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Kompromat sauce créole, Hilaire Brudey au coeur d'un scandale sexuel.

C'est une histoire qui tombe bien mal pour les membres du Parti Socialiste guadeloupéen surtout à quelques mois des élections régionales. En effet, leur président, Hilaire Brudey qui est aussi le maire de Terre-de-Haut a envoyé par erreur une photo de ses parties intimes sur un groupe WhatsApp professionnels. Depuis, des appels à la démission se font entendre même dans les rangs socialistes.




Hilaire Brudey est-il la victime d'une potentielle machination visant à saboter le Parti socialiste en vue des prochaines élections régionales qui auront lieu les 13 et 20 Juin prochains ? Ou est-il la victime de son propre camps ? En attendant d'avoir le fin de mot de l'histoire, ce dernier, qui a été réélu brillamment en 2018 ( 215 voix en sa faveur) à la tête de la Fédération socialiste est au coeur d'une polémique des plus surprenantes.


Le maire de Terre-de-Haut aurait envoyé par erreur une photo de son phallus ( pénis) sur un groupe WhatsApp professionnel sur lequel on retrouve, entre autre des hommes politiques, des personnalités publiques et des professionnels du monde économique. Explication par nos confrères de PeopleBokay qui ont été parmi les premiers à relayer l'information :


Le 4 mars dernier, celui qui est aussi maire de Terre-de-Haut a envoyé une photo de ses parties intimes dans un groupe whatsapp. Il faut savoir que celui-ci est composé essentiellement de la presse et de politiques guadeloupéens de tout bord. Les réactions choquées ou encore moqueuses n’ont pas tardé. D’autant que le caractère accidentel était évident. L'histoire aurait pu s'en tenir là sauf que des captures d'écran ont été réalisées par au moins un des membres, puis largement partagées depuis le début de cette semaine, parfois détournées, parfois accompagnées de commentaires désobligeants, moqueurs ou même outrés. Une circulation importante de l'image qui a provoqué hier la réaction du secrétaire de la fédération socialiste locale sur son Facebook, reconnaissant cette erreur et le caractère inapproprié de la diffusion.


En attendant, des associations de femmes et de nombreux citoyens de Guadeloupe exigent la démission pure et simple d’Hilaire Brudey. Au sein du PS local, c'est la consternation. Il semblerait que plusieurs militants socialistes affichent également leur désapprobation « face à de telles déviances ». Certains même se désolidarisent de leur tête de file et invitent ce dernier à démissionner de ses mandats électoraux. Evidemment l'intéressé s'y refuse et se dit être la victime de cyber-harcèlement et, selon lui, serait surtout la victime d'une machination politique reposant sur des intentions politiques malveillantes venant de ses détracteurs qui tenteraient de masquer d'autres affaires plus graves... Par ailleurs, l'élu a menacé de porter plainte contre tous ceux et celles qui continueraient de diffuser cette capture d'écran.


Communiqué de presse d'Hilaire Brudey :


« Chers amis, depuis quelques jours une photo partagée par mégarde sur un groupe whatsapp me vaut de subir un cyber-harcèlement que rien ne peut justifier.

Je regrette le caractère inapproprié de cette photo, dès lors que celle-ci se trouve sortie du cadre privé.

J’ai immédiatement effacé ce partage involontaire après sa diffusion. D’autres, à l’inverse, ont fait le choix délibéré de le relayer massivement avec des intentions malveillantes et des arrière-pensées politiciennes évidentes, au risque d’être passibles de poursuites que je n’hésiterai pas à déclencher.

Car, il s’agit, dans une période préélectorale, de nuire à ma personne, à ma majorité municipale et à mon parti politique, tout en cherchant à masquer des affaires très sérieuses – politico-financières ou de mœurs – que nous dénonçons et qui sont étayées par des procédures judiciaires ou des plaintes.

Cet épisode montre que certains ont intérêt a ce que la campagne électorale à venir soit sale et sans rapport avec les enjeux de la Guadeloupe d’aujourd’hui et de demain. Qu’ils comptent sur nous pour les ramener aux vrais sujets qui préoccupent nos concitoyens ».

Hilaire Brudey

Le 11 mars 2021.





