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[ INTERVIEW ] Daniely Francisque : le théâtre pour transcender les maux.

Comédienne, autrice et metteuse en scène. Aussi bien à l'aise sur les planches que devant les caméras, son nom n'est plus à présenter. En à peine deux décennies, la comédienne a su s'imposer dans l'univers théâtral et cinématographique français, au point de se positionner comme l'une des figures antillaises majeures du 7e art français. Vous l'aurez compris, ce nouveau " Rencontre avec " est consacré à l'actrice martiniquaise Daniely Francisque. Face à nos caméras, elle est revenue sur son long parcours cinématographique et théâtral. Sans tabou, elle a aussi évoqué les violences sexuelles qu'elle a subi durant son enfance..




Photo : Georges-Emmanuel Arnaud

Le nom de Daniely Francisque, vous dit-il quelque chose ? Pas vraiment ? Non ? Peut-être ? A ce stade, vous devez sans doute réfléchir et vous demandez où l'avez-vous déjà entendu ? Vous ne voyez toujours pas ? N'insistez pas. Afin de dissiper vos doutes, sachez que ce nom fait figure de référence dans les domaines du cinéma et du théâtre tant au niveau antillais qu'au niveau national. En 20 ans de carrière, la comédienne affiche au compteur des apparitions marquées ou des premiers rôles dans une vingtaine de films et séries télévisées, une bonne dizaine de pièces de théâtre, sans oublier les doublages de voix pour le cinéma et les tournages publicitaires. De Luc Saint-Eloy, aux soeurs KANOR ( Fabienne et Véronique) en passant par Pascal Légitimus, Lucien Jean-Baptiste et Jean-Claude Flamand-Barny, cette femme de caractère, au charisme débordant a le mérite d'avoir collaboré avec les plus grands noms du cinéma antillais.


A la fois comédienne, actrice mais également autrice de pièces de théâtre et metteuse en scène, elle a su imposer son style dans un milieu d'ordinaire sexiste au sein duquel il faut surtout être un homme de type caucasien.


Vous l'aurez compris, ce nouveau " Rencontre Avec " est consacré à l'actrice martiniquaise Daniely Francisque, qui se dévoile face à nos caméras. Au cours de cette interview, elle est

revenue sur son long parcours cinématographique et théâtral. Sans tabou, elle a aussi évoqué les violences sexuelles qu'elle a subi enfant par celui qu'elle nomme désormais son bourreau, son père.





The Link Fwi : Bonjour Daniely Francisque, soyez la bienvenue sur The Link Fwi, premièrement qui êtes-vous, pouvez-vous présenter à nos lecteurs (trices) ?


Daniely Francisque : Bonjour à tous, je suis Daniely Francisque, actrice de cinéma, également comédienne et autrice de théâtre et aussi metteuse en scène. Je aussi co-directrice d'une compagnie de théâtre, qui se nomme la compagnie TRACK et qui se trouve à la Martinique. J'ai grandi en banlieue parisienne mais maintenant je suis installée dans mon île, la Martinique.


TLFWI : Comment êtes-vous entré dans le milieu de la comédie et du théâtre ? Quel a été le déclic ?


D.F : J'étais à l'université, j'étudiais les langues étrangères. Au moment de réaliser un dossier de recherche, j'ai découvert l'histoire de la colonisation et de l'esclavage. Je pense que ce fût même plus qu'un déclic, je dirais une vraie révolution. Cela m'a donné l'envie immédiatement et de façon irrépressible d'en parler et de monter sur scène pour cela. C'est donc à partir de ce moment que j'ai fais la rencontre du metteur en scène Luc Saint-Eloy qui m'a donné à cette occasion, ma première formation théâtrale, à mes 21 ans, en mettant en scène cette pièce qui s'appelait NEG PA KA MO montée avec des étudiants de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de l'Afrique. Ce fût un vrai succès puisque nous avons joué plus d'une dizaine fois en région parisienne.



