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Brésil / USA nouveaux épicentres de l'épidémie de coronavirus

Mis à jour : 15 juin 2020

Le Coronavirus a surpris tous les chefs d'état à travers le Monde tant par sa létalité que sa rapidité de propagation. ce jour, aucun pays ne peut dire qu'il est épargné par l'actuelle pandémie. Alors qu'à travers le Monde, plusieurs pays entament un déconfinement progressif après des mois de cauchemars sanitaires, le Brésil et les Etats-Unis sont devenus les nouveaux épicentres de propagation du Covid-19, la faute à leurs dirigeants.





De l'Asie où il a commencé en passant par l'Af ,rique qui est encore relativement épargnée, sans oublier l'Europe continent le plus touché et le continent américain, nul ne peut dire à ce jour qu'il n'est pas concerné par l'actuelle pandémie qui frappe les hommes et ébranle les principales places financières mondiales.

Officiellement, le virus a débuté au début du mois de Novembre 2019, sur un des marchés d'animaux sauvages de la ville de Wuhan capitale de la province de Hubei en Chine. Depuis, le virus a parcouru le globe et, dans chaque pays, il a fait son lot de victimes. A vrai dire, le Coronavirus a surprit la grande majorité des chefs d'Etat de la planète tant par sa létalité que par sa rapidité de propagation.


Alors, pour faire face à cette épidémie d'une ampleur inégalée, les gouvernements adoptent différentes méthodes. Comme on a pu le voir, en Asie, dès le début, les Etats ont mené des campagnes de tests sur la population, ils ont appliqué un confinement total et sévère et ils ont eu recours à la distanciation sociale et à la technologie ( la reconnaissance faciale des personnes malades). En Europe, les méthodes diffèrent entre les pays de la zone euro. L'Allemagne par exemple, a systématiquement tester sa population à grande échelle tout en imposant le confinement et la distanciation sociale tout en faisant confiance à la discipline allemande, tandis que la France, elle, après des jours de retard, a finalement imposé un confinement total très stricte, une distanciation sociale, ce qui selon les spécialistes a permis de sauver la vie de beaucoup de français, désormais les tests se feront à plus grande échelle. En Europe du Nord, le Danemark a choisi le confinement stricte et le test à grande échelle mais aux Pays -Bas et en Suède, les gouvernements de ces deux pays ont préféré ne pas confiner leurs populations pour favoriser l'immunité générale et préfèrent jouer sur le civisme.


Après des mois de cauchemars sanitaires où des milliers de personnes ont perdu la vie, dans plusieurs pays, l'heure est au déconfinement progressif. Si pendant longtemps, le covid-19 tuait principalement en Europe, avec en tête l'Italie ( 231 139 cas confirmés, 147 101 personnes guéries et 33 072 décès), l'Espagne ( 237 906 cas confirmés, 150 376 personnes guéries et 27 118 décès), la France ( 145 746 cas confirmés, 66 584 personnes guéries et 28 596 décès), c'est désormais aux Etats-Unis et au Brésil que la tragédie se joue. Selon les données de l'Université John Hopkins, le pays de l'Oncle Sam compterait 1 742 793 cas de covid-19 confirmés, pour 375 171 personnes guéries et 102 391 décès.


Les Etats-Unis ne sont les seuls à connaitre une augmentation des cas de coronavirus. En l'espace de quelques semaines, le Brésil, l'autre géant du continent américain a vu le nombre personnes malades de covid-19 triplé, au point de devenir le deuxième pays avec le plus de cas de coronavirus et le premier de la zone sud du continent américain. Le pays de la Capoeira et de la Samba compte à ce jour 438 812 cas confirmés, 193 181 personnes guéries et 25 935 décès.


Donald Trump, la crainte d'un effondrement des marchés et une réélection en ligne de mire :


En effet, depuis le début de la crise, les deux chefs d'Etat les plus sulfureux de ces cinq dernières années ont brillé par leur gestion calamiteuse de l'épidémie. Il faut le dire, si les deux géants de l'Amérique Latine connaissent une forte augmentation des cas en moins d'un mois, c'est en partie de la faute des deux présidents, Donald Trump et Jair Bolsonaro. Les deux présidents seraient comme animés par un certain coronascepticisme.


