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Des monuments d'Outremer sélectionnés à la Mission du Patrimoine 2021.

La liste des 18 sites sélectionnés pour l'édition 2021 de la Mission patrimoine, confiée à Stéphane Bern, vient d'être révélée. Parmi eux on retrouve, cinq vestiges ou monuments des Outre-mers, tels que la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre, l'ancien moulin à vent de l'ancienne sucrerie Trianon de Marie-Galante, la Villa Didier de Fort-de-France à la Martinique, le musée Alexandre-Franconie à Cayenne.



Quel est lien qui unit le moulin à vent de l'ancienne habitation Roussel Trianon à Marie-Galante et la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Pointe-à-Pitre, Moulin à vent Trianon-Roussel Marie-Galante, Le musée Alexandre-Franconie à Cayenne, la Villa Didier de Fort-de-France et l'ancien pénitencier, L'Ancien pénitencier pour enfants de l’Ilet à Guillaume sur l'île de La Réunion ? La mission du patrimoine 2021.


En effet, ces monuments ou vestiges historiques font partie des 18 sites sélectionnés pour la Mission Patrimoine dirigée par le monsieur histoire Stéphane Bern en partenariat avec le ministère de la Culture et dont l'objectif est de sauvegarder le patrimoine en péril à travers toute la France.



Située au coeur de Pointe-à-Pitre, la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul a toujours été au centre des interactions humaines dans l'ancienne capitale économique guadeloupéenne. Lieu chargé d'histoire, pourtant, depuis, plusieurs années, la Cathédrale souffre de problèmes structurels généralisés sur la toiture, les murs gouttereaux, la structure métallique et les murs hauts, sans oublier les fenêtres hautes et basses. La restauration sera l'occasion d'organiser une exposition présentant l'édifice et les travaux envisagés, des conférences avec l'architecte et des ateliers pédagogiques en partenariat avec les établissements scolaires sur différentes thématiques : histoire de l’art et techniques de construction. Restaurée, la cathédrale sera intégrée à un circuit du patrimoine pointois.


Construite en 1807, la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul a du être reconstruite en 1867 après avoir été victime du tremblement de terre de 1843. La structure d'origine en bois, a été remplacée par une en métal réalisée dans les ateliers Eiffel. Une résistance qui lui a permis d'affronter de nombreux ouragans et tremblements de terre à travers le temps. La façade néo-classique du plus grand édifice religieux de Pointe-à-Pitre a été dessinée par l’architecte Petit. L'intérieur n'a rien à envier à cette façade avec une impressionnante hauteur de nef, des colonnes aux chapiteaux néo-gothiques et un maître autel en marbre de Carrare réalisé au XIXe siècle par les ateliers de maître Vincent Bonomi est classé au titre des monuments historiques. Plusieurs tranches de travaux sont prévus. La Mission Bern concerne la seconde tranche.


Affectée plusieurs siècle au culte, de nouvelles pistes de valorisation futures sont envisagées, dont certaines déjà mises en œuvre occasionnellement tels que les concerts lyriques et l'ouverture à la visite, notamment lors de la saison des croisières.


Ainsi, la restauration sera l'occasion d'organiser une exposition présentant l'édifice et les travaux envisagés, des conférences avec l'architecte et des ateliers pédagogiques en partenariat avec les établissements scolaires sur différentes thématiques : histoire de l’art et techniques de construction. Restaurée, la cathédrale sera intégrée à un circuit du patrimoine pointois.


Moulin à vent Trianon-Roussel Marie-Galante :



Symbole du patrimoine marie-galantais et plus largement du patrimoine guadeloupéen, le moulin à vent de l'ancienne habitation Trianon-Roussel à Marie-Galante fût construit du temps où l'esclavage était le système économique principal des îles à sucre, comprenez les îles de la Caraïbe.


En effet, construite sur l'emplacement de l’habitation sucrière Trianon, la sucrerie Roussel-Trianon est fondée à la fin du XVIIIe siècle sous l'impulsion de son dernier propriétaire, Paul Botreau Roussel. Le site, prospère entame une véritable révolution en remplaçant son moulin à bêtes par un moulin à vent dès 1800. Une volonté de modernisation qui fait du site, vers 1860, le premier complexe sucrier aux Antilles à être équipé d’appareils à triple effet Derosne et Cail pour les opérations de cuite. Néanmoins, le déclin de l'industrie sucrière sonnera aussi celui de Roussel-Trianon fermé en 1874 au profit de l’usine de Grande-Anse. Le site en proie aux aléas climatiques et de la végétation qui l'envahit. Conséquence, le site est très dégradé. Il doit faire l'objet d'une réhabilitation globale mais seule la restauration du moulin à vent est concernée par la Mission Bern.