Photo : Valérie Schaepelynk


The Link Fwi : Quels sont les acteurs, réalisateurs ou comédiens qui vous ont donné l’envie de faire du théâtre et du cinéma ?


Daniely Francisque : A vrai dire, cela s'est fait petit à petit. Je peux parler d'un cheminement. Je ne peux pas vraiment dire que quelqu'un m'a inspiré que j'ai voulu m'y mettre. J'ai commencé le théâtre par nécessité, celle de parler, de pousser un cri. Après, évidemment, il y a des professionnels qui m'inspirent comme Luc Saint-Eloy, qui est quelqu'un qui m'a initié d'une manière très particulière et très authentique, je suis vraiment contente d'être passée par là. Il y a aussi des grands de notre cinéma, parmi lesquels Euzhan Palcy, Darling Légitimus qui a été notre grand-mère à tous à l'écran, elle a joué notamment dans la Rue Case Nègre. Je me suis aussi tourné vers les séries et les films américains. Un acteur comme Denzel Washington m'a énormément inspiré. Il y en a d'autres mais j'oublie (rires).



TLFWI : Quelles ont été vos premières apparitions au cinéma et au théâtre ?


D.F : Si je devais évoquer un petit souvenir, ce serait " NEG PA KA MO ", cette première pièce que nous avons créé avec la troupe Marron dont j'étais responsable à l'époque. Nous étions une bande de jeunes étudiants antillo-guyanais et africains qui voulaient révolutionner le monde et qui trouvaient qu'il était absolument nécessaire de porter la voix de l'histoire sur les scènes de théâtre. Un bon souvenir. En ce qui concerne le cinéma, j'ai débuté avec un film, LA NOIRAUDE, court-métrage réalisé par les sœurs Kanor ( Fabienne et Véronique) sur Paris. Ce fût mon tout premier rôle au cinéma, même si j'avais fait quelques apparitions, par exemple dans ANTILLES SUR SCENE de Pascal Légitimus. J'y faisais mes débuts. On va dire que j'étais plutôt observatrice à ce moment là. Je suis très contente d'avoir posé ces premiers pas là car je sens que cela m'influence jusqu'à aujourd'hui, et je trouve que j'ai été très vite dans une justesse.


Daniely Francisque dans " Cyclones " pièce jouée à la Chapelle du Verbe Incarné (2017)



The Link Fwi : Quels sont les réalisateurs, metteurs en scène avec lesquels vous avez travaillé ?


Daniely Francisque : Evidemment Luc Saint-Eloy, cela ne s'est pas arrêté à la pièce NEG PA KA MO. Il m'a ensuite intégré dans sa compagnie avec laquelle j'ai commencé des projets professionnels. J'ai fait ma première tournée, avec un passage par la Guadeloupe, grâce à la pièce BWA BRILE qui était un hommage à Eugène Mona, cela remonte aux années 1990 à peu près. Il s'agissait d'une pièce qui explorait notre façon propre de nous exprimer, notre manière authentique d'être sur le plateau. J'ai travaillé avec Lucette Salibur en Martinique, mais aussi avec le jeune metteur en scène martiniquais Nelson Rafael Madel, ou encore mon co-directeur artistique Patrice Le Namouric, José Exelis et bien d'autres encore dont j'oublie les noms. Je travaille avec beaucoup de metteurs en scène plutôt caribéens mais pas que. En 2019, j'ai eu la chance de collaborer en tant qu'assistante et observatrice d'une mise en scène de Joël Pomera, un metteur en scène originaire de l'Hexagone. Au niveau des réalisateurs, il y a les soeurs Kanor et d'autres encore. Plus récemment, j'ai collaboré avec Eric Nadau sur IVANY son court-métrage. Après, c'est vrai qu'en 20 ans de carrière, j'ai eu l'occasion de traverser les univers de plusieurs réalisateurs et metteurs en scène et chaque rencontre était un enrichissement pour moi car les univers sont différents.



