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Cancer du sein encore largement répandu en Outremer.


Depuis le 1er Octobre, la campagne annuelle de communication destinée à sensibiliser au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche bat son plein. Un mois pour informer, sensibiliser et rassembler la population autour d'une grande cause nationale voire internationale qu'est le Cancer du Sein. En Outremer et particulièrement aux Antilles, les femmes sont particulièrement touchées par ce cancer. Un fléau sanitaire sans doute lié à l'utilisation des pesticides.

Depuis 1989, d'Octobre est devenu le mois de la sensibilisation du cancer du sein. En France, la campagne a débuté en 1994 à l'initiative de l'association Le Cancer du sein, parlons-en ! Depuis, chaque année, c'est l'occasion d'informer les françaises sur cette maladie qui les touche particulièrement. En octobre 2019, pour la 26ème année consécutive en France, la campagne de lutte contre le cancer du sein, soit durant un mois, des initiatives comme des courses à pied, des ventes aux enchères, des collectes de soutiens-gorge ainsi que des journées d'information sont organisées.

Pour l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en ! qui œuvre toute l’année pour soutenir la recherche médicale et scientifique et pour informer le plus grand nombre, Octobre Rose est une occasion de mettre aussi en lumière celles et ceux qui combattent cette maladie et de réunir encore plus de fonds pour aider les chercheurs, les soignants.

La France fait partie des pays où l'incidence du cancer du sein est très élevée sur un plan mondial. C'est le plus répandu des cancers féminins. En effet, au pays du bon vin, 1 femme sur 8 développe un cancer du sein au cours de sa vie. S’il est détecté à un stade précoce, il peut être guéri dans 9 cas sur 10. Il représente un tiers de l'ensemble des nouveaux cas de cancer chez la femme et la première cause de décès par cancer chez la femme. La mortalité est en baisse depuis les années 1990 alors que l’incidence est en augmentation. En effet en 2015, 54 062 personnes dont une grande majorité de femmes ont été diagnostiquées avec le cancer du sein. Près de 80% des cancers du sein se développent après 50 ans. Des chiffres nuancés car, en augmentation, puisque selon la Fondation de la Recherche Médicale, en 2017, près de 60 000 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France. Si cette maladie est encore responsable de 12 000 décès cette même année, le taux de mortalité qui y est associé a diminué en 15 ans. Cette amélioration s’explique par un meilleur dépistage mais également par le développement de thérapies toujours plus efficaces. Actuellement, plus de 87 % des patientes sont en vie 5 ans après le diagnostic.

Pour prévenir le risque, au niveau national ( Hexagone et Outremer compris), un programme de dépistage organisé cible les femmes âgées de 50 à 74 ans à risque moyen, c’est-à-dire sans symptôme apparent ni facteur de risque particulier.Elles sont invitées tous les deux ans à réaliser une mammographie et un examen clinique des seins auprès d’un radiologue agréé. Ce dépistage organisé a vu le jour dans les années 90.

Un cancer très répandu en Outremer :

En Outremer où il est tout aussi répandu; bien que les chiffres diffèrent de ceux de l'Hexagone, parler du cancer relève du tabou, plus encore du cancer du sein. Bien souvent, les personnes qui ont été diagnostiquées cachent leur état de santé à leurs proches. Avec Octobre Rose, les spécialistes de la médecine, les associations visent à libérer la parole sur la maladie. Comme dans l'Hexagone, à travers l'Outre-mer, des manifestations, des journées de mobilisations ont lieu tout au long du mois d'Octobre.

En Guadeloupe, chaque année, 1.528 nouveaux cas de cancer en tout genre sont diagnostiqués chaque année, dont 62% chez l’homme. Chez la femme, le cancer le plus fréquent est le cancer du sein (37 %). Environ 194 cas de cancer du sein sont détectés chaque année. Selon l'ORSAG( Observatoire Régional de la Santé de Guadeloupe), Sur la période 2009-2013, avec en moyenne 216 nouveaux cas par an, le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les Guadeloupéennes : 38 % des nouveaux cas féminins de cancers.

De 2012 à 2014, 274 nouvelles admissions en ALD( affections de longue durée) pour cancer du sein ont concerné des Guadeloupéennes, en moyenne, chaque année. Le taux standardisé de nouvelles admissions en ALD pour ce motif est significativement inférieur à celui de la France hexagonale. De 2012 à 2014, 274 nouvelles admissions en ALD pour cancer du sein ont concerné des Guadeloupéennes, en moyenne, chaque année. Le taux standardisé de nouvelles admissions en ALD pour ce motif est significativement inférieur à celui de la France hexagonale. Sur la période 2013-2015, 42 % des Guadeloupéennes hospitalisées pour cancer le sont pour le cancer du sein. Le taux standardisé de patientes hospitalisées est de 1 087 pour 100 000 femmes vivant en Guadeloupe. 52 femmes guadeloupéennes sont décédées par cancer du sein, en moyenne, par an, sur la période 2010-2014. 42 % des nouvelles admissions en ALD pour tumeur maligne. En matière d'hospitalisation, de 2013 à 2015, 2 508 habitantes de Guadeloupe ont été hospitalisées, en moyenne, chaque année pour cancer du sein. Ainsi, plus de quatre Guadeloupéennes sur dix (42 %) hospitalisées pour tumeur maligne le sont pour cette localisation. En France hexagonale, la proportion s’établit à 45 % des patientes hospitalisées. Selon l'organisme de la santé, les guadeloupéennes seraient moins touchées par le cancer du sein que leurs compatriotes hexagonales. Ainsi, sur la période 2013-2015, le taux standardisé de personnes hospitalisées pour cancer du sein est de 1 087 pour 100 000 femmes résidant en Guadeloupe, taux significativement inférieur à celui de la France hexagonale (3 465 pour 100 000 habitantes).

