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[ INTERVIEW ] KEMAY, son coeur fait Boum Bam Bam

Mis à jour : janv. 6

Kemay, ce pseudo ne vous dit sans doute rien mais pourtant, ce nouveau venu de la nouvelle scène musicale locale se fraie peu à peu un chemin. Fort de deux albums et deux singles, l'artiste n'est pourtant pas un novice dans le milieu musical. Issu d'une famille de musiciens, KEMAY est en passe de devenir un artiste incontournable de la créole soul music. Nous l'avons rencontré.



photo : @ELMS Photography

Lorsque l'on parle de la musique antillaise, on pense bien souvent au zouk ou à la biguine. Pourtant, depuis deux décennies, un changement s'est opéré au niveau de la jeunesse de ces deux îles. Celle-ci s'est tournée vers de nouveaux styles musicaux, érigeant au passage, la Guadeloupe et la Martinique comme des terres de foisonnement de cette musique urbaine, sauce créole.


En effet, loin des clichés dans lesquels les dits médias spécialisés hexagonaux nous ont toujours cantonné. A savoir la Compagnie Créole, Francky Vincent ou encore Kassav avec leur tube, "zouk la sé sèl médikaman nou ni", " Alice ça glisse " etc, la musique créole est désormais teintée de sonorités nouvelles. Bénéficiant de l'apport des musiques jamaïcaines, nord-américaines et même africaines. Elle dépasse nos frontières et conquiert de nous fans grâce aux streams audios et vidéos. Une génération d'artistes est apparue et, ils sont bien décidés à apporter leur toucher à cette musique locale. Fini donc le temps où nos artistes étaient boycottés par les labels et studios nationaux.


Parmi tous ces "nouveaux" talents il y a KEMAY, ce pseudo ne vous dit sans doute rien, mais pourtant, ce nouveau venu dans la nouvelle scène musicale locale se fraie peu à peu un chemin. Présents depuis de nombreuses années dans le milieu underground, l'artiste guadeloupéen a à son actif deux singles. Issu d'une famille de musiciens, le chanteur guadeloupéen originaire de Petit-Canal, est en passe de devenir un artiste incontournable de la créole soul music. Nous l'avons rencontré.



The Link Fwi : Bonjour Kemay, bienvenue sur The Link Fwi, premièrement qui es-tu, peux-tu te présenter à nos lecteurs et lectrices ?


Kemay : Bonjour moi, c'est Kemay, artiste de musique urbaine, originaire de la Guadeloupe, plus exactement de la commune de Petit-Canal. Je fais de la musique depuis ma jeunesse mais depuis quelques années, je me professionnalise. Sinon merci de me recevoir sur The Link Fwi.



TLFWI : Quel est ton parcours musical ? Comment es-tu entré dans la musique ? Quand t’es tu dis que c’est la musique que “ je veux faire ça de ma vie ? “


Kemay : Comme je le disais, ma passion pour la musique a débuté très jeune. Quand tu es petit, tu vas dans des concerts, comme ceux d'Admiral T et que tu vois c'est ce qui te plaie, tu comprends que c'est ce que tu feras un jour. Après, mon engouement a véritablement commencé grâce à mon père. Il écoutait beaucoup de musique, surtout la musique haïtienne C'est par cette occasion que je commençais à répéter les sons, à chanter, à faire des quintes, des tiers avec lui, même si je ne comprenais absolument rien vu que c'était du créole haïtien (rires). Après, j'ai aussi été influencé par les autres membres de ma famille, qui sont très ancrés dans le monde de l'art et de la culture en Guadeloupe, avec la danse, le chant, le gwoka. En fait, je suis comme Obélix (rires) : " je suis tombé dans la marmite depuis tout petit". En ce qui concerne mon parcours musical, j'ai débuté dans l'underground, avec un premier titre intitulé " Petit Haïtien", après j'ai eu quelques autres projets underground. Je me suis essayé à différents styles musicaux allant de la dance-hall au hip-hop, en passant par la soca, jusqu'en 2018, date à laquelle j'ai sorti " Si kan" qui était véritablement mon premier single et projet musical abouti. Il était un peu festif, mais avec un message qui relatait les problèmes de notre archipel mais également le racisme, le problème du CHU etc. Pour ce clip, j'ai collaboré avec Nine Seven Picture qui est basé sur Montpellier. Ensemble, nous avons réalisé un clip un peu loufoque en mode marionnettes etc. Nous sommes allés si je peux dire, au bout de notre folie (rires). Au final, les retours ont été positifs, le public a aimé. Aujourd'hui encore, j'en garde un bon souvenir. Par la suite, j'ai rencontré mon manager Joboy, ( Jonathan Carbot) que je salue. La collaboration avec lui a commencé en décembre 2019, résultat, "Je suis piqué " est le premier titre qui a été diffusé le 6 Mars 2020, quelques jours avant le confinement. Ensuite, nous avons sorti " Aya" le 06 Juillet 2020, soit quelques semaines après le déconfinement et aujourd'hui, je suis en Guadeloupe pour parler de la suite et de mes projets à venir.