Selon ABC et CNN en fin novembre, le Centre national du renseignement médical, qui dépend directement du Pentagone, identifie un nouveau virus qui commence à se répandre dans la région de Wuhan, dans le centre de la Chine. Pour sa part, le ministère américain de la Défense ne confirme pas que cette première alerte a eu lieu. Le 31 Décembre, Pékin informe l’Organisation mondiale de la Santé qu’une forme de pneumonie, inconnue et inhabituelle, touche cette ville chinoise de 11 millions d’habitants. Après plusieurs alertes en provenance de Pékin, le 8 Janvier, le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies ( CDC) émet sa première alerte publique concernant le nouveau virus de Covid-19. Et à partir du 17 Janvier, les autorités américaines mettent en place de premières mesures de contrôle sanitaire des passagers en provenance de Chine, dans trois aéroports : Los Angeles, San Francisco et New York, dès le lendemain, le président Trump est informé par téléphone, par son Secrétaire à la Santé Alex Azar. Mais, voilà que selon plusieurs il semblerait que Donald Trump était bien plus préoccupé par les risques sanitaires que pose la cigarette électronique, et presse son ministre de la Santé de prendre des mesures sur ce sujet et n'aborde à peine le problème sanitaire lié au Covid-19. De passage en Suisse pour le Sommet de Davos ( le 22 Janvier) interrogé sur la question sanitaire, le 54e président affirmait que tout était sous contrôle. " We have it totally under control [...] “It's one person coming in from China. We have it under control. It's going to be just fine.” traduction " Il n'y a pas de risque de pandémie et la situation est sous contrôle. Ca va aller" .


Fin Janvier, soit le 30 Janvier, Alex Azar et le chef de cabinet de la Maison-Blanche Mick Mulvaney (remplacé depuis) alertent une nouvelle fois Donald Trump par téléphone. Le président qui est à bord d'Air Force One, devait se rendre à un meeting de campagne à Des Moines dans l'IOWA dans le cadre de sa réélection néglige les appels de ses proches conseillers qu'ils jugent " trop alarmistes". Le même jour, l’Organisation Mondiale de la Santé déclare une urgence de santé publique internationale. Le lendemaine, soit le 31 Janvier, Donald Trump et son administration décident une restriction des voyages en provenance de Chine.  Sont exemptés les ressortissants américains, leurs familles, et les résidents permanents aux États-Unis. Au cours des semaines suivantes, le président Trump est resté sourd à toutes les recommandations, comme en Février dernier, le 10 Février plus exactement, alors en plein meeting dans le New Hampshir, il déclare devant ses supporters, il déclare :  "A lot of people think that goes away in April with the heat. As the heat comes in. Typically that will go away in April. We're in great shape, though." traduction : " En avril, dès que les températures auront un peu remonté, ce virus disparaîtra. Comme par miracle."


Cependant, quatre jours après, le Dr Robert Kadlec, Secrétaire adjoint du ministère de la Santé, remet au Conseil de Sécurité Nationale un rapport qu'il a intitulé : " La réponse du gouvernement des Etats-Unis à l'épidémie du nouveau coronavirus". Dans ce document, le médecin recommande la mise en place de plusieurs mesures strictes : limitation des rassemblements publics, annulations des événements sportifs et culturels, fermeture des écoles, et confinement des travailleurs jugés non-essentiels. Les conclusions du rapport devaient être présentées à Donald Trump dès son retour de voyage officiel en Inde. Une réunion était programmée pour le 25 février, finalement elle est annulée et selon CNN le mémo est enterré avant même d'être présenté au Président. A la fin du mois de Février, soit le 23 février, le conseiller au commerce Peter Navarro rédige un second mémo et l'adresse directement au Présient Trump. Dans sa note, la note précise que " jusqu'à 100 millions d'américains pourraient être contaminés par ce virus. Et un à deux millions de personnes pourraient perdre la vie. De son côté le président américain continuait de rassurer ses plus fidèles partisans sur son réseau social préféré, Twitter. " The Coronavirus is very much under control in the USA. We are in contact with everyone and all relevant countries. CDC & World Health have been working hard and very smart. Stock Market starting to look very good to me! " traduction : "La situation est vraiment sous contrôle aux États-Unis. Et les marchés boursiers m’ont l’air d’aller très bien !" Le 25 du même mois, le Dr Nancy Messonier, qui dirige le Centre National pour les maladies respiratoires, met en garde contre les risques d'une épidémie de grande ampleur. Des recommandations qui ont été une nouvelle fois passées sous silence par l'administration au pouvoir. De retour de son voyage officiel en Inde, Donald Trump mécontent appelle son Secrétaire à la Santé et lui indique que les propos tenus par le Dr Messionnier ont " effrayé les américains". Dans la foulée, il affirme une nouvelle fois que la situation était sous contrôle. " Nous n'avons qu'une quinzaine de malades. Et ils vont tous mieux. Bientôt, on sera proche de zéro cas. On fait du bon boulot". Niant au passage l'inévitable, une forte possibilité d'épidémie de grande envergure aux Etats-Unis. En même temps, Donald Trump est en pleine campagne pour les élections présidentielles de Novembre prochain. Rien ne doit empêcher sa réélection. Le sulfureux président américain a même sous estimé la létalité du virus, en évoquant les chiffres des personnes qui décèdent de la grippe chaque année aux Etats-Unis : " So last year 37,000 Americans died from the common Flu. It averages between 27,000 and 70,000 per year. Nothing is shut down, life & the economy go on. At this moment there are 546 confirmed cases of CoronaVirus, with 22 deaths. Think about that ! --> "L’an dernier, 37 000 Américains sont morts de la grippe. En moyenne, la grippe fait entre 27 000 et 70 000 morts par an. Et on ne ferme pas le pays pour autant. La vie et l’économie continuent. A ce jour, il n’y a aux États-Unis que 546 cas confirmés de coronavirus, et 22 morts. Pensez à cela !"