A la Martinique, chaque année, 1.583 nouveaux cas de cancer en tout genre sont détectés, dont 61% chez l’homme. Evidemment chez la femme, le cancer le plus fréquent est le cancer du sein qui représente 33 % des cas. Par ailleurs, "les taux d’incidence standardisés monde de 301,6 pour 100.000 personnes-années chez les hommes et 168,4 chez les femmes, placent la Martinique parmi les régions de France ayant les plus faibles taux d’incidence de cancer avec la Guadeloupe et la Guyane. La distribution des cancers diffère sensiblement de celle de l’Hexagone avec de fortes disparités pour certaines localisations cancéreuses."

A la Réunion, 300 nouveaux cas de cancer du sein sont diagnostiqués chaque année. Une pathologie qui est la première cause de décès par cancer sur l’île. D’où l’importance du dépistage. Selon masanté.re, Entre 2012 à 2014, la part de la chirurgie ambulatoire sur l’ensemble des séjours en chirurgie pour les cancer du sein s’élève à 24 %. Ce chiffre va en faveur des objectifs du plan cancer 2014-2019 qui veut que 50 % de la chirurgie du cancer du sein soit faite en ambulatoire d’ici 2024.Entre 2012 et 2014, le cancer du sein est le deuxième type de cancer le plus pris en charge dans les établissements de La Réunion après les cancers digestifs.12 156 hospitalisation et séances de chimiothérapie ont été réalisées à La Réunion dans le cadre du cancer du sein entre 2012 et 2014.Pour les femmes réunionnaises, le décès par cancer du sein est la cause de décès par cancer la plus fréquente (14,8 % des décès par cancers féminins). On constate en effet une augmentation de 6 à 7% par an, alors qu’en métropole, les chiffres ont tendance à décroître depuis dix ans. Le dépistage systématique est proposé aux femmes de 50 à 74 ans car les études épidémiologiques attestent que c’est dans cette tranche d'âge que l'on diagnostique la grande majorité des cancers du sein. Selon les chiffres de l’Observatoire régional de la santé, environ 52% des femmes dans la cible d’âge se font dépister.

En Guyane, on détecte "456 nouveaux cas de cancer par an (toutes localisations cancéreuses confondues) dont 54% chez l’homme. Le cancer occupe la deuxième place parmi les affections de longue durée les plus fréquentes, derrière le diabète. Les cancers représentent 17% du nombre total des décès enregistrés chez les résidents en Guyane. De 2007 à 2014, le cancer a constitué la deuxième cause de mortalité dans cette région. Le cancer du sein représente 26% des cancers détectés chez les guyanaises. Chez les femmes, le décès par cancer occupent la deuxième place derrière les "maladies de l’appareil circulatoire" (20,6 %).

Quels sont les symptômes ?

À tout âge, en plus d’observer et de palper régulièrement ses seins, il est recommandé de les faire examiner tous les ans par un médecin. L'observation de l'un de ses symptômes doit également vous conduire chez un médecin :

  • Apparition d’une boule dans le sein ou sous un bras (aisselle).

  • Modification de la peau : rétraction, rougeur, œdème ou aspect de peau d’orange.

  • Une modification du mamelon ou de l’aréole (zone qui entoure le mamelon).

  • Rétraction, changement de coloration, suintement ou écoulement.

  • Changements de forme de vos seins.

Quels sont les traitements des cancers du sein?

Depuis 2004, un programme national de dépistage organisé a été mis en œuvre à l’échelle nationale pour le cancer du sein. Toutes les femmes de 50 à 74 ans ne présentant ni symptômes, ni facteur de risque particulier, sont invitées à réaliser, tous les deux ans, une mammographie de dépistage organisé dans des centres agréés.

La prise en charge des patients dépend des caractéristiques de la tumeur et de son extension : suivant la démarche thérapeutique adoptée, cinq types de traitements peuvent-être utilisés, seuls ou en combinaison.

  • La chirurgie : c’est une étape incontournable, qui permet d’enlever la masse tumorale. Durant l’opération, le chirurgien peut prélever les ganglions lymphatiques les plus proches de la tumeur, les ganglions sentinelles. Ils sont maintenant analysés directement afin de savoir si les cellules cancéreuses se sont disséminées. En fonction du résultat, le chirurgien adapte son geste.

  • La radiothérapie : elle est souvent réalisée en complément de la chirurgie au niveau de la région de la tumeur, souvent en association avec la chimiothérapie. On peut aussi la prescrire avant l’opération pour réduire le volume de la tumeur et faciliter son ablation.

  • La chimiothérapie : donnée dans de rares cas en pré-opératoire, elle peut faire diminuer la taille de la tumeur (traitement néo-adjuvant). On fait aussi appel à la chimiothérapie post-opératoire pour prévenir le développement de métastases ou les éliminer en cas d’extension de la maladie.

  • L’hormonothérapie : elle est utilisée chez des patientes dont les cellules tumorales expriment des récepteurs hormonaux.

  • Les thérapies ciblées : ces traitements s’attaquent de manière spécifique aux tumeurs. Ainsi, on peut citer les thérapies ciblées sur HER2 ou celles qui empêchent le développement de nouveaux vaisseaux autour de la tumeur, réduisant ainsi sa croissance.

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