Il s'agira d'une réhabilitation globale du site est nécessaire. Cela suppose la restauration des vestiges patrimoniaux : moulin à vent, maison de maître, écuries, jardin potager, enclos à bêtes, fabrique à sucre et aqueduc reliant le moulin à la fabrique. Les travaux sur les deux premiers édifices ont été jugés prioritaires. Le but : faire de ce site un espace de culture, de loisirs, de récréation et de bien-être, structuré dans une approche d’écomusée vivant. Un patrimoine mémoriel à rénover qui tenait à coeur au jury du loto du patrimoine ainsi qu'à Stéphane Bern, chargé de la mission Patrimoine en péril.


La Villa Didier de Fort-de-France à la Martinique :


Construite en 1935 par Louis Caillat, l’un des principaux architectes de ce courant sur l’île, pour l’industriel Marcel Didier, la villa Didier en est l’un des bâtiments les plus intéressants, cette villa est une des réalisations emblématiques de l’architecture moderniste en Martinique (1927-1968), période d’invention d’un usage noble et poétique du béton armé, qui a marqué une rupture dans le paysage architectural existant. Dans les années 1930, la production moderniste est stimulée par la commande publique (Lycée Schoelcher, Hôpital Clarac, Observatoire volcanologique du Morne des Cadets, etc.) et voit la construction de nombreux immeubles privés. Construite en 1935 par Louis Caillat, l’un des principaux architectes de ce courant sur l’île, pour l’industriel Marcel Didier, la villa Didier en est l’un des bâtiments les plus intéressants. Caillat réalise pour cette grande maison familiale une composition symétrique autour d’une entrée, mise en scène par un escalier monumental et un porche à auvent audacieux, surmontée d’une rotonde à l’étage. Les fenêtres en plein-cintre de la façade sur rue sont ornées de clés en forme de consoles Art-déco tandis que la ferronnerie de la porte est décorée de motifs géométriques reprenant les lignes droites et courbes adoptées pour l’ensemble de l’édifice.


Après avoir appartenu à la famille Didier durant plusieurs décennies, la villa a été acquise en 2017 par un couple de jeunes Martiniquais. Composée de cinq unités de vie indépendantes, la partie centrale est devenue leur résidence principale, tandis que les quatre autres appartements seront destinés à une maison d’hôtes ou un gîte, mais aussi, de manière privilégiée, à l’accueil d’artistes en résidence en sur l’île. Ils mettront à disposition de leurs hôtes une documentation sur l’architecture moderniste en Martinique grâce au recensement de l’ensemble du patrimoine bâti existant ou disparu de ce courant architectural réalisé par l’Association pour la défense et la promotion de l’Architecture moderniste en Martinique


Selon le site de la Fondation du Patrimoine, l’édifice a considérablement souffert des assauts du temps et du climat. L’absence d’étanchéité est la cause principale de sa forte dégradation, avec un réseau d’évacuation des eaux pluviales dégradé entrainant une stagnation préjudiciable de l’eau en divers points du bâtiment (dalles des toits-terrasses et des terrasses extérieures devenues poreuses, pied du bâtiment, etc.) et une disparition totale par endroits de la peinture des façades. Combiné à une importante pluviométrie tropicale, cela a conduit à la corrosion des aciers et à l’éclatement des bétons. Des chutes de béton en ont résulté, rendant l’habitat dangereux pour les occupants. Les désordres touchent également les menuiseries qui ont souffert de la pluie autant que des termites. Les réseaux électrique, d’eau et d’assainissement défectueux, vétustes et hors normes sont à reprendre en intégralité. Les sols intérieurs en carreaux de ciment ou granito, descellés ou cassés par endroits sont à restaurer.



Le musée Alexandre-Franconie à Cayenne :



En Guyane, c'est le musée Alexandre-Franconie à Cayenne. Le musée est situé dans l'Immeuble Franconie, inscrit monument historique par arrêté du 8 mars 1986, il a aussi reçu le label des Maisons des Illustres en 2011. La maison appartenait à la famille Franconie, installée en Guyane depuis le XVIIIe siècle. L'immeuble est bâti entre 1824 et 1842. La partie la plus ancienne de l'immeuble présente un plan en U donnant sur un petit jardin intérieur. Des escaliers le long de l'avenue De Gaulle et une rampe d'accès pour les personnes à mobilités réduites permettent d'accéder au musée et à la bibliothèque. Comme la plupart des maisons créoles, la construction est faite d'une ossature en bois avec un remplissage de briques. Le musée se prolonge par une extension inaugurée en 2003


