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Biennale de Venise : coup de projecteur sur les artistes guadeloupéens.


Du 11 Mai au 24 Novembre 2019, a lieu la Biennale de Venise. Un événement culturel majeur organisé par GAA Foundation en partenariat avec the European Cultural Centre. Pour cette 5e édition, trois artistes guadeloupéens ont été sélectionnés pour exposer dans la mythique ville de la Renaissance.

L'un des événements majeurs de l'art contemporain en Europe revient pour une 5e édition. La Biennale de Venise organisée par GAA Foundation en partenariat avec the European Cultural Centre, organise depuis 2011 à Venise des expositions d’art contemporain et d’architecture. The European Cultural Centre, qui fait vivre différents lieux dédiés aux cultures européenes à travers le monde, propose aux artistes sélectionnés des espaces majestueux dans trois palais et deux jardins publics au coeur de Venise. Chaque année, 500 000 visiteurs sont accueillis pour l'événement.

Cette nouvelle édition a pour thème “PERSONAL STRUCTURES ". Cette année, ce sont sept artistes d'origines différentes qui exposeront dans la mythique ville de la Renaissance. Il y a aura entre autre Soraya Abu Naba’a (Etats-Unis), Esteve Casanoves (Espagne), Mazeredo (Brésil) et Moisés Preto Paulo (Portugal).

Trois artistes guadeloupéens en exposition :

A leurs côtés, on note la présence de trois artistes guadeloupéens, que sont : Nankin Joël, Jean-Marc Hunt et François Piquet. A noter que chaque artiste présentera un projet inédit du 11 mai au 24 novembre 2019, au Palazzo Mora, dans les Jardins Marinaressa.

La Guadeloupe à l'honneur pour l'occasion :

C’est la première fois que les Îles de Guadeloupe se voient attribuer un pavillon au sein d'un évènement artistique international de cette envergure, en effet, les oeuvres des trois artistes guadeloupéens seront installées dans un ensemble d'espaces officiellement appelé le "Pavillon des Îles de Guadeloupe", composé d'une salle de 44m2 à l’intérieur du Palazzo Mora, et de deux espaces en plein air dans les Jardins Marinaressa.

Qui sont les trois artistes ?

1) François piquet :

François Piquet (né en 1967 en région parisienne, vit et travaille en Guadeloupe depuis 2000). Il vit et produit dans le “Tout-Monde”, où il choisit d'expérimenter artistiquement la "créolisation" d'Edouard Glissant, et les imprévus d'une création contemporaine populaire et protéïforme, pour replacer l'art dans ses fonctions sociales et utopiques, et mettre en place les conditions de la rencontre. Sculptures, installations, street-art, video, et immersion sociale du geste artistique : sa démarche est résolument contemporaine, combinant l'humour et l'expérimentation constante de nouvelles manières, matières et médias, pour présenter des formes accessibles, politiquement incorrectes et bousculant les points de vue sur les relations humaines. Ingénieur et designer multimédia, il débute sa pratique des arts visuels en Guadeloupe par un collectif de Street-art. Il réalise ensuite sa première sculpture monumentale en tressant des lames de fer autrefois utilisées pour cercler les tonneaux de rhum. C'est une révélation. Il continue depuis son exploration de la création contemporaine caribéenne dans de nombreuses expositions internationales individuelles et collectives aux Antilles, à Puerto-Rico, Republica Dominicana, France, Portugal, Danemark, Sénégal, et Royaume-Uni. L'international Slavery Museum de Liverpool (UK) vient de l'intégrer à sa collection permanente, rejoignant le Memorial ACTe et d'autres institutions.

SON PROJET: «ÉQUATION DÉCOLONIALE»

Notre espace-temps globalisé, inextricable, est un puzzle sans solution dont les pièces ne s'emboîtent pas. Pour espérer échapper aux catastrophes, à la guerre, voire à l'anéantissement, il nous faut recombiner ces archétypes universels et façonner les utopies décoloniales à même d'élaborer de nouvelles formes de sociétés. Réécrire cette équation originelle, à partir de chaque existence, pour passer de l'universel au multiversel.

"Equation décoloniale" est une installation assemblant un couple de vidéos participatives intitulé "Pré-requis à la discussion décoloniale" et une sculpture monumentale en lames de fer tréssées, "You & Me", figurant deux corps siamois luttant pour s'extirper l'un de l'autre.

