et communistes qui nous ont menés au chaos actuel, avec le chômage (…), l’insécurité des familles, les mauvaises prestations du système de santé et des écoles qui endoctrinent au lieu d’éduquer ».

Première mesure prise dans ce sens, la suppression d’un département de la diversité du ministère de l’Éducation qui était chargé de mettre en place des programmes scolaires sur le respect des Droits de l’Homme et le racisme. Ce département sera remplacé par un autre, qui aura pour but d’accroître les efforts en matière d’alphabétisation.

Pour rappel, Jair Bolsonaro a été élu grâce à unfort rejet du Parti des Travailleurs (PT) de gauche de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, qui a régné 13 ans. Pour les brésilien le PT est responsable de tous les maux qui affectent le Brésil.

3) Transfert de l'Ambassade du Brésil à Jerusalem :

Le président brésilien avait annoncé en novembre, au lendemain de son élection, qu'il comptait suivre l'exemple de l’Américain Donald Trump. Jeudi, Jair Bolsonaro a confirmé son intention de transférer l'Ambassade de son pays à Jérusalem. Il se dit déterminer à ce que l'ambassade soit dans " la capitale historique" de l'Etat Hébreu.

« Comme l’a dit le Premier ministre israélien, la décision est prise, il ne reste qu’à déterminer quand elle sera mise en application », a-t'il déclaré dans son interview pour la chaîne SBT. Le nouveau président d’extrême droite a rappelé qu’il s’était mis d’accord sur ce transfert lors de ses entretiens avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, venu au Brésil pour assister à son investiture. Selon lui, « Une grande partie du monde arabe est alignée ou en train de s’aligner sur les Etats-Unis, et cette question de la Palestine lasse les gens dans une grande partie du monde arabe »

Jusqu’à présent, le Brésil suivait la ligne de la plus grande partie de la communauté internationale, qui veut que le statut final de Jérusalem soit négocié par les deux parties et que les ambassades ne s’y installent pas tant qu’un accord n’a pas été trouvé; Cette décision est sans doute lier au fait que durant la campagne, Jair Bolsonaro a été soutenu financièrement par les Eglises évangélistes du Brésil, qui sont un lobby très puissant.

4) Coopération économique et militaire avec les USA de Donald Trump :

Depuis son élection, Donald Trump manquait de soutien dans la Région. Avec Jair Bolsonaro, Trump a trouvé un interlocuteur de taille sur le continent Américain. Anti-communiste, anti-socialiste, le président brésilien entend combattre ces idées même hors des frontières de son pays. Pour cela, il est pret à s'allier à Donald Trump.

Le président du Brésil, Jair Bolsonaro, s'est dit prêt, jeudi 3 janvier, à discuter "à l'avenir" de l'installation d'une base militaire américaine sur le territoire brésilien. "Selon ce qui pourrait se passer dans le monde, qui sait si nous aurons à discuter de cette question à l'avenir", a déclaré le nouveau président à la chaîne SBT, à l'occasion de sa première interview télévisée depuis son investiture le 1er janvier.

Mercredi, le nouveau présidient du Brésil a rencontré le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, avec lequel il s'est engagé à renforcer la coopération dans les domaines économiques et de la sécurité, ainsi que dans la lutte contre les "régimes autoritaires" du Venezuela et de Cuba. Le président brésilien s'est également dit "préoccupé" par les manœuvres militaires conjointes effectuées début décembre par le Venezuela et la Russie sur le territoire vénézuélien, avec notamment la présence de deux bombardiers stratégiques russes.

"Comme c'était prévu, la Russie a fait une manœuvre au Venezuela, nous savons quelle est l'intention du gouvernement de Maduro. Le Brésil doit s'inquiéter à ce sujet", a-t-il déclaré. "Mon rapprochement avec les États-Unis est économique, mais il peut aussi être militaire", a-t-il ajouté face aux caméras de SBT.

Des prises de position qui inquiètent évidemment l'opposition et notamment le PT lequel est fortement lié à Cuba et au Venezuela.

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