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Istwa a Mas saison 2 : la série de reportage sur l'histoire des gwoup a po.

Mis à jour : avr. 22


L'année dernière, The Link Fwi a démarré une nouvelle série de reportages axée sur l'histoire des gwoup a po de la Guadeloupe. Piliers de cette culture carnavalesque, ils sont la touche d'originalité du carnaval de Guadeloupe, faisant de ce dernier, un carnaval unique parmi les nombreux qui ont lieu dans le monde. Face au succès de cette 1ère saison, nous sommes revenus avec une deuxième saison.

Istwa a Mas a fait son grand retour pour un seconde saison haute en couleurs. L'objectif de la démarche est de dresser un portrait de chaque gwoup a po. A travers ces reportages, c'est l'histoire du style " Mas a po" qui est abordée. Piliers de cette culture carnavalesque, ils sont la touche d'originalité du carnaval de Guadeloupe, faisant de ce dernier, un carnaval unique parmi les nombreux qui ont lieu dans le monde.

Ainsi, dans la continuité du travail mené l'an passé, The Link Fwi est allé à la rencontre de trois groupes de carnaval ancrés pour certains depuis plusieurs décennies dans la tradition mas a po.

1) Ti Kanno

Son nom ne vous dit sans doute pas grand chose, pourtant ce mouvement culturel comme ses fondateurs aiment à la rappeler est présent depuis une trentaine d'années dans le paysage carnavalesque de la Guadeloupe. En effet, créé en 1990 par des jeunes originaires de la section de Leroux au Gosier, Ti Kanno, dont le nom rend hommage aux marin-pêcheurs de la ville du Gosier. Alors que la grande majorité des groupes de ce style unique se sont concentrés à Chauvel aux Abymes ou dans la région pointoise, eux, ont décidé de rester dans leur section et d'imposer leur touche au carnaval de la Guadeloupe.

Le premier rendez-vous a été fixé un vendredi soir, au local où les membres s'étaient rassemblés pour répéter. Reçus par Christian LUNION, président et membre fondateur du mouvement, nous sommes revenus sur l'histoire de ce groupe qui a la particularité d'être parmi les cinq plus anciens Mas a Po de la Guadeloupe, le tout sans lien direct avec le mastodonte AKIYO qui est à l'origine de la création de plusieurs autres groupes.

Le lendemain, soit le samedi, nous étions conviés à la répétition du groupe. Au cours de ce 2e rendez-vous, nous avons pu constater qu'au sein de Ti Kanno, il y avait un réel travail de transmission entre les différentes générations qui font vivre le mouvement. Les jeunes membres dont, les parents sont membres de Ti Kanno sont encouragés par leurs aînés à apprendre à jouer le son de Ti Kanno, ce dès le plus jeune âge. La soirée fut clôturée par un défilé autour du quartier.

En Guadeloupe, à la différence des autres pays où le Carnaval est une période festive assez longue. Il peut y avoir des saisons carnavalesques d'un mois, d'un mois et demi voire deux mois et demi, tout dépend du calendrier. Contrairement des autres carnavals du Monde, qui ont lieu au cours de la période dite des " Jours Gras", en Guadeloupe et dans ses dépendances, chaque week-end, des défilés sont organisés à travers tout le territoire, dans les différentes communes et villes de l'archipel. Nous avons terminé les tournages du premier épisode de cette saison 2 d'ISTWA A MAS par des images de déboulé ( défilé en français) du groupe. Pour cette dernière rencontre nous avions rendez-vous devant le Lycée Jardin d'Essai, lycée situé en périphérie de la région pointoise. Dans une ambiance festive et donc chaleureuse, nous avons suivi Ti Kanno lors de sa première sortie carnavalesque de la saison 2020.

Reportage à voir ci-dessous :

2) V I M : Le Mas sans complexe.

VIM, groupe sortit de Lauricisque n'est plus à présenter. Présent depuis près de quinze dans le paysage carnavalesque de la Guadeloupe. Chaque année, V I M, pour Very Important Mas, Vayan Inisyé Mas, Volontairement Impliqué Mas, Voryen Initil é Makomè fait couler beaucoup d'encres du fait de ses tenues extravaguentes que les plus prudes trouvent choquantes. Malgré cette sulfureuse réputation, V I M a su se frayer un chemin dans la jeune histoire du Mas a Po et plus largement du carnaval de la Guadeloupe.

En effet, depuis 2004, VIM apporte une touche particulière au Carnaval avec ses couleurs, ses chants et ses thèmes subjectifs qui relèvent malgré tout de l'oeuvre d'art.

La première journée de tournage a été réalisée dans des conditions particulières. Rudy Benjamin, directeur artistique et membre fondateur du groupe, nous avait donné rendez-vous à minuit lors du Mas lannuit du groupe Mas Ka Klé. Minuit heure tardive mais raisonnable pour son déboulé en latex bandex tenue qui a créé la polémique durant la période carnavalesque, entraînant des réactions mitigées dans l'opinion publique guadeloupéenne, peu habituée à voir des défilés aussi dénudés. Cependant, malgré les polémiques VIM s'est hissé parmi les groupes les plus populaires du Carnaval pointois.

