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Evelyne Sincère, la jeune bachelière kidnappée à Delmas, tuée par ses ravisseurs.

Elle s'appelait Evelyne Sincère, elle était une jeune fille sans histoire, et pourtant, la jeune bachelière kidnappée à Delmas a été tuée par ses ravisseurs. Un meurtre qui a fait l'effet d'une onde de choc en Haïti. Jovenel Moïse exprime sa solidarité aux parents de la jeune fille et exige l’arrestation des kidnappeurs.



Choc, indignation, tristesse et colère habitent de nombreux Haïtiens, depuis un peu plus de 24 heures. Depuis l'annonce de la découverte du corps d'Evelyne Sincère, kidnappée le 28 octobre. En contact avec les ravisseurs, sa famille peinait à réunir les 100 000 dollars de rançon exigés. L'étudiante de 21 ans a été tuée. C'est tout le pays qui demande justice.


Le corps d'Evelyne Sincère retrouvé abandonnée sur un amas de détritus.


Aux premières heures de la matinée du dimanche 1er novembre 2020, la famille d’Evelyne Sincère, 22 ans, a reçu un appel ayant eu l’effet d’un tremblement de terre. Au téléphone, le ravisseur - quatre jours après le kidnapping d’Evelyne, jeudi 29 octobre, au dernier jour des examens de la philo, et après d’âpres négociations pour sa libération- a indiqué le lieu où le cadavre a été balancé. C’est à Delmas 24, dans une décharge qu’Evelyne Sincère, presque nue, a été retrouvée par sa sœur Enette Sincère et le juge de paix suppléant de Delmas, Jean Flaury Raymond. Selon Le Novelliste, le quotidien national haïtien, la jeune femme a été battue à mort.


« Le magistrat souligne avoir relevé des ecchymoses au niveau du bras gauche, du dos, des fesses de la jeune fille. Elle a été battue au niveau de la plante de son pied droit.  « Son vagin était enflé », a poursuivi Jean Flaury Raymond qui n’écarte pas l’hypothèse de viols à répétition d’Evelyne Sincère. Sur les lieux, la sœur de la victime, Enette Sincère, dévastée, fait le récit de ses conversations avec les kidnappeurs qui ont exigé 100 000 dollars avant d’accepter 15 000.  « Il a appelé pour dire qu’il n’attendrait pas lundi parce qu’il n'y a pas de place », a expliqué Enette Sincère qui n’en finit pas de répéter à des journalistes qu’elle avait intercédé, « demander grâce pour sa seule petite sœur, sa princesse ». « J’ai demandé grâce et indiqué que j’apporterais l’argent après avoir fait des pirouettes »

Elle est revenue sur cette dernière conversation avec sa sœur, elle l'avait rassuré qu’elle ferait tout pour rassembler l’argent.


Dans un message publié sur son compte tweeter le 1er novembre 2020, le président de la République, Jovenel Moïse, exprime sa solidarité et ses condoléances aux parents d’Evelyne Sincère.



Le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), Rockfeller Vincent a lui aussi condamné cet acte crapuleux tout en exigeant des résultats concrets et rapides. « Je suis révolté devant l’assassinat de l’élève Évelyne Sincère. Cet acte criminel touche la Nation dans ses valeurs sacrées », a écrit le Ministre sur son compte tweeter.




Des cas similaires :


Depuis quelques années, Haïti est ébranlée par des actes de violence sans précédent. Les cas de kidnapping se sont multipliés ces cinq dernières années. Les Haïtiens vivent dans la peur des gangs armés, qui font la loi dans les quartiers populaires des grandes villes haïtiennes. Comme le rapporte Le Novelliste,


" En décembre 2015, malgré le versement d’une rançon de 50 000 dollars, les ravisseurs de Lencie S. Mirville, 23 ans, l’ont torturée, assassinée et ont balancé son cadavre dans un ravin, sur la route de l’Amitié. Sur son visage, il y a des bleus et sur ses lèvres des traces de sang. On l'a retrouvée avec un bras fracturé. Aucune perforation n’a été relevée sur son corps. Autour du cou, on a retrouvé ce qui ressemble à un chemisier. Il était noué comme s’il servait à la fois de bâillon et de bandage pour les yeux de la jeune femme, étudiante en agronomie à l’Université Quisqueya, membre du comité de jeunesse dans son église, animatrice de l’école du dimanche à la MEBSH. La police et la justice avait procédé à l’arrestation d’un mécanicien que la famille connaissait[...] Le 9 octobre 2020, vers 2 heures de l’après-midi, Marthe Romulus, 37 ans, au moment de faire la navette entre l’ancien et le nouveau local de l’entreprise d’import/export pour laquelle elle travaille, confie avoir a été interceptée ainsi que le chauffeur de son patron par six hommes lourdement armés portant l’uniforme de l’USGPN, à la rue des Miracles. Elle et le conducteur du véhicule ont été kidnappés et libérés après [...] "


Face aux enlèvements qui se multiplient depuis quelques mois. Certains internautes n'hésitent d'ailleurs pas à le rappeler. 






"Aujourd'hui, ce sont des enfants qui se font kidnapper, ce sont des personnes au volant de leur voiture qui se font kidnapper", rapporte Marie Rosy Auguste Ducena du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Une quinzaine d'enlèvements contre rançon ont été recensés depuis le début de l'année 2020 dans l'aire métropolitaine de Port-au-Prince a précisé à l'AFP Michel-Ange Louis-Jeune, porte-parole de la police nationale haïtienne (PNH), qui indique que des crimes similaires ont dû se produire sans qu'ils ne soient connus de la PNH. Les organisations de défense des droits humains dénoncent depuis plusieurs années l'implication d'élus dans la circulation illégale d'armes à feu qui favorise ces activités criminelles. "Le pouvoir législatif, de concert avec le pouvoir exécutif, a été impliqué dans la contrebande et, avec certains membres du secteur privé, faisait entrer des armes et munitions à profusion sur le territoire national"


source : Le Novelliste, Tripfoumi

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