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Ariel Henry, premier ministre d'Haïti victime d'une tentative d'assassinat

Alors qu'Haïti célébrait le 216e anniversaire de la proclamation de son indepéndance le 1er janvier 1804, Ariel Henry actuel premier ministre de la République haïtienne a échappé, selon ses dires, à une tentative d'assassinat. Une information attestée par le Nouvelliste quotidien du pays qui parle de tirs à l'arme automatique entre des groupes armés et les forces de police.






Le 1er janvier est un jour de fête en Haïti, car, c'est tout simplement le jour de la fête nationale. En effet, il y a 218 ans, Saint-Domingue alors surnommée la perle des Antilles, en guerre contre les troupes napoléoniennes, venues rétablir l'ordre et l'esclavage dans l'île, proclama son indépendance. Une proclamation qui marqua à tout jamais l'histoire du continent et plus largement de l'Humanité. Ce fût la première fois que des esclaves se libéraient de leurs oppresseurs pour créer une nation.



L'heure était donc à la fête malgré l'insécurité et la violence qui ébranlent la nation caribéenne. Niveau sécurité, selon le Nouvelliste, quotidien le plus ancien du pays, les conditions étaient donc apparemment réunies : c'est sans doute ce qui a motivé le premier ministre Ariel Henry a venir, malgré les menaces et les risques qu'il encourait.

Le reste c'est le quotidien haïtien qui le raconte :



Alors que le doute persistait sur sa venue, le Premier ministre Ariel Henry a participé à la messe aux Gonaïves, un geste qu'aucune autorité politique n'avait pu poser durant les quatres dernières années. De très tôt ce samedi matin, des barrages ont été posés aux voies d'accès de la place d'armes et de la cathédrale bien surveillées par des policiers en position de combat. Tapis rouge déployé, le stand où Ariel Henry devait prononcer son discours a été décoré du bicolore national. ( drapeau national Haïtien).


Il était 9h a.m. quand le cortège du Premier ministre est arrivé à la cathédrale des Gonaïves sous une forte protection policière alors que des détonations résonnaient dans les environs. Accompagné du ministre de la Défense Enold Joseph, de celui de l'Intérieur Littz Quitel et d'autres membres de son gouvernement, le Premier ministre a été reçu par le numéro un des agents intérimaires de la ville, Donald Diogène, dans une cathédrale quasiment vide.


Lors de la célébration, monseigneur Yves Marie Péant, après avoir formulé ses vœux de paix, d'amour et de prospérité à l'endroit du peuple haïtien, a encouragé un dialogue franc, inclusif et permanent afin de sortir le pays dans le labyrinthe où il se trouve actuellement.


« L'année 2021 a été difficile, j'espère que ce nouvel an va nous apporter bien meilleur. Nous devons travailler afin qu'elle soit une année d'amélioration de la qualité de vie, de consolation et de bénédictions de toutes sortes. Un dialogue entre les générations est nécessaire et devrait servir de base pour la réalisation des projets communs...» soutient le prélat. Il a aussi fait appel à une conscience patriotique tout en demandant aux groupes armés de déposer les armes car on ne dialogue pas les armes à la main. L’homme d’Église a aussi encouragé la mise à l'écart des intérêts mesquins au profit de la collectivité.



Alors que le premier ministre suivait la manifestation, des affrontements ont eu lieu entre des groupes armés et les forces de police de la PNH ( Police National Haïtienne). Bilan, un mort et deux blessés.



Pendant que le chef du gouvernement suivait attentivement le déroulement de la cérémonie, les affrontements entre les civils armés de Raboteau et les différentes unités de la PNH se déroulaient. Dans les parages de l'église, Yves Diogène, touché par deux projectiles, l'un dans sa cage thoracique et l'autre au niveau du postérieur gauche, a rendu l'âme après avoir été transporté à l'hôpital La Providence. Deux autres blessés reçoivent les soins que nécessitent leurs cas.



Sous des rafales de tirs d’armes à feu, Ariel Henry et les officiels présents ont été contraints de fuir précipitamment la ville où la déclaration d’indépendance d’Haïti a été signée, le 1er janvier 1804.




« Je savais que je courais ce risque », a confirmé Ariel Henry. « On ne peut pas accepter que des bandits de quelque milieu qu’ils soient, pour des raisons bassement pécuniaires, veuillent faire du chantage à l’État », a-t-il ajouté, dénonçant un « chantage électoral ».