Face au succès de ce défilé nocturne tant décrié, nous avons rencontré certains membres du conseil d'administration parmi lesquels Rudy Benjamin, qui, lui aussi n'est plus à présenter tant sa carrière musicale, artistique est longue. Il faut dire que cet acteur culturel est présent dans le milieu du Carnaval depuis plus de quarante ans. L'homme a été au coeur de l'émergence des Mas a Po, il a participé à la création de AKIYO ainsi que du Point d'Interrogation. Au cours de cette séquence interview, il est revenu sur l'histoire des Mas a Po en retraçant la genèse de cette culture née d'un syncrétisme entre les cultures occidentales, africaines et amérindiennes mais surtout d'une volonté de revendication identitaire, culturelle et politique.

Pour la deuxième journée de tournage, nous nous sommes rendus un jeudi soir au Mardi au poisson de Lauricisque. Rassemblés autour de Rudy Benjamin et du jeune percussionniste Melahel Pajaniandy, les musiciens de VIM que l'on pourrait comparer à la colonne vertébrale du groupe, car, un groupe de carnaval sans musiciens n'est pas un groupe, ils ont joué et répété pendant plusieurs heures la musique qui permet à leur groupe de se démarquer des autres Mas a Po de la Guadeloupe. Ce son particulier mêlant les sonorités du Mas a Senjan, le gwoka, la biguine le plena ( musique de Porto Rico) et qui chaque dimanche transporte public et carnavaliers dans une ronde musicale endiablée.

Nous avons clôturé notre reportage par des images du déboulé de V I M. Ce jour-là, le groupe a voulu faire taire les polémiques qui l'entourait et montrer que malgré tout, il comptait dans le paysage carnavalesque. Habillé aux couleurs du groupe, à savoir, l'orange, le bleu et le rouge, les membres ont déambulé dans les rues de Pointe-à-Pitre avant de se diriger vers les Abymes où la parade battait son plein. Au cours de ce reportage, nous avons pu constater qu'au delà de l'aspect provocateur, V I M a une vision artistique du carnaval. Ses couleurs, ses costumes travaillés sont le fruits d'une longue réflexion sur la culture, la tradition et l'héritage africain.

Reportage à découvrir ci-dessous :

3) KLE LA : Mystique, initiatique, philosophique :

Le carnaval de la Guadeloupe n'est pas qu'un simplement carnaval comme on peut le voir dans les autres festivités qui ont lieu à la même période aux quatre coins du monde. Le carnaval guadeloupe a cette part de mysticisme qu'entretiennent les Mas a Po, de part les costumes, les chants et les thèmes abordés durant les défilés. KLE LA fait partie de ces groupes alliant le côté mystique du carnaval en puisant dans la ( pas si lointaine ) Afrique et l'esprit philosophique de la tradition carnavalesque de la Guadeloupe.

Depuis 25 ans, apporte sa touche au Carnaval de la Guadeloupe. Le groupe KLE LA est surtout connu pour sa musique particulière qui le démarque des autres groupes. En effet, surnommé " Machine a Break la", la musique de KLE LA fait vibrer les guadeloupéens avec ses breaks de Basses et de contre-basses.Pendant plusieurs jours, nous avons rencontré les membres de ce groupe désormais mythique.

La première journée de tournage a débuté avec la rencontre des membres du conseil d'administre en premier lieu desquels, Alain Razin président de l'Association culturelle qui a reçu au local de l'association situé à Chauvel, quartier connu pour être le fief des gwoup a po dans la région pointoise. par un conseil d'administration réunit pour parler de l'année de célébration des 25 ans du groupe, c'est dans la pièce centrale du locale que nous avons mené l'interview des principaux acteurs de l'association. Face à nos caméras, le président ainsi que le trésorier Tracy Annerose sont revenus sur l'histoire de KLE LA, et ont évoqué les raisons qui ont poussé plusieurs passionnés de Carnaval à créer ce groupe, désormais mythique.

Au cours de la deuxième journée de tournage , les membres de l'association étaient réunis au local pour une séance de confection du linj a mas du dimanche. C'est autour de Line Romain, secrétaire de l'Association et membre de KLE LA depuis sa création, que les carnavaliers confectionnaient leurs tenues pour le déboulé.

Face à nos caméras cette passionnée du carnaval, cette membre active du groupe est revenue sur l'histoire du groupe et le message derrière les costumes de KLE LA.

C'est dans une ambiance chaleureuse et conviviale que nous avons été conviés par les membres de l'Association lors de leur déjeuner hebdomadaire du dimanche, où, ils chantaient dansaient le temps d'un pôt avant le déboulé dans les rues pointoises.

Grimés en guerriers ( ou guerrières ) zoulous, les membres du groupes ont voulu ce jou-là rendre hommage au grand peuple zoulou situé dans les régions australes du continent africain. A travers cette tenue, le groupe voulait surtout mettre en lumière la grandeur de cet empire jadis très puissant, mais aujourd'hui disparu du fait de la colonisation européenne.

Pour voir le reportage complet, cliquez sur le lien ci-dssous :

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