TLFWI : Quels sont les films, séries, pièces de théâtre dans lesquelles vous avez fait une apparition ou tenu un rôle ? ( les plus notables) :



D.F : Je pense à LA NOIRAUDE des soeurs Kanor, ou le magnifique film de Caroline Jules, qui est TOURMENTS D'AMOUR et qui a été tourné aux Saintes. Il m'a marqué tant au niveau personnel qu'artistique. Selon moi, c'est un magnifique film, un véritable bijoux de notre cinéma, qui a été récompensé internationalement. Je le recommande. Il y a également VIVRE de Maharaki qui a lui aussi reçu des récompenses internationales. Plus récemment, j'ai tourné dans ZEPON de Gilles Elie-dit-Cosaque, ou encore MAL NON'M du réalisateur Yannis Saint-Rose. Au niveau du petit-écran, j'ai eu un rôle dans des séries nationales parmi lesquelles TROPIQUES AMERS de Jean-Claude Flamand-Barny, ou encore dans GUYANE, ( saison 1 et 2) qui est une production originale de Canal + et dont les tournages ont eu lieu en Guyane. On me voit également dans TROPIQUES CRIMINELS, produit par France 2, dans la première et deuxième saison de cette série dans laquelle je fais plus qu'apparaître (rires). Il m'a été confié un rôle récurrent qui à chaque saison, j'ai l'occasion de développer mon personnage.



The Link Fwi : On sait également que vous écrivez des pièces de théâtre, qu’est -ce qui vous a poussé à devenir autrice et metteuse en scène ?


Daniely Francisque : A vrai dire, l'écriture n'était pas juste une idée. Il s'agissait de quelque chose qui était en moi, qui ne demandait qu'à s'exprimer. Je me suis rendu compte que j'ai toujours écrit, je n'y avais même pas prêté attention. En même temps c'est quelque chose de tellement naturel. Elle m'a longtemps accompagné. Plus jeune, j'avais mon journal intime, j'écrivais des histoires. Par la suite, j'ai rendu cela conscient. J'ai écrit NEG PA KA MO, mais également CYCLONES, qui est ma première oeuvre publiée, aux éditions Lansman. Sans oublier LADJABLES qui a été traduite aux Etats-Unis et qui va paraître très bientôt dans une anthologie du théâtre caribéen francophone, il s'agit d'une publication de l'Université de New York. A la question comment est venue cette idée ? Simplement par nécessité d'aborder certains sujets, mais aussi en écrivant, il s'agit d'explorer, de décortiquer et essayer de comprendre ces choses que je ne comprenais pas. C'est vraiment une quette de sens pour moi. J'ai une autre pièce que j'écris en ce moment et dont j'en parlerai prochainement. En attendant je continue de me questionner, d'explorer d'autres sujets et d'écrire.


TLFWI : Est-ce difficile d’être une femme mais surtout une femme noire dans le monde du théâtre et du cinéma ?


D.F : Je n'ai pas envie de voir ça comme une difficulté (rires). Alors là vraiment pas. J'ai envie d'être qui je suis et de travailler avec des personnes qui ont l'envie de le faire avec moi. Des personnes qui ont dépassé, ces préjugés d'origine, de couleur etc. Pour moi, ce sont des personnes qui ont évolué dans leurs pensées et qui ne voient pas cela comme un obstacle. Je me suis situé à l'endroit où ça ne pose pas de problème. Je ne considère pas le fait d'être une femme, d'être noire comme un handicap. Celui-ci vient des personnes qui ont un problème avec la représentation qu'ils se font de l'autre parce qu'il est différent de lui. Ces personnes là je leur souhaite bon cheminement. Me connaissant, je suis certaine de ne pas être handicapée, je vais bien, je suis bien dans ma peau et je suis contente d'attirer à moi des personnes qui ont l'envie de travailler avec moi. Je vais au-delà de ces frontières là.




photo : Valérie Schaepelynk

The Link Fwi : Dans le documentaire " Scolopendre et Papillon" on apprend que plus jeune, vous avez subi des violences sexuelles de la part de votre père. Quand cela a commencé et comment cette situation traumatisante s'est terminée ?


