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Avec Camarade Jean, Franck Salin dresse le portrait d'une Guadeloupe révolutionnaire.

Dernière mise à jour : 10 nov. 2020

“Camarade Jean”, le tout nouveau film du réalisateur, journaliste et écrivain guadeloupéen, Franck Salin, a été diffusé sur l'ensemble du réseau La 1ère. Ce film documentaire retrace la lutte pour l’indépendance de la Guadeloupe entre les années 1960 et 80 à travers la vie de Louis Théodore (81 ans), un combattant surnommé “Camarade Jean” qui a croisé la route de plusieurs grands révolutionnaires parmi lesquels Mao Zédong et Che Guevara. De passage en Guadeloupe pour le Cinéstar International Film Festival, le réalisateur nous a livré ses impressions face au succès de son long-métrage de 66mn en créole et français.



Franck Salin
photo par MIB Photo

Présent depuis une dizaine d'années dans le monde audiovisuel guadeloupéen et plus largement des Outremers, Franck Salin a plusieurs cordes à son arc. Loin de n'être qu'un réalisateur, il a débuté sa carrière dans le journalisme en tant que pigiste à RFI (Radio Internationale Française), pour ensuite collaborer avec RFO (Radio France Outre-Mer), ARTE, TV5 Monde et a été le rédacteur en chef du quotidien panafricain en ligne Afrik. com et du mensuel A+mag. En parallèle, il est aussi devenu romancier, avec trois romans à son actif : " Pointe-à-Pitre- Paris " paru en 2000 et " L'homme pas Dieu" publié en 2012 et " Le grand frisson". Il est aussi l’auteur de la première pièce de théâtre en créole présentée à la Comédie Française intitulée Bòdlanmou pa lwen (2005). En qualité de réalisateur, Franck Salin a réalisé deux documentaires : " L’appel du tambour" en 2009 qui a remporté la même année le prix du documentaire FEMI et Sur un air de révolte en 2013 qui revient sur le chant La Gwadloup sé tan nou, La Gwadloup sé pa ta yo qui a animé le mouvement de grève opéré en Guadeloupe du 20 Janvier au 4 mars 2009. " Citoyens Bois d'ébène sur la mémoire de l’esclavage, " La douleur en héritage" et " Des faucilles dans les veines" sur la drépanocytose, cette terrible maladie du sang qui affecte des millions de personnes dans le

monde et, plus particulièrement en Afrique et dans la Caraïbe.


De passage dans l'archipel pour la promotion de " Camarade Jean ", son nouveau film documentaire qui revient sur la lutte pour l’indépendance de la Guadeloupe entre les années 1960 et 80 à travers la vie de Louis Théodore (81 ans), un combattant surnommé “Camarade Jean” qui a croisé la route de plusieurs grands révolutionnaires parmi lesquels Mao Zédong et Che Guevara, Au cours de cette interview, le réalisateur revient sur son parcours et nous livre ses impressions après les premières projections du long-métrage de 66mn en créole et français qui ont eu lieu en Guadeloupe, Martinique et Guyane.


The Link Fwi : Bonjour Franck Salin, soyez le bienvenu sur The Link Fwi. Premièrement qui êtes-vous ? Pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs (trices) ?


Franck Salin : Bonsoir à tous et à toutes, je me présente Franck Salin, je suis auteur et réalisateur de films documentaires, j'écris des romans et des pièces de théâtre, que je mets en scène moi-même.


TLFWI : Quel est votre parcours cinématographique ? Comment êtes-vous entré dans le monde du cinéma et du film documentaire ?


F.S : J'ai fait des études d'histoire et de journalisme et pendant mes études de journalisme, je me suis spécialisé dans l'audiovisuel. J'ai été stagiaire dans des maisons de production et c'est de là que j'ai appris à écrire des dossiers de films documentaires, mais je n'ai pas pas débuté de suite. J'ai commencé ma carrière dans le journalisme au sein de plusieurs médias, radio, télé et sur le web. Par la suite, avec des amis, nous avons monté une société de production qui se nomme " Palaviré " et j'ai pu réaliser mon tout premier documentaire, " L'appel du tambour " sorti en 2009. Petit à petit, je me suis mis plus sérieusement dans la réalisation de films documentaires; En 2012, j'ai laissé de côté le journalisme afin de me consacrer à la réalisation, à l'écriture et à la mise en scène, donc une vie plus tournée vers l'artistique.