Fortement critiqué, par ses opposants comme dans son propre camps, le 54e président le plus décrié de l'histoire américaine a bien dû se résoudre à appliquer le confinement le plus stricte. Il a fallu attendre le mois de mars pour que Trump réagisse. En effet, il proclame une urgence nationale et annonce le déblocage de 50 premiers milliards de $ pour venir en aide aux Etats et aux territoires touchés par l'épidémie.Le 16 Mars, le président annonce de nouvelles mesures de distanciation sociale et recommande la fin des rassemblements de plus de dix personnes. Mesure qui a été repoussée à plusieurs reprises. Le 3 Avril dernier, le CDC recommande aux américains de sortir désormais avec un masque. Décision approuvée par le président Trump, qui dans le même temps a fait savoir qu'il n'en porterait pas. Si pendant longtemps, Donald Trump a rechigné à appliquer des mesures strictes, c'est lié au fait que l'une de ses plus grandes craintes concernait un possible effondrement des marchés entraînant dans la foulée une hausse du chômage. Ce confinement total a accru le nombre de chômeurs ( 33 millions à la date du 8 Mai) puisque le chômage partiel n'existe pas aux USA. De plus,il a donné lieu à une augmentation du taux de pauvreté et des inégalités de toutes sortes. Un coup dur pour le fantasque président américain qui avait basé sa politique sur le plein emploi.


Jair Bolsonaro, le choix du coronascepticisme


Relativement épargné par la pandémie au début de sa propagation, le Brésil connait depuis une semaine une augmentation des cas et des décès. Le ministère de la Santé a recensé 25.598 morts et 411.821 cas de contamination confirmés, des chiffres qui seraient bien en-dessous de la réalité, selon des scientifiques. Avec 1.086 décès au cours des dernières 24 heures, c'est la cinquième fois que ce pays de plus de 210 millions d'habitants dépasse les 1.000 décès quotidiens depuis cette accélération de la pandémie, la semaine dernière. Le record date du 21 mai, avec 1.188 décès. La situation diffère en fonction des Etats. Par exemple, l'Etat de Sao Paulo, le plus riche et le plus peuplé du Brésil, est le principal foyer, avec 6.712 morts et 89.483 personnes contaminées, devant celui de Rio de Janeiro, qui déplore 4.605 décès et 42.398 cas confirmés.


Dans ces deux Etats, les services hospitaliers de soins intensifs sont très proches de la saturation, de même que dans plusieurs régions du Nord et du Nord-Est, parmi les plus pauvres du pays. L'Etat du Ceara (nord-est), est le troisième le plus touché, avec 2.671 décès. La situation reste dramatique dans l'Amazonas (nord), où vivent de nombreuses populations indigènes, avec 1.891 morts.