Daniely Francisque : SCOLOPENDRE ET PAPILLON a été une façon pour moi de lever un voile sur cette partie de ma vie. C'était surtout la première fois que j'en parlais publiquement, parce que j'ai suffisamment cheminé pour me sentir assez " solide" pour le faire. Je ne saurais pas dire quand ces violences ont commencé car, il faut savoir qu'un enfant ne sait pas dire, ne sait pas poser des mots dessus. Je suis donc incapable de dire quand elles ont commencé ou quand elles se sont arrêtées. Juste qu'à un moment, je me suis rendu compte qu'il y avait des choses qui n'étaient pas normales. Des choses qui me mettaient mal à l'aise et qui me rendaient triste. Après, au fur et à mesure, la conscience se réveille. Puis, en discutant avec d'autres jeunes femmes, j'ai compris qu'il y avait des différences, que ce que je vivais n'était pas normal. C'est lorsque je suis arrivée au Lycée, j'ai entamé des démarches, des procédures pour pouvoir dénoncer ces actes et qu'ils soient reconnus par la société, par un procès et que ces actes soient dénoncés etc. C'était aussi une façon pour moi de me libérer et aussi le fait de poser dessus le fait que ce n'était pas bien. Bien sûr, c'est très difficile d'en parler, de trouver les mots. Je pense que l'écriture est venue à ce moment là. L'écriture a été un moyen pour moi d'exprimer certaines choses. J'ai la chance d'être entourée, d'avoir à mes côtés des personnes bienveillantes qui m'ont aidé, accompagné dans tout le processus. C'est vraiment une chance que j'ai eu et ce n'est pas le cas de toutes les victimes de violences sexuelles.



TLFWI : Donc vous n'avez pas été rejeté, vous avez été accompagné, mais quelles ont été les réactions de votre famille et de vos proches ?


D.F : Les réactions ont été variées, mais globalement j'ai été soutenue et accompagnée. Ma famille s'est engagée à mes côtés. Evidemment sa créée des tensions vu que celui qui m'a agressé sexuellement pendant toutes ces années était un membre de ma famille. Le dénoncer a été une chose compliquée, pour l'enfant que j'étais. Puis, dans le regard des autres, dans notre culture antillaise, on ne s'attaque pas à ses parents, on ne renie pas l'un de ses parents. Ces derniers sont respectables jusqu'au bout. Je suis persuadé que j'aurais moins dérangé si j'avais gardé le silence. Cependant, j'étais consciente et convaincue que j'étais là pour briser un cercle infernal quoi qu'il m'en coûte. C'est quelque chose qui m'a donné beaucoup de force car il faut être extrêmement fort, déterminé, courageux et convaincu de la justice et de la justesse de ses sentiments ainsi que des actes que l'on va poser. En agissant comme cela, on se renforce soi-même. C'est à dire que l'on se rend justice. C'est très important et fondamental d'être juste avec soi-même quoi qu'il en soit ,quoi qu'il en coûte et quelque soit la personne contre laquelle on doit agir. Je pense surtout que j'ai agi pour moi et c'est l'essentiel.

Daniely Francisque dans TOURMENTS D'AMOUR


The Link Fwi : Comment se reconstruit-on d’un tel traumatisme ?


Daniely Francisque : Comme pour la question de la couleur et du fait d'être une femme noire dans le cinéma, je me suis rangé du côté de la bienveillance, du combat, de la révolte. Justement ces sujets là questionnent beaucoup et je relie beaucoup mon parcours artistique à cette histoire parce que c'est tellement confus, tellement incompréhensible, indescriptible que j'ai cherché les mots. J'ai essayé de comprendre, de décortiquer cette chose innommable par l'art, la création et par l'écriture. Chose incroyable, j'ai constaté que le procès de mon agresseur a eu lieu pratiquement une semaine avant la première fois où je montais sur scène. C'était lié. Je pense que cela m'a mise sur une voie qui est la mienne, et je considère mon cheminement artistique comme un cheminement initiatique. C'est bien plus que le fait d'aimer monter sur scène, c'est beaucoup plus profond que ça, beaucoup plus existentielle et ça le restera.