The Link Fwi : Quels sont les réalisateurs qui vous ont donné l’envie de faire des films-documentaires ?


Franck Salin : Beaucoup de réalisateurs m'ont inspiré. Je vois beaucoup de films, mais j'ai une tendresse particulière pour les réalisateurs de la Caraïbe. Ils ne sont pas très nombreux pour le moment, mais il y en a de plus en plus. Il y a une femme, une réalisatrice martiniquaise qui m'a beaucoup marqué quand j'étais enfant, elle s'appelle Euzhan Palcy. J'ai toujours été impressionné par son travail dans la fiction mais aussi documentaire. Par exemple elle a réalisé un film documentaire sur l'histoire des dissidents ( Parcours de dissidents), que j'ai trouvé très bien réalisé, très sensible, mais je pourrais vous en citer beaucoup d'autres. J'aime aussi le travail des soeurs Kanor ( Fabienne et Véronique) ce sont des amies; Jean-Claude Barny fait aussi un travail très intéressant au niveau de la fiction. Il y a aussi des réalisateurs de courts-métrages comme Julien Silloray qui sont eux-aussi très talentueux, j'espère qu'ils réussiront à faire des longs-métrages. Je sais que c'est leur ambition. Mais au-delà des Guadeloupéens ou des Martiniquais, il y a évidemment plein de réalisateurs que j'aime; aux Etats-Unis, en France, en Asie etc. Vous savez, je suis assez ouvert dans mes goûts mais je porte un regard très appuyé sur ce que font les Caribéens.


TLFWI : Quels sont vos thèmes de prédilection ? Quelles sont les productions que vous avez réalisées ?


F.S : Je m'intéresse en priorité à l'histoire, à la mémoire. Ces deux thèmes sont liés à mes préoccupations personnelles et à ma formation d'historien. Les questions d'Histoire et de mémoire sont très présentes dans mon travail. Après, je travaille aussi d'autres thèmes comme sur la culture, j'ai déjà fait des documentaires santé aussi. Je m'attache à des sujets qui questionnent la société ou qui l'éclairent. J'ai notamment réalisé : " L'Appel du tambour", " Sur un air de révolte" " Citoyens Bois d'ébène", " La douleur en héritage", " Des faucilles dans les veines" et le petit dernier " Camarade Jean"


The Link Fwi : Vous êtes revenu cette année avec une nouvelle production " Camarade Jean" qui nous plonge dans la Guadeloupe de la fin des années 50 à la fin des années 1980, pouvez-vous nous en parler ?



Franck Salin : Camarade Jean c'est l'histoire de Louis Théodore qui est l'un des fondateurs du mouvement indépendantiste guadeloupéen. Pour moi, il était important de raconter l'histoire du mouvement indépendantiste à travers cet homme qui sert de fil rouge, parce que c'est une période importante de l'histoire de la Guadeloupe que les jeunes connaissent peu voire pas du tout. Cette méconnaissance m'ennuie énormément et ça me marque énormément lorsque j'ai des discussions avec des personnes qui n'étaient pas encore nées à partir des années 1970 ou 80 et qui n'étaient sans doute trop petites pour se souvenir de ces événements. Bien souvent, elles connaissent très peu cette histoire. A moins qu'elles soient comme moi qui ai eu un parent indépendantiste, qui a participé à tous ces événements c'est le cas de mon père, qui de son vivant m'a beaucoup incité à faire ce film. L'important pour moi était de transmettre cette page de l'histoire aux jeunes générations, honorer la mémoire de mon père qui était membre et porte parole de l'UPLG dans les années 1980. Ensuite, nous questionner nous-même car, quelque soit notre âge, la question du statut politique actuel de la Guadeloupe et de son avenir se pose encore. Nous sommes une ancienne colonie esclavagiste devenue département, nos rapports avec la France restent compliquer, les rapports entre nous-même restent compliqués. Pourtant, il faut trouver les chemins de l'avenir, c'est pour cela que le témoignage de Camarade Jean et ses compagnons de combat est important, eux aussi ils ont eu vingt ans dans les années 1960. Ils ont livré des batailles, certaines ont été remportées. Bon la Guadeloupe n'est pas devenue indépendante, mais cet héritage mérite d'être connu. C'est important de savoir d'où l'on vient quels ont été les combats menés par nos aînés pour que nous menions les bons combats de demain.



