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Coronavirus : Au Brésil, Jair Bolsonaro est un coronasceptique convaincu.


Le Coronavirus a surpris tous les chefs d'état à travers le Monde tant par sa létalité que sa rapidité de propagation. A ce jour, aucun pays ne peut dire qu'il est épargné par l'actuelle pandémie qui a fait 183 027 décès, pour 2 623 415 cas confirmés et environ 709 000 personnes guéries, ce qui a entraîné le confinement de 3 milliards d'individus, pourtant un homme continue de ne pas y croire, son nom Jair Bolsonaro , président du Brésil.


De l'Asie où il a commencé en passant par l'Afrique qui est encore relativement épargnée, sans oublier l'Europe continent le plus touché et le continent américain, nul ne peut dire à ce jour qu'il n'est pas concerné par l'actuelle pandémie qui frappe les hommes et ébranle les principales places financières mondiales.


Officiellement, le virus a débuté au début du mois de Novembre 2019, sur un des marchés d'animaux sauvages de la ville de Wuhan capitale de la province de Hubei en Chine. Depuis, le virus a parcouru le globe et, dans chaque pays, il a fait son lot de victimes. A vrai dire, le Coronavirus a surprit la grande majorité des chefs d'Etat de la planète tant par sa létalité que par sa rapidité de propagation. Selon les dernières les données de l'Université John Hopkins basée aux Etats-Unis, il y aurait plus de deux millions de cas confirmés et 183 027 morts mais choses positives 709 694 personnes guéries dans le Monde.


Alors, pour faire face à cette épidémie d'une ampleur inégalée, les gouvernements adoptent différentes méthodes. En Asie, dès le début, les Etats ont mené des campagnes de tests sur la population, ils ont appliqué un confinement total et sévère et ils ont eu recours à la distanciation sociale et à la technologie ( la reconnaissance faciale des personnes malades). En Europe, les méthodes diffèrent entre les pays de la zone euro. L'Allemagne par exemple, a systématiquement tester sa population à grande échelle tout en imposant le confinement et la distanciation sociale tout en faisant confiance à la discipline allemande, tandis que la France, elle, après des jours de retard, a finalement imposé un confinement total très stricte, une distanciation sociale, ce qui selon les spécialistes a permis de sauver la vie de beaucoup de français, désormais les tests se feront à plus grande échelle. En Europe du Nord, le Danemark a choisi le confinement stricte et le test à grande échelle mais aux Pays -Bas et en Suède, les gouvernements de ces deux pays ont préféré ne pas confiner leurs populations pour favoriser l'immunité générale et préfèrent jouer sur le civisme. Aujourd'hui, on voit les conséquences dans ces deux pays où le nombre de cas augmente.


Si pendant très longtemps c'est en Europe qu'il tuait le plus, avec en tête l'Italie ( 187 327 cas confirmés,51 600 personnes guéries et 24 648 décès), l'Espagne ( 208 389 cas confirmés, 85 915 personnes guéries et 21 717 décès) et enfin la France ( 119 151 cas confirmés, 40 657 personnes guéries et 21 340 décès), c'est désormais aux Etats-Unis que la tragédie se joue. A ce jour, on comptabilise, 852 703 cas de covid-19, 77 210 personnes guéries mais 47 750 décès. Pendant très longtemps le sulfureux président Donald Trump rechignait à appliquer le confinement le plus stricte par crainte d'un possible effondrement des marchés, entraînant dans la foulée une hausse du chômage. Fortement critiqué, le 54e président le plus décrié de l'histoire américaine a bien dû s'y résoudre. Ce confinement total a accru le nombre de chômeurs ( 22 millions en moins de trois semaines) puisque le chômage partiel n'existe pas aux USA. De plus,il a donné lieu à une augmentation du taux de pauvreté et des inégalités de toutes sortes. Un coup dur pour le fantasque président américain qui avait basé sa politique sur le plein emploi.

Jair Bolsonaro le coronasceptique :


Pourtant ailleurs dans le Monde, plusieurs chefs d'Etat refusent encore de croire en la dangerosité du virus. Parmi eux on retrouve des dictateurs tel que Loukachenko en Biélorussie qui qualifie la pandémie de " psychose", Berdmoukhammedov du Turkménistan, Daniel Ortega au Nicaragua, bien à contre-courant des recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé, son gouvernement continue de promouvoir les manifestations publiques comme les festivals, les fêtes populaires et même les activités sportives telles que des matchs de football et de baseball. Puis, on retrouve, Jair Bolsonaro, président démocratiquement élu du Brésil. On savait qu'il était homophobe, misogyne, raciste, antisémite mais désormais, l'ancien colonel est un coronasceptique convaincu. Il ignore volontairement les avis de l'OMS et des épidémiologistes de son pays.