Une tentative d'assassinat, six mois après l'assassinat du président Jovenel Moïse :



Cette tentative d'assassinat sur un officiel de l'état intervient six mois après le meurtre du président Jovenel Moïse en juillet dernier. Un assassinat dont les auteurs courent toujours et les motivations sont encores inconnues. Cependant, selon le New York Times, le défunt président déterminé à remettre l'odre dans son pays " avant d’être assassiné en juillet, il avait commencé à dresser une liste de puissants politiciens et d’entrepreneurs impliqués dans le trafic de drogue en Haïti, avec l’intention de la remettre au gouvernement américain, d’après quatre hauts fonctionnaires et conseillers haïtiens chargés de rédiger le document. Le président, d’après ces fonctionnaires, leur avait ordonné de n’épargner personne, pas même les faiseurs de rois qui l’avaient propulsé au pouvoir — une mesure parmi d’autres, prises à l’encontre de trafiquants de drogue présumés, qui auraient pu motiver son assassinat. Lorsque des hommes armés font irruption dans la résidence de M. Moïse et l’exécutent dans sa chambre à coucher, sa femme Martine Moïse est également touchée et gît dans son sang sur le sol, se faisant passer pour morte. Elle racontera comment les assaillants se sont mis à fouiller précipitamment la pièce et dans ses dossiers.

“C’est ça”, disent-ils au bout d’un moment avant de prendre la fuite, rapportera-t-elle au New York Times lors de sa première interview après l’assassinat, ajoutant qu’elle ne savait pas ce que les tireurs avaient dérobé.


Toujours selon le journal américain, " En découvrant la scène du crime, les enquêteurs trouvent le bureau de M. Moïse sens-dessus-dessous et des documents éparpillés partout. Lors de leurs interrogatoires, certains des tueurs à gages arrêtés par la suite ont avoué que leur priorité absolue était de récupérer la liste sur laquelle travaillait M. Moïse, selon trois hauts fonctionnaires haïtiens au courant de l’enquête, une liste de noms de trafiquants de drogue présumés."


Le quotidien américain dans son dossier spécial souligne que " Lors de leurs interrogatoires, certains des tueurs à gages colombiens arrêtés par la suite ont avoué que leur priorité absolue était de récupérer la liste sur laquelle travaillait M. Moïse, selon trois hauts fonctionnaires haïtiens au courant de l’enquête — une liste de noms de trafiquants de drogue présumés.

Le document est à situer dans le cadre d’une série d’accrochages entre M. Moïse et de puissantes figures politiques et du monde des affaires, certaines d’entre elles soupçonnées de trafic d’armes et de stupéfiants. Il connaissait certaines de ces personnes depuis des années, et elles se sentaient trahies


Le New York Times va encore plus loin en affirmant que " Dans les mois qui ont précédé sa mort, M. Moïse avait pris des mesures pour faire le ménage dans les services douaniers de Haïti, nationaliser un port maritime connu pour des activités de contrebande, détruire une piste d’atterrissage utilisée par les trafiquants de drogue et enquêter sur le lucratif commerce de l’anguille une industrie récemment identifiée comme étant un canal de blanchiment de fonds."



Un suspect clé au coeur d'une lutte diplomatique entre Haïti, la Jamaïque et la Colombie :


Quelques jours après l'assassinat du chef de l'Etat, dix-huit colombiens et trois haïtiens de nationalités américaines ont été arrêtés mais ce sont bien 44 personnes qui ont un lien direct ou indirect avec le meurtre. Parmi eux, un suspect clé présent ce soir là et qui depuis est au coeur d'une lutte diplomatique entre Haïti, la Jamaïque et la Colombie. Son nom, Mario Palacios Palacios, un ancien officier militaire colombien, arrêté le 22 octobre dernier. Selon Haïti libre, le mercenaire colombien est entré en Haïti le 4 juin 2021, selon l'enquête policière et faisait partie de l'équipe Delta de quatre membres qui aurait pénétré dans la chambre du président. Selon le quotidien en ligne haïtien, " le mandat d'arrêt contre Palacios a été émis presque immédiatement après que la police eut confirmé qu'ils avaient également tué deux mercenaires colombiens. La police haïtienne, dans son rapport d'enquête, a supposé qu'être « le seul Colombien noir de l'équipe » a permis à Palacios de se fondre facilement dans la population, lui permettant de s'échapper. "




Cependant, à l'annonce de l'arrestation d'un de ses ressortissants, la Colombie a déjà entamé des démarches pour empêcher son transfert vers Haïti qui a vu deux de ses demandes d'extraditions refusées par Kingston qui s'est exprimée, par la voix de la Députée Marlene Malahoo Forte, Procureure générale de la Jamaïque, précisant « Les informations fournies ne l'ont pas lié à l'assassinat et ont essentiellement indiqué qu'il était un suspect […] sans aucun détail » ajoutant « Nos tentatives pour obtenir plus de détails et de meilleures informations du Gouvernement haïtien ont été infructueuses et sont insuffisantes pour établir l’implication du mercenaire dans l’assassinat du Président Jovenel Moïse »





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