Ce corps à corps tendu vers une séparation illusoire et mortifère, à l'humanité soulignée par cet impressionant tressage métallique, transporte l'absurdité d'une vision du monde discriminante et séparatiste. La proximité de "Pré-requis à la discussion décoloniale", affirmant des vérités qui paraissent irréconciliables et doivent pourtant se reconnaître, mettra le visiteur devant ce paradoxe mondialisé, impossible et inévitable, le laissant à même de choisir sa place dans cet espace décolonial.

2) Nankin Joël :

Il n'est plus a présenté. Joël Nankin artiste militant et activiste. Amoureux des percussions, il fonde en 1979, le groupe AKIYO, groupe musical et mouvement indépendantiste. Ensuite, engagé pour l’indépendance de la Guadeloupe, il sera jugé pour avoir commis des attentats et pour atteinte à l’intégrité du territoire français puis emprisonné de 1983 à 1989. Derrière les barreaux, il découvre la peinture et s’imprègne des univers picturaux haïtiens, de Kandinsky ou de Mark Rothko. Nankin débute avec le dessin à la mine de plomb et passe très vite à la couleur. Il utilise les techniques mixtes, encre, acrylique, bombe.

Ses oeuvres sont des poèmes dédiés aux hommes qui souffrent, elles dénoncent la domination et l’injustice. Violentes dans l’application des couleurs, abruptes et intrigantes, elles semblent être le reflet de son engagement politique

SON PROJET: «EXISTENCE»

«Existence» est un mot qui réside en permanence dans l’ensemble de l’œuvre de Joël Nankin, et plus particulièrement encore dans deux tableaux récents évoquant le navire et les histoires qui s’y rattachent. Egzistans, ici en créole, était d’ailleurs le titre d’une exposition qui s’est tenue à l’Atelier Galerie de Nankin en Guadeloupe en 2015. L’histoire de l’humanité et celle de la Caraïbe sont remplies de récits de navires et de déplacements volontaires ou pas. Pour cet artiste peintre et activiste militant ayant passé six ans dans les geôles de la république comme prisonnier politique, la destinée des hommes et des femmes est étroitement liée au déplacement, et le navire en est le premier instrument. Qu’il s’agisse des horreurs de la traite négrière ou de l’actualité des migrants cherchant asile loin de chez eux, le navire traverse toute l’histoire de la peinture. Les deux toiles proposées par Nankin relatent ce récit de navires chargés d’hommes partis pour certains vers la découverte, les tons chauds évoquant le soleil, l’or et un impressionnisme de circonstance, quand d’autres subissent les fers de l’esclavage ou les risques souvent mortels d’un exil forcé signifié par des tonalités d’acier froid. En observant attentivement ces deux toiles, il est évident que la peinture de Nankin est une peinture résiliente et une force de proposition qui interpelle sur cette situation plus que tragique à travers les siècles. La peinture de Nankin donne la parole aux défavorisés, elle se dirige toujours vers les hommes qu’il a envie de voir libres et enrichis de toutes ces expériences de l’existence par-delà les océans souvent amers.

3) Jean-Marc Hunt :

Lui aussi, il n'est plus à présenté. Né en 1975 en France, Jean-Marc Hunt grandit en banlieue parisienne où il fait ses marques dans le milieu du graffiti et dans la musique rap. Installé en Guadeloupe depuis quinze ans, il y inscrit une oeuvre à la facture néo-expressionniste urbaine. Son travail décrit une créolisation du monde à travers la mutation et l’expression du corps mêlé. Invité régulièrement à des expositions collectives en Europe, en Caraïbes et aux Etats-Unis, il réalise également plusieurs résidences où il aborde la création monumentale. Depuis 2005, il initie des projets fédérateurs en tant que commissaire d’exposition. En janvier 2015, il est promu au grade de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le ministère de la culture et de la communication de la République Française

SON PROJET: «L’ÉTRANGER»

Ce projet de création est un travail issu de matériaux de récupération. Il s’agit d’une structure noire et rouge en forme de point d’interrogation, retrouvée dans une école maternelle abandonnée. L’installation est supportée par une échelle en bois, appelée en Guadeloupe «échelle de secours» (fabrication rudimentaire à partir d’un panneau de construction). Cette partie de la structure évoque l’absurde «Camusien», où la douce indifférence du monde questionne la simplicité du travail et lui confère une autonomie qui nous échappe. Son existence questionne le droit et l’acceptation du non sens de l’étrangeté

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