Malgré l'augmentation constante des décès,et les recommandations des spécialistes et autres épidémiologistes brésiliens ou internationaux, le président d'extrême droite Jair Bolsonaro continue de faire la sourde oreille. Jair Bolsonaro continue d'appeler à la reprise des activités économiques au nom de la préservation de l'emploi, remettant en cause les mesures de confinement prises par les gouverneurs des Etats. Une attitude similaire à celle qu'il a adopté au commencement de l'épidémie au Brésil. En avril dernier, nous évoquions déjà la mauvaise gestion de la crise sanitaire par le très médiatique président brésilien. En effet, il évoquerait même Dieu comme seul protecteur du peuple brésilien; « Il faut l'affronter la tête haute, Dieu est avec nous » tout en critiquant les gouverneurs, les maires qui appliquent le confinement et la distanciation sociale, les qualifiant de lâches. Pour lui, seuls comptes l'économie du Brésil déjà en grande difficulté depuis plusieurs années et la sauvegarde des emplois « Ce que nous entendons le plus, ce sont des personnes qui veulent revenir à la normale. Depuis le début, je dis que nous avons deux problèmes, le virus et le chômage. (...) Je ne défends pas l'économie, je dépends les emplois. (...) C'est impossible de comprendre que les conséquences du chômage, c'est ce qui va tuer les gens? », s'est exclamé le président.

Le président brésilien est même en plein déni. En Février, alors que les premiers cas de coronavirus faisaient leur apparition, l'ancien militaire désormais président, comparait affirmait même que le virus allait disparaître avec le retour de la belle saison. Par ailleurs, Bolsonaro parlait d'une hystérie général et comparait le Covid-19 à une simple grippe.


Quant à ceux qui osent se confronter à lui, il les limoge tout simplement, c'est le cas du très populaire ministre de la santé, Luiz Henrique Mandetta, médecin orthopédiste de profession en a fait les frais. L'ancien ministre de la santé préconisait une approche scientifique de l'épidémie; ce qui comprend des mesures de distanciation sociale, de quarantaine, ainsi que le confinement d'une grande partie du Brésil. Il a été limogé mi-avril mais fut remplacé par Nelson Teich, un oncologue et responsable de services de santé, qui ne partageait pas non plus la vision du président sur la manière de gérer la crise du coronavirus. Moins de quatre semaines après sa prise de fonction, il a finalement démissionné le 16 Mai dernier. Des sources du ministère ont indiqué que le médecin de 62 a démission pour des « des divergences de vues », sur le traitement à la chloroquine. Le président Bolsonaro a fait pression sur son ministre pour que ce médicament, réservé jusqu’ici aux cas graves de Covid-19, soit utilisé dès le début du traitement sauf que le ministre émettait des réserves sur la chloroquine. Pourtant, lors de sa prise de fonction, il avait affirmé son « alignement total » avec Jair Bolsonaro. Sauf que, selon les médias brésiliens il aurait été discrédité par le présiden qui dans un décret publié début Mai, incluait dans « les activités essentielles » devant rester ouvertes, les salons de coiffure et de beauté ainsi que les salles de musculation. Finalement des divergences seraient apparues.


Les positions défendues des deux anciens ministres ont été soutenues par les maires, les gouverneurs des Etats qui continuent de maintenir la population confinée mais, elles diffèrent de celles du président Bolsonaro, qui continue de mener une vie publique dans le plus grand des calmes. On le voit en visite officielle un peu partout au Brésil, serrant des mains, prenant des photos, le tout sans gants ni masques. Comme Trump, Bolsonaro a été très critiqué au Brésil pour son incapacité à donner un cap face à une pandémie qu’il a politisée à l’extrême, coupant le pays en deux.  Evoquant la tyrannie du confinement et soutenant les brésiliens à manifester contre les décisions de leurs gouverneurs. D'ailleurs, le président s'est lui-même rendu à plusieurs de ces manifestations, haranguant la foule. A l'image de Donald Trump, le plus important pour le président brésilien c'est la reprise des activités économiques, car comme son homologue américain en pleine campagne pour les présidentielles de Novembre, Bolsonaro comptait sur l’économie pour être réélu en 2022. Du fait de leurs sortie publiques, ( comme Donald Trump qui a affirmé que boire du Chlorox guérirait du covid-19) Donald Trump et Jair Bolsonaro sont de plus en plus décriés même dans leurs propres camps. Les deux chefs d'état sont tour à tour menacés de destitution. Et comme le souligne Le Journal de Montréal : Si Trump a survécu en février à un « impeachment », la menace d’une destitution est bien réelle pour Bolsonaro, après le dépôt de 35 demandes à la Chambre des députés, certaines pour sa gestion de la crise sanitaire. 


Pour le moment, le président Bolsonaro peut dormir sur ses deux oreilles. Au Brésil, contrairement aux Etats-Unis, les contre-pouvoirs sont moins efficaces, de plus, l'opposition à Bolsonaro est quasi-inaudible.

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