En effet, l'ancien militaire désormais président du deuxième pays le plus peuplé du continent américain, 210 millions d'habitants, évoque même Dieu comme seul protecteur du peuple brésilien; « Il faut l'affronter la tête haute, Dieu est avec nous » tout en critiquant les gouverneurs, les maires qui appliquent le confinement et la distanciation sociale, les qualifiant de lâches. Pour lui, seuls comptes l'économie du Brésil déjà en grande difficulté depuis plusieurs années et la sauvegarde des emplois « Ce que nous entendons le plus, ce sont des personnes qui veulent revenir à la normale. Depuis le début, je dis que nous avons deux problèmes, le virus et le chômage. (...) Je ne défends pas l'économie, je dépends les emplois. (...) C'est impossible de comprendre que les conséquences du chômage, c'est ce qui va tuer les gens? », s'est exclamé le président.


Quant à ceux qui osent se confronter à lui, il les limoge tout simplement. Jeudi dernier, le très populaire ministre de la santé, Luiz Henrique Mandetta, médecin orthopédiste de profession en a fait les frais. L'ancien ministre de la santé préconisait une approche scientifique de l'épidémie; ce qui comprend des mesures de distanciation sociale, de quarantaine, ainsi que le confinement d'une grande partie du Brésil. Des positions soutenues par les maires, les gouverneurs des villes et des Etats mais, très éloignées de celles du président Bolsonaro qui considère le coronavirus comme une simple « grippète », un « petit rhume ». Jusqu'à présent celui-ci mène une vie publique dans le plus grand des calmes. On le voit en visite officielle un peu partout au Brésil, serrant des mains, prenant des photos, le tout sans gants ni masques. Ces dernières semaines, les deux hommes se sont confrontés en public comme en privé, ce qui a fortement fâché Jair Bolsonaro qui avait à plusieurs reprises menacé de renvoyer son ministre de la santé. Il a donc mis sa parole à exécution même si 76% des brésiliens interrogés ont approuvé la manière dont le populaire ministe a géré la crise, contre 39% pour le président.


Il n’est pas certain que le nouveau ministre de la Santé de Bolsonaro sera meilleur pour le président d’extrême droite. Jeudi après-midi, Bolsonaro a remplacé Mandetta par Nelson Teich, un oncologue et responsable de services de santé, qui ne partage apparemment pas non plus la vision du président sur la manière de gérer la crise du coronavirus. Dans des articles récemment publiés, Teich a approuvé des mesures de confinement à grande échelle et a déploré la nature polarisée du débat. Teich a écrit: «C’est comme s’il y avait un groupe axé sur les personnes et la santé et un autre sur le marché, les entreprises et l’argent, mais cette approche divisée, antagoniste et peut-être radicale n’est pas celle qui aidera le plus la société à surmonter ce problème.»


Pendant ce temps, le Covid progresse. Introduit par les élites blanches habituées à voyager, le virus menace désormais de se propager aux favelas surpeuplées des grandes villes. Officiellement, au Brésil, il y aurait 45 757 cas enregistrés, 24 325 personnes guéries et 2 906 décès. Toutefois, ces chiffres sont nettement inférieurs aux chiffres réels, car, les tests sont rares et même ceux qui ont la chance d’être testés doivent attendre longtemps les résultats, car les laboratoires sont débordés. Le ministère de la Santé ne sait pas combien de tests ont été administrés à l’échelle nationale. Ce qui fait craindre le pire pour les plus pauvres. Mais, le président campe sur ses positions, d'ailleurs selon lui, « il suffirait d’isoler uniquement les seniors et les personnes à risque, et de laisser les autres travailler normalement, au lieu du confinement généralisé »


Une position qui agace l'ensemble de la classe politique brésilienne et même ceux de son propre bord politique. Dans la presse, il est ouvertement critiqué par la quasi totalité des journaux du pays et même les généraux de l'armée, qui l'ont pourtant soutenu lors de la campagne présidentielle sont irrités. Il faut dire que Jair Bolsonaro a participé dimanche 19 Avril, à une manifestation de militants pro-militaires et anti-confinement. 600 personnes parmi lesquelles des femmes, des enfants, des personnes âgées, des nostalgiques de la dictature s'étaient réunis devant le quartier général de l'armée à Brasilia pour réclamer une intervention militaire et la fermeture du Congrès et dans une moindre mesure, la fin du confinement.Une attitude pas très démocratique pour un président qui a été élu démocratiquement. On le savait déjà, Bolsonaro a toujours été un fervent défenseur de l'ancienne dictature militaire mais, cette fois son intervention jugée anticonstitutionnelle fortement critiquée par les responsables politiques, un haut magistrat et par les militaires eux-mêmes qui disent obéir à la Constitution. Sans doute, l'intervention de trop puisque, la justice a ouvert une enquête contre lui.


Le bras de fer entre Jair Bolsonaro et la classe politique sur la gestion de la crise sanitaire n'est qu'à son commencement. En attendant, une majorité de 68 % des Brésiliens approuvent le confinement malgré son impact sur l'économie, selon un sondage de l'institut Datafolha publié samedi. Le chiffre est toutefois déclinant, puisqu'il était de 76% début avril.

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