TLFWI : Camarade Jean a connu un vrai retentissement auprès de la population, toutes les générations confondues, vous attendiez-vous à un si grand succès de la part de votre film ?


F.S : Ce qui m'a étonné c'est l'ampleur du film. Honnêtement je ne m'attendais pas à ce que le jeune s'intéresse et soit touché par cette histoire, mais ceux qui l'aient vu soient intéressés non cela ne m'a pas étonné. Je sais que tout Guadeloupéen qui se pose des questions sur lui-même ne peut être qu'intéressé par cette page d'histoire, l'épopée du Camarade Jean et de ses compagnons. Un point aussi qui me marquait quand j'avais des discussions avec les moins de quarante ans était que, pour eux, souvent leur point de départ c'était 2009 (Grève du LKP). Certes 2009 est un épisode important de l'histoire de la Guadeloupe, mais c'est indispensable de savoir ce qui s'est passé en amont.



The Link Fwi : Comment êtes-vous entré en contact avec “ Camarade Jean” ?


Franck Salin : Avant de réaliser et d'écrire le film, j'ai discuté avec des personnes qui connaissaient l'histoire du mouvement indépendantiste guadeloupéen et au cours de ces discussions, revenait très souvent une figure " Camarade Jean". A la veillée de mon père en 2014, Louis-Théodore et Claude Makouke sont venus. Ce soir-là nous n'avons pas parlé de film, mais ce fut le premier contact. Par la suite, je l'ai appelé, j'ai discuté avec lui de mon projet. Il trouvait l'idée intéressante, mais, il n'avait pas l'envie de se mettre en avant, car, il n'a jamais été le secrétaire général de l'UPLG, ni le porte parole du mouvement indépendantiste. Puis, l'idée de se faire filmer le gênait un peu. Mais, il a un certain âge et il sait que désormais, il est important de transmettre aux jeunes générations. Au début sceptique, il a finalement accepté de faire le film. Il a accepté d'être filmé au quotidien, même si cela s'avère très gênant d'avoir des gens avec des caméras, des micros; d'autant que c'est quelqu'un d'actif, il est exploitant agricole, il dirige une coopérative, c'est un octogénaire dynamique (rires). Il s'est prêté au jeu et le reste s'est fait assez facilement.



TLFWI : Ce documentaire est-il le fruit d’une longue réflexion et d’une profonde analyse de la société guadeloupéenne ?


F.S : Le projet en lui-même je l'ai écrit en quelques mois, en 2015. Mon producteur l'a soumis en 2016, à France Ô, ils l'ont trouvé intéressant, à Martinique 1ère pareil, mais en Guadeloupe pas de retour. J'ai envoyé plusieurs courriers, sans réponse. C'est quand Eddy Nedelkovski est devenu le directeur éditorial de Guadeloupe 1ère, il l'avait vu et apprécié mon documentaire " Des faucilles dans les veines " m'a demandé si je n'avais pas de projet à proposer. Là je lui ai parlé de " Camarade Jean" et je lui ai envoyé le dossier, qu'il a lu et validé. C'est comme cela que les choses se sont mises en place et que le projet est devenu un film documentaire. Si cela ne s'était pas déroulé de la sorte, j'aurais dû prendre des chemins détournés et en termes de moyens, cela aurait été sans doute plus compliqué. Quand France Télévision, Martinique 1ère et là Guadeloupe 1ère s'engagent cela m'a permis d'avoir les financements nécessaires au film.


Photo par MIB Photo


The Link Fwi : Quelles ont été les réactions du public ? Certaines ont-elles été mitigées ou négatives ?


Franck Salin : Globalement, j'ai eu des retours positifs. Cependant, toute l'histoire du mouvement indépendantiste n'est pas dans le film, j'ai dû faire des choix, j'ai dû écarter certaines séquences, il fallait aller à l'essentiel. Ce qui est certain c'est qu'il y a d'autres films sur cette histoire à faire. Sans doute, il y en aura qui présenteront d'autres épisodes sous un angle différent avec d'autres personnages. On peut constater qu'il y a un vrai désir de connaître cette histoire en particulier de la part des nouvelles générations, ce qui est normal. L'important est de savoir ce qui a été fait pour s'engager sur des chemins nouveaux. Personnellement je suis très heureux de toutes ces réactions positive et de l'intérêt suscité;. Ceci dit, il est fort probable que certains n'aient pas aimé mon film et qui évoque nos relations difficiles avec la France. Le sujet peut déranger en particulier les partisans du statut-quo.