TLFWI : Quels seraient vos conseils pour toutes ces jeunes femmes, femmes ou les hommes qui subissent ou qui ont subi ce genre de violence ?


D.F : D'une certaine manière, je me sens responsable. C'est-à-dire que j'espère que mon cheminement pourra inspirer celles et ceux qui le vivent ou qui l'ont vécu au plus profond d'eux-mêmes. Je le dis, le combat pour soi vaut tous les combats. De plus, si je devais leur donner un conseil, c'est celui de se choisir, de s'aimer plus que tout, plus que quiconque. C'est très important de se choisir, de se battre pour soi-même et d'" être" , qui est un mot très simple que l'on utilise dans notre quotidien, mais ce mot ( être) c'est important, c'est une vraie mission de vie. Aussi, j'aimerais leur dire de prendre courage parce que plus on chemine plus cela requiert du courage et plus on cultive l'amour de soi. Personnellement, je n'espère choquer personne en disant cela, mais je ne me considère plus comme une victime, cela a été une étape nécessaire. Je ne mets pas le mot victime dans mon identité. Non, je suis une gagnante, une combattive et c'est très important. C'est une façon de prendre le dessus sur le négatif en prenant en compte notre vulnérabilité. Me concernant, il y a toujours cette petite fille blessée en moi. Cette fragilité, cette fébrilité, cette vulnérabilité font partie de moi, mais j'ai accepté de porter cette blessure et, je vais utiliser les mots de Césaire ( Aimé Césaire) : " j'habite une blessure sacrée". Elle m'habite, mais elle est sacrée. Elle ne me réduit pas, elle me fait grandir. En adoptant cette posture, on constate que ça change la façon de cheminer, me concernant, cela m'a aidé à changer la façon dont je me percevais.


Photographe : Valérie Schaepelynck



The Link Fwi : Le théâtre a-t-il aidé à cette reconstruction physique et psychique ?


Daniely Francisque : Je ne vais pas parler pour tout le monde, je parle en mon nom propre. Je crois que le théâtre m'a sauvé la vie. Je dirais même que l'expression artistique m'a permis d'extérioriser ce mal. Le théâtre et l'écriture théâtrale m'ont permis de pousser un cri entendu par tous. Pouvoir être entendu lorsque l'on s'est beaucoup tu, quand on a cultiver le silence qui a été une prison, c'est très libérateur surtout pour le corps. Au théâtre, on s'expose, cela oblige à dépasser énormément de choses lorsque ce corps a été l'objet de violence, de dégradation d'une certaine manière. Cet art là m'a surtout permis de poser des mots sur mes maux. De chercher, de comprendre les comportements humains. Cependant, l'expression artistique n'a pas été la seule aide. En effet, je me suis rapproché de professionnels, des psychologues qui m'ont aidé à formuler des mots à les répéter. J'ai aussi été voir des thérapeutes, ostéopathes etc cela m'a beaucoup aidé à chercher les endroits qu'il faut continuer à libérer, car il y a des traces, des marques des blocages qui sont bien présentes au fond de soi et il faut les libérer. Même dans le coeur, il y en a et c'est important de s'en défaire. Pour cela, il faut travailler à tous les niveaux pour se libérer, même spirituellement je l'ai fait. Je me suis questionner sur le sens de la vie, au sujet de notre propre cheminement sur terre etc. Cela demande de développer des compétences, pas seulement cérébrales comme faire des études, je parle ici de compétences humaines, relationnelles etc. Je n'ai peut-être pas toutes les réponses à toutes ces questions mais quelque part, je vais peut-être choquer plus d'uns mais cela m'a donné de la puissance. Cela ne m'a pas anéanti, au contraire. Je suis contente d'avoir été si bien entourée, si bien conseillée, d'avoir rencontré les bonnes personnes parce que ce n'est pas le cas de toutes celles et ceux qui ont vécu cela. Certaines vivent bien souvent un scénario différent. A savoir rencontrer des personnes malveillantes et qui les entraînent dans la même boucle, une sorte de spirale vers le bas. Personnellement j'ai su attirer des personnes positives qui m'ont aidé à cheminer vers le haut. Puis j'ai continué ma route toute seule..



