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Maître Alex Ursulet peut continuer d'exercer sa profession

Alex Ursulet est l'un des plus grands avocats pénalistes de France. Durant sa carrière, il a défendu, les plus indéfendables comme le tueur en série Guy Georges. Sauf, que cette fois, ce n'est pas pour des affaires retentissantes qu'on parle de lui. En effet, l'avocat martiniquais accusé de viol par l'une de ses anciennes stagiaires risquait sa carrière par rapport aux accusations qui pèse contre lui pensait le radier. Finalement, le Barreau de Paris a opté pour laisser l'avocat continuer d'exercer sa profession. C'est un ouf de soulagement pour l'un des plus grands avocats de la capitale mais cela ne signifie pas qu'il a fini avec la justice.





En janvier dernier, nous vous l'annoncions, me Alex Ursulet risquait la radiation du barreau de Paris. La raison ? L'avocat qui figure parmi les références dans le métier est accusé de viol par une de ses anciennes stagiaires.


Depuis trente ans, il est l'un des meilleurs avocats pénalistes de France. A son actif, des procès retentissants dont certains sont entrés dans l'histoire de la Justice française. Ses clients sont des 1er ministres parmi lesquels Iddisa Seck ou celui du Vanuatu mais aussi le LKP de Guadeloupe, Alfred Marie-Jeanne à l'époque dans la tourmente judicaire. Cependant, une part importante de la notoriété, notamment médiatique, d’Alex Ursulet en France résulte du fait qu’il fut l’avocat (avec Frédérique Pons) de l’un des plus célèbres et terrifiants tueurs en série français : Guy-Georges, « le tueur de l’est parisien », assassin et violeur de sept femmes et dont il a recueilli l'ensemble des avoeux. Au cours de sa longue carrière, l'avocat martiniquais a le mérite d'avoir défendu les indéfendables : criminels de guerre, hommes politiques accusés de corruption comme l'ancien maire de Grenoble Alain Carignon ou encore Alfred Marie-Jeanne. L'avocat a aussi été amené à défendre de grandes figures du banditisme, mais aussi des victimes d'actes terroristes comme lors du procès de Rachid Ramda, des syndicalistes et dernière affaire en date qu'il défend encore aujourd'hui, le procès du Chlordécone.


Loin de se cantonner uniquement au Droit, il aussi flirté avec la politique et notamment avec la droite française. Marié à Frédérique Pons, fille du Ministre Bernard Pons dont il a aussi été conseiller et plume ( auteur de ses discours). L'avocat a aussi milité pour le RPR du temps de Jacques Chirac pour lequel il fera campagne en 1995. Il troque la robe pour un temps pour le costard de la politique, en 1993, en devenant conseiller régional de la Martinique et donc le plus jeune conseiller régional de France, il avait 29 ans.


Lorsqu'il reprend les droits chemin des tribunaux, c'est aux côtés du ténor des ténors, Jacques Vergès qu'il signera son grand retour. Dans une interview donné au média martiniquais Bondamanjak, il revenait sur cette collabotion avec Jacques Vergès :


« Vergès, et je le dis dans le livre qui sort bientôt (« L’Indéfendable », ndr) m’a appris une chose », poursuit notre interlocuteur, « ce que je ne voulais pas faire, pas devenir, les limites de l’ego. Ce qui explique que je sois parti. Parce que je n’avais plus rien à faire là, j’avais décidé de me construire tout seul. A propos de Jacques Vergès il faudrait d’ailleurs créer un mot nouveau, ‘ego’ n’est pas assez fort (sourire) ; j’ai été confronté à cette réalité au quotidien et je me suis dit que jamais je ne céderai à cela. Je défends quelqu’un, je ne me défends pas ; il y a une distance entre la personne que je défends et moi. Vergès, lui, se défendait en toute circonstance ; c’était lui, lui d’abord, lui avant tout. »



Pourtant quand l'avocat réunionnais était venu le chercher pour s'associer avec lui, il avait accepté. Dans cette même interview, l'avocat donnait plus de précisions sur la fin de leur collaboration. " L’une des raisons de cette demande de partenariat est que le neveu de Jacques Vergès (et fils du leader communiste Paul Vergès) est mis en cause dans une affaire de corruption à la Réunion, et que le célébrissime avocat a manifestement besoin d’Alex Ursulet. Celui-ci accepte de s’engager dans ce dossier, et les deux hommes partent pour la Réunion. Un séjour qui laissera des traces dans la relation entre les associés, car une plaidoirie, décrite comme décisive par son auteur (Alex Ursulet) écorchera l’ego – que l’on suppose fort conséquent – de Jacques Vergès. Et ce d’autant que cette plaidoirie vaudra à l’avocat martiniquais les gros titres et autres « Une » de la presse réunionnaise, au lendemain de l’audience. Une déception d’Alex Ursulet viendra, nous dit-il, entériner sa rupture avec Jacques Vergès. Surmené, épuisé, aux portes de l’infarctus, Alex Ursulet doit être hospitalisé d’urgence, à Paris, et reste alité plusieurs jours. « Mes parents sont venus me voir de la Martinique, des amis sont venus de pays européens ; bien que vivant à Paris, Vergès n’est jamais venu », indique-t-il presque grave. Après sa sortie