TLFWI : Beaucoup en Guadeloupe connaissent Louis Théodore comme agriculteur mais ignoraient son parcours révolutionnaire. Etait-il d’emblée d'accord pour laisser ce témoignage ou avez-vous eu à le persuader de faire ce film ?


F.S : Au début quand je lui ai parlé du projet, il l'a trouvé intéressant, car il pensait qu'il était important de transmettre ce pan de l'histoire guadeloupéenne. Là où il a eu un peu plus de mal c'est sur sa place dans le film. Déjà il n'est pas souvent devant les médias, il y apparaît peu. Ensuite, en tant que bon guadeloupéen, il avait peur de la " jalousie" donc être en tête d'affiche dans un film, le gênait un peu. il a eu quelques hésitations au début sur la place qu'il avait dans le film. Il est revenu là dessus car, sans doute, il sait l'importance que cela a à son âge de témoigner de cette histoire.



The Link Fwi : Au cours du tournage, y’a t’il eu des contraintes, du style des oppositions, un refus de témoigner de la part de certains protagonistes, refus de financement de la part des partenaires ?


Franck Salin : Non, il n'y a pas eu de problèmes durant le tournage, ni de pression. D'autres personnes auraient voulu témoigner mais, je ne pouvais pas mettre trop d'intervenants. Il faut espérer qu'il y aura d'autres films traitant du sujet.



TLFWI : Comment expliquez-vous qu’une bonne partie de la nouvelle génération ne connaisse pas cette partie de l’histoire guadeloupéenne, Mè 67, le Gong, l’UPLG, les attentats, l’affaire Faisans, le film “ Camarade Jean “ permettra-t-il à ces jeunes de connaître leur histoire ?


F.S : Je pense que cette histoire du mouvement indépendantiste guadeloupéen est peu connue des jeunes pour plusieurs raisons. La première c'est qu'en Guadeloupe, nous ne sommes pas dans un système de transmission de notre histoire organisé, les programmes scolaires sont élaborés dans l'Hexagone et nos enseignants et certains de nos politiques font des efforts pour intégrer un peu de notre histoire dans le programme général. La deuxième raison de l'ignorance selon moi, c'est que le projet politique du mouvement nationaliste n'a pas abouti, la Guadeloupe n'est pas indépendante. Beaucoup de nos parents qui ont milité ont été déçus de ces échecs politiques et n'ont pas forcément eu envie de transmettre dans les détails tout ce qu'ils avaient fait et les combats qu'ils avaient mené. Pour moi, cela explique cette méconnaissance de la part des jeunes.



The Link Fwi : On remarque depuis quelques années, une résurgence des idéologies autonomistes et indépendantistes en Outremer et surtout en Guadeloupe. Comment expliquez-vous qu’une nouvelle génération de Guadeloupéens, d’ultramarins, puisse revendiquer le droit à sa destinée ? Ils auraient pu se dire “ nous sommes français et fiers “ et pourtant ils revendiquent encore plus fort leur identité ?


Franck Salin : Je trouve cela logique que de jeunes guadeloupéens affirment leur identité, qu'ils essaient de connaître leur histoire. Pour moi c'est normal, ils réfléchissent à leur avenir, à leur place en Guadeloupe, dans la Caraïbe. Nous sommes français et européens mais quelle est notre place en France et dans l'Union Européenne ? Tout cela n'est pas clair. C'est donc normal qu'ils se posent des questions, qu'ils s'interrogent, qu'ils demandent à leurs aînés, qu'ils se tournent vers les élus, les autorités françaises. Je trouve donc naturel qu'il y ait ces débats, ces prises de position parfois violentes comme à la Martinique très récemment. Quand on a 20 ans, 30 ans, que l'on est plus diplômé que ses parents et que l'on nous dit qu'il n'y a pas de place pour nous Guadeloupéens chez nous en Guadeloupe, que malgré nos diplômes on ne puisse pas trouver d'emploi qui corresponde à nos efforts et aux sacrifices que nos parents ont faits, la colère est normale. C'est logique que les nouvelles générations tentent de trouver leur place. Et quand il y a des blocages, comme tous les jeunes, ils réagissent, ils répondent. Pour moi, l'un des legs de l'histoire du Camarade Jean et de l'histoire du mouvement indépendantiste c'est l'effort de réflexion collective et je pense que les nouvelles générations ne pourront pas faire l'impasse de cette réflexion collective autour d'un projet de société. Pour trouver les chemins d'avenir collectif, il faut une réflexion collective. Il faut essayer de dégager des projets communs et voir aussi où les générations d'avant, les indépendantistes, les communistes qui avaient ces ambitions d'autonomie, d'indépendance de la Guadeloupe ont échoué, comprendre ce qui n'a pas convaincu la population et pourquoi cela n'a pas marché. Certes d'un côté il y avait la France qui faisait en sorte de se maintenir, de garder ses vieilles colonies mais, il faut savoir que chez beaucoup Guadeloupéens et de Martiniquais, il y avait des résistances à l'idée d'une autonomie ou d'une indépendance. Je pense qu'il faut questionner ces résistances pour que demain peut-être il y ait une évolution.