Une petite histoire des scandales sexuelles :


En moins de trente ans, dans le monde politique, le scandale sexuel s'est imposé comme l'arme la plus efficace pour éliminer ses opposants. Des pays s'en sont fait une spécialité, parmi eux la Chine, Cuba, le Vietnam, les ex pays de l'Est, certains pays d'Afrique, mais c'est surtout la Russie qui est la spécialiste du " Kompromat". Depuis l'avènement de Vladimir Poutine, c'est même devenu l'arme préféré du Kremlin bien avant les assassinats et les empoisonnements d'opposants. Par exemple, dans les services de renseignements russes, GRU, FSB, il y a une section spéciale, son nom les "hirondelles". Ces bataillons peu ordinaires sont composés principalement de femmes ( il y a une minorité d'hommes), très jolies, super entraînées, polyglottes pour la grande partie, sportives. Leur rôle est de charmer les diplomates, les hommes ou des femmes politiques russes, ainsi que les hommes d'affaires, tous opposants du maître du Kremlin. Ces professionnelles vont même jusqu'à la relation sexuelle. Problème, ces relations sexuelles pourtant consenties sont filmées à l'insu de la personnalité. Celle-ci peut aussi par mégarde envoyer à " sa compagne" ou son " partenaire d'un soir" des photos très intimes de lui. C'est là que le chantage commence. L'objectif est l'élimination de la cible de toute vie publique.


La technique du chantage sexuel s'est propagée en Occident, et de plus en plus, on voit des personnalités publiques tombées dans des scandales sexuelles dont les conséquences sont désastreuses. En France, dernière en date, l'affaire Benjamin Griveaux du nom du député LREM, ancien candidat à la Mairie de Paris et qui avait été au coeur d'un scandale suite à la divulgation de vidéos privées à caractère sexuel par Piotr Pavlenski qui assurait aux enquêteurs vouloir « dénoncer l’hypocrisie » du candidat LREM, qui faisait selon lui campagne en mettant en avant « les valeurs familiales traditionnelles ». Malgré le soutien unanime de l'ensemble de la classe politique, Benjamin Griveaux finira par se retirer des Municipales.

Au niveau international, d'autres affaires ont fait les choux gras de la presse à scandale. Evidemment les plus médiatiques, celle de Gary Hart qui en 1987 se retrouve empêtré dans un scandale sexuel. Favori à l’investiture démocrate des élections de 1988. Mais le 30 avril, le Miami Herald révèle que l’homme politique entretiendrait une liaison avec une femme nommée Donna Rice, ancienne Miss Caroline du Sud. Des photos compromettantes sont publiées et la candidature de Hart commence à vaciller. Le thème de l’adultère devient le centre des questions à son sujet, qu’il repousse en permanence. Il ne niera jamais les faits. Face à l’incroyable pression médiatique, Hart annonce prendre du recul dans la campagne et ne sera jamais désigné candidat démocrate à la présidentielle américaine. Pour de nombreux spécialistes, cette affaire est un tournant majeur dans l’histoire politique américaine, avec l’intrusion des médias people dans la vie privée des représentants politiques. Ce scandale a inspiré un film avec Hugh Jackman dans le rôle de Gary Hart, The Front Runner, sorti début 2019. Autre affaire, celle du Sofitel avec un Dominique Strauss-Kahn patron du FMI et potentiel candidat à la présidentielle de 2012 face à une employée de chambre Naffisatou Dialo ou encore le Lewinskygate en 1998 et dans laquelle l'ancien président des Etats-Unis Bill Clinton avait eu des relations sexuelles avec sa stagiaire et collaboratrice, Monica Lewinsky. En Italie, le sulfureux homme d'affaires et ancien premier ministre Silvio Berlusconi était au coeur de plusieurs scandale à caractère sexuel. Il fut notamment accusé d'avoir sollicité les prestations sexuelles d'une mineure, surnommée Ruby, de février à mai 2010. Il est également mis en cause pour avoir fait pression sur la police pour obtenir la libération de cette jeune femme à la suite d'un délit. Autre affaire, celle d'Anthony Weiner, député prometteur du Parti Démocrate américain, envoie par erreur sur son compte Twitter une photo compromettante destinée à une jeune femme. Weiner commence par démentir être l’auteur de cette photo et accuse des hackers. Le média d'extrême droite Breitbart News révèle quelques jours plus tard qu’il en était bel et bien l’auteur. L’affaire devient une affaire d’Etat quand le président Barack Obama intervient et réclame la démission d’Anthony Weiner, qui s’exécute. L’histoire aurait pu s’arrêter là mais en 2013 on apprend que l’homme politique, qui tente à ce moment-là un retour sur la scène médiatique, envoie des photos dénudées à une femme de 22 ans sous le surnom de “Carlos Danger”. Le coup de grâce intervient en septembre 2016 lorsque le Daily Mail révèle que Weiner envoie aussi des photos de lui nu à une fille de 15 ans. Un an plus tard, il est condamné à 21 mois de prison.


En politique, la question de l'image est très importante et pourtant nombreux sont ceux et celles qui l'oublient encore. Affaire à suivre.