TLFWI : En ce moment quelle est votre actualité ? Des productions ou des tournages en cours ?


D.F : Je me suis récemment rendu en Guadeloupe pour le tournage du film IVANY, un court-métrage écrit et réalisé par Eric Nadau. Si je ne trompe pas, il s'agit de son premier film. Il est à la fois fantastique à la fois polar , j'ai trouvé le scénario très intéressant car il explore un espace imaginaire caribéen autour des mythes et légendes caribéens. Je trouve donc intéressant d'investir cela dans une histoire contemporaine. Pour beaucoup, tous ces mythes et légendes viennent de nos grands-parents voire arrières grands-parents, alors que non, il y a matière à créer, imaginer et même en faire d'autres puisque si eux ont été capables d'inventer ces histoires, nous sommes aussi capables de le faire et c'est ce qui m'a plu. Mise à part cela, j'ai tourné il y a quelques mois dans la deuxième saison de TROPIQUES CRIMINELS. J'ai aussi tourné dans MAL NON'M de Yannick Saint-Rose en Martinique avec des équipes mixtes venant de la Guadeloupe et de la Martinique. En ce qui concerne le théâtre et la scène avec le Coronavirus, c'est un peu compliqué, mais je garde l'espoir de remonter sur scène, mais en tout cas mon prochain rendez-vous scénique se fera au Théâtre Aimé Césaire avec une pièce nommée " MOI FARDEAU INHERENT, d'ailleurs on a pu voir quelques extraits dans SCOLOPENDRE ET PAPILLON . C'est la première fois que je serai seule sur scène. Il s'agit d'un texte magnifique de Guy Régis Jr qui est un auteur haïtien et qui à travers son oeuvre aborde la question des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants. Donc, un thème qui me touche beaucoup. Pour l'écriture, je travaille sur un nouveau sujet sur la question de l'identité, de mon propre cheminement, je ne vais pas trop dévoiler mais il s'agit du même questionnement, ce fameux " qui suis-je ?" entre le ici ( la Martinique ) et le là-bas ( l'Hexagone), car comme vous le savez, je suis née en Martinique, mais j'ai grandi en banlieue parisienne, je suis revenue vivre sur l'île, donc il y a eu tous ces questionnements identitaires et personnels. En gros, je questionne le lien qu'il peut y avoir entre tout ça, à savoir l'histoire collective et mon histoire personnelle. L'écriture est donc là pour réfléchir et je suis à ce stade mais je n'en dis pas plus. (rires). J'aime convoquer toutes notre symbolique tout notre imaginaire collectif, nos légendes, notamment à travers la pièce LADJABLES que l'on a pu aussi voir en Guadeloupe. Il y a aussi ce projet de publication à New-York. Que dire ? Je suis béni (rires), c'est la joie. je sens que j'existe en terme d'écriture, de jeu d'actrice et puis toujours avec des projets qui me permettent de cheminer et de m'améliorer et j'en suis heureuse.


Daniely Francisque sur scène. Photo : Hervé Braneyre


The Link Fwi : Où pouvons-nous suivre votre actualité ? Êtes-vous sur les réseaux sociaux ?


Daniely Francisque : Alors, elle peut-être suivie sur les réseaux sociaux. Facebook, Instagram, où je parle de ma vie professionnelle mais pas que, je montre les coulisses de ma vie.


TLFWI : Daniely Francisque merci d'avoir répondu à nos questions.


D.F : c'est moi qui vous remercie.



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