Photo par MIB Photo


TLFWI : En tant que réalisateur quel est votre regard sur la Guadeloupe du XXIe siècle ?


F.S : La Guadeloupe du XXIe siècle est pour moi une Guadeloupe très dynamique, très portée sur l'action, l'entrepreneuriat, cela me marque beaucoup. Vous savez j'étais lycéen au début des années 90, à cette période le fonctionnariat était un rêve très important en Guadeloupe, à raison, car il représentait la sécurité de l'emploi, dans les municipalités, à la Région et dans les autres administrations, il y a eu une forte création d'emploi, cela permettait d'obtenir une certaine stabilité, le salaire était assuré, il y avait la perspective d'être rapidement en CDI, cela a fait rêver au moins deux voire trois générations. Aujourd'hui ce n'est plus trop le cas, je vois que les jeunes se tournent de plus en plus vers l'entrepreneuriat et je trouve cela remarquable, car ça les pousse à mieux se connaître, à chercher des manières de développer leurs activités propres. Mais il faut savoir quels sont les obstacles ? A quel point sont-ils soutenus dans leur effort d'entreprendre. Face aux blocages je constate beaucoup de départs de jeunes diplômés(ées) pas seulement vers l'Hexagone mais désormais en Amérique du Nord, dans le reste de l'Europe, etc. Il faut permettre aux jeunes guadeloupéens d'apporter leur pierre à l'édifice chez eux, c'est très important. On peut certes construire d'autres pays, d'autres continents, c'est toujours intéressant de découvrir ce qu'il se passe ailleurs, mais il ne faut que chacun puisse apporter sa pierre ici aussi dans la mesure de ses capacités et de ses compétences.


The Link Fwi : En tant que réalisateur, quels seraient vos conseils pour un jeune qui souhaiterait débuter dans le métier ?


Franck Salin : Mon premier conseil pour celui qui souhaite débuter dans la réalisation de films documentaires c'est de ne pas négliger la réflexion et l'écriture parce qu'elles garantissent la qualité de la réalisation. Avant de prendre la caméra, il faut réfléchir et écrire permet d'avoir une vision plus claire de son projet. Je vois souvent des jeunes prendre la caméra avant d'avoir une idée concrète de ce qu'ils voudraient faire et ça peut les conduire à l'échec. Mon deuxième conseil serait de n'avoir aucun complexe, de ne pas hésiter à aller voir les maisons de production, de se former, faire des stages, il y a des écoles de cinéma, de journalisme dès que l'on est capable de réfléchir il ne faut pas hésiter à agir. Les maîtres mots sont réfléchir, écrire et convaincre.


TLFWI : Quelles est votre actualité cinématographique ?Avez-vous déjà une idée de votre prochain sujet, de votre prochain film ? Surtout, où pouvons-nous la suivre et où pouvons-nous vous suivre ?


F.S : Je suis présent sur Facebook, Instagram. Ces derniers temps j'ai plus travaillé sur des projets de théâtre puisque j'écris des pièces. J'ai aussi en écriture de nouveaux films documentaires mais pour chaque projet, il faut convaincre les maisons de production, les chaînes de télévision. Une fois que j'aurais fini d'écrire ces projets, il me faudra repartir au combat pour les financements (rires).


The Link Fwi : Merci beaucoup monsieur Franck Salin


Franck Salin : C'est moi qui vous remercie.