Le musée Alexandre-Franconie a été créé en 1901 à l'initiative du gouverneur Émile Merwart. À la suite du succès du pavillon de la Guyane à l'exposition universelle de 1900 à Paris, le gouverneur décide d'ouvrir à Cayenne un musée avec pour ambition de présenter la Guyane. Ce nouveau musée est aussi destiné à remplacer un premier musée détruit en 1888 par le dernier grand incendie de Cayenne. Il est inauguré sous le nom de Musée local le 15 octobre 1901, à l'occasion de la fête patronale de la ville. On confie sa gestion à un comité de patronage et on nomme Eugène Bassière (1869-1960) au poste de conservateur. Les objets qui forment la première collection proviennent du lot rassemblé pour l'exposition universelle, des collections de l'ancien musée détruit, parmi eux des tableaux donnés par Victor Schœlcher, de quelques objets ayant appartenu à Alexandre Franconie et des premiers dons effectués par des notables, parmi lesquels le gouverneur lui-même et son frère Paul Merwart artiste peintre. Les premières collections d'histoire naturelle sont constituées de dépouilles de chasse offertes par les habitants et naturalisés ensuite.





Il s’agit d’une restauration générale de l'édifice. Les travaux sont répartis en cinq phases. Certaines restitutions sont suggérées, comme la remise en place des ornementations des couvertures en tôles, ou encore les modénatures de façades telles que les bandeaux moulurés. Une des ailes présente une réelle urgence compte tenu de l’état très préoccupant du petit édifice. Les travaux peuvent être menés sans impacter l’activité de la bibliothèque et du musée, et comprendront également la reprise complète à neuf des réseaux fluides.



Le musée est actuellement ouvert au public. Les travaux ne devraient pas empêcher son ouverture et permettront d’améliorer l’accueil des visiteurs. Comme le rapporte la Fondation du Patrimoine sur son site, il s’agit d’une restauration générale de l'édifice. Les travaux sont répartis en cinq phases. Certaines restitutions sont suggérées, comme la remise en place des ornementations des couvertures en tôles, ou encore les modénatures de façades telles que les bandeaux moulurés. Une des ailes présente une réelle urgence compte tenu de l’état très préoccupant du petit édifice. Les travaux peuvent être menés sans impacter l’activité de la bibliothèque et du musée, et comprendront également la reprise complète à neuf des réseaux fluides.


L'Ancien pénitencier pour enfants de l’Ilet à Guillaume sur l'île de La Réunion :





Enfin La Réunion pourra faire rénover le site qui hébergeait le pénitencier pour enfants à l'Îlet-à-Guillaume. Site exceptionnel, particulièrement émouvant, sur un îlet de 5 ha entre deux profondes ravines, envahi par la végétation tropicale et accessible uniquement à pied. Il conserve les vestiges d’une colonie pénitentiaire agricole, administrée par la Congrégation du Saint-Esprit de 1864 à 1879, qui a accueilli jusqu’à 180 enfants. Les évasions étaient rendues difficiles par sa localisation, perdu sur les hauteurs de Saint-Denis, à plus de 2h30 de marche du village de Saint-Bernard. Les nombreux murs en pierre sèche, bassins, élévations de la forge et de la chapelle, mais aussi le petit cimetière, sans noms, et l’impressionnant sentier qui mène au site, témoignent avec force du labeur difficile de ces jeunes détenus. Mineurs vagabonds et petits voleurs y étaient envoyés afin d’y être « redressés » par des prêtres. Une « rédemption » par la prière et le travail de la terre était recherchée : plantations de vanille, quinquina, café, agrumes, fruits et légumes permettaient de vivre en autosuffisance. Le site a également vraisemblablement été un lieu de marronnage, cache pour esclaves évadés.


Ce site abandonné est connu des randonneurs. Certains déposent régulièrement des offrandes sur la dizaine de tombes entourées de pierres, à l’ombre des bambous géants et camphriers, dans une île où la mémoire des aïeux occupe une place importante. Le Département souhaite améliorer sa lisibilité, de ses fonctionnalités et axes de circulation, avec une signalétique enrichie, au sein d’un projet global de valorisation, inscrit dans un itinéraire écotouristique visant au développement local du massif. Il fait l’objet d’études historique et archéologique depuis 2019, après la réalisation d’une cartographie en 3D grâce à la technique laser du Lidar (Light Detection and Ranging).





Le site, enfoui sous la végétation tropicale, a fait l’objet d’un récent débroussaillage de 3 semaines par l’ONF, afin de dégager des entrelacs de longoses, les restes des bâtiments et enceintes de parcelles cultivées en terrasses et ainsi permettre l’étude archéologique des vestiges. Il en demeure fragilisé. Une partie de ses murs en pierre sèche, dont il subsiste près d’un kilomètre linéaire, est effondrée ou menace de le faire. Les rares élévations sont parcourues de fissures. La plupart des arases sont instables.


Les travaux de rénovation viseront, d’une part, à repérer les vestiges qui nécessitent une intervention urgente et apparaissent indispensables à la lecture du site et, d’autre part, à établir des scénarios chiffrés pour une programmation pluriannuelle de travaux et d’entretien, intégrant la qualité paysagère du site.

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