The Link Fwi : Du coup, quelles sont tes influences et quels sont les artistes qui t’ont donné l’envie de faire de la musique ?


Kemay : Les artistes qui m'ont vraiment influencé ? Alors, on peut noter Busta Rhymes. J'aimais beaucoup son côté énergétique sur scène, ses fast styles quand il débitait ! J'aimais aussi Usher pour son côté lover et ses chansons mélodieuses mais aussi pour la danse. Après au niveau local, j'ai été très influencé par des artistes de la scène hip hop créole. On peut citer Fuckly, Darkman, Riddla, mais également la scène dance-hall, par exemple : Admiral T, KRYS et bien d'autres artistes qui ont marqué la musique de l'époque. J'écoute aussi beaucoup de zouk, zouk rétro avec par exemple Kassav, Patrick Saint-Eloi, Jean-Michel Rotin etc. Après je puise mon inspiration dans diverses influences qui ne viennent pas forcément que du local. A vrai dire, ma culture musicale est assez large, on peut dire que je suis éclectique.



TLFWI : Comment qualifierais-tu ta musique et d’où puises-tu tes inspirations ?


Kemay : On peut dire que je fais de l'afro-pop urbaine. De la musique urbaine, dans laquelle on retrouve de la dance-hall, du hip-hop ou du rap, de l'afrobeat mais avec des sonorités créoles, des sonorités caribéennes.




Photo : ELMS photography


The Link Fwi : Quels sont tes thèmes de prédilection ?


Kemay : Honnêtement ? La femme (rires). Elle est tellement présente dans ma vie. Je suis entouré que de femmes. A savoir que j'ai ma mère, j'ai une seule sœur avec qui j'ai une relation fusionnelle. J'ai aussi beaucoup de tantes, beaucoup de cousines. Puis, j'aime la femme, je courtise la femme et j'écoute la femme, car c'est important d'écouter la femme. Après, j'aborde d'autres thèmes, je peux par exemple parler de mon expérience, de ce que je vis tous les jours, de ce que mes proches vivent aussi . Mais, il est vrai que je m'inspire de ma vie tout simplement pour écrire mes textes.



TLFWI : Sur la plupart de tes chansons on voit que tu mélanges les deux langues, “ créole”, “ français” est-ce un choix stratégique, en gros vouloir toucher un public à la fois francophone et créolophone ?


Kemay : Je ne pense pas qu'il y ait une stratégie particulière. Comme tous guadeloupéens, j'ai été élevé avec les deux langues. A savoir le français et le créole. J'utilise donc les deux langues dans mon quotidien. Pareil pour mes textes. Je peux écrire en français comme en créole, en fonction de mon inspiration. Il n'y a pas de stratégie au sens où je vais écrire un couplet en français un refrain en créole, j'écris en fonction de ce qui me vient par la tête. En fonction de l'instru, si je trouve que le texte sera mieux en français, je l'écris donc dans la langue de Molière et si je sens que le titre sera plus percutant en créole je l'écris donc en créole et par moment je peux aussi écrire dans les deux langues.



The Link Fwi : Combien d’albums ou d’Eps as-tu à ton actif ?



Kemay : Si je devais parler des projets les plus aboutis, on va dire que j'ai trois singles à mon actif. Comme je l'ai évoqué, en 2018, il y a eu " Si kan ", " Je suis piqué " qui est sorti le 6 Mars 2020 et enfin " Aya " diffusé en Juillet 2020. Après, comme l'ai aussi expliqué, j'ai sorti d'autres projets underground qui n'ont pas eu la même portée médiatique et commerciale. Il faut dire qu'à cette période je me cherchais encore. J'étais encore à l'essai (rires).




TLFWI : Dans “Le turfu dans le vocer”, tu varies les styles dancehall à des sons plus festifs, voulais-tu donner un peu plus de rythme, de folie à cet album ?



Kemay : A cette époque je me cherchais musicalement. Par exemple, j'avais même fait un kizomba c'est pour dire (rires), c'était pour tester. Mais, c'est vrai que lorsque tu es jeune, tu commences dans la musique, tu essaies différents styles musicaux. C'est la raison pour laquelle, pour ce projet là, je variais les styles.




photo : @ELMS Photography




The Link Fwi : En tant que jeune artiste quelle est ta vision de la nouvelle scène musicale créole et locale ?


Kemay : Depuis quelques années, je constate que la scène musicale locale s'est étoffée. Il y a de nombreux artistes talentueux que l'on peut découvrir grâce à Youtube, les réseaux sociaux et les streams et qui font un excellent travail. On en découvre quotidiennement, et je trouve cela vraiment intéressant car selon moi, plus il y a des artistes, plus il y aura de force dans le milieu urbain et plus la musique urbaine antillaise pourra se faire une place sur le marché national et même ailleurs. Comme on dit, plus nous seront nombreux et mieux ce sera. Du coup, j'ai une grosse pensée pour tous ces artistes qui font bouger les lignes, je sais que ce n'est pas facile mais il faut essayer et surtout ne jamais lâcher.



TLFWI : Donc selon toi, les labels nationaux ou les maisons de disque prendraient plus au sérieux, la musique antillaise mais surtout la musique urbaine antillaise ? Il aura fallu donc le passage de MERYL sur Skyrock pour qu'on considère nos artistes ?


Kemay : Je pense qu'il faudrait plus d'événement de ce genre, à savoir le passage de MERYL sur SKYROCK pour qu'on puisse avoir une plus grande visibilité au niveau national. Je félicite donc les artistes qui peuvent faire ces choses et qui par la même occasion permettent à d'autres artistes locaux de se faire connaître à un public plus large, kon nou ka di an kréyol on lanmen ka lavé lòt, c'est donc super car, plus il y aura d'événements de ce type plus cela nous permettra, nous artistes antillais de nous professionnaliser et plus la musique urbaine antillaise sortira de ses frontières et pourra conquérir de nouveaux territoires. Puis qui c'est peut-être qu'un jour, il y aura plus de disques d'or, on ne sait jamais. Comme je le dis, il faut que l'on vise le plus loin possible, que l'on se professionnalise ce qui nous permettra d'ouvrir des portes qui jusque là nous étaient fermées.


TLFWI : Et toi à ton niveau, quelle est ton actualité ? As-tu prévu de sortir un autre projet clip, single, EP ?


Kemay : Me concernant, ma prochaine étape est la sortie de mon prochain single " Boum Bam Bam ", il sortira le 13 Janvier prochain sur toutes les plateformes y compris Youtube. Sur ce titre, je parle de la relation de couple, mais surtout ma vision de la relation de couple avec la personne avec laquelle mon coeur fait " boum bam bam " (rires). En gros, il s'agit de la personne avec qui l'on se voit s'investir. Il s'agit donc d'une relation qui suit son cours naturellement. Pas besoin de trop parler. Il n'y a pas de jalousie, de tromperie etc. On vit la chose sans prise de tête.



Photo : @ELMS Photography



The Link Fwi : Où pouvons-nous suivre ton actualité ? Es-tu sur les réseaux sociaux ?


Kemay : Effectivement je suis sur les réseaux sociaux. Je suis sur Instagram et Tik Tok : kemay_music, sur Twitter : kemaysmall et sur Facebook ma page fan : kemayofficiel donc connectez-vous. On est ensemble la souche.



TLFWI : Merci Kemay


Kemay : c'est moi qui vous remercie ce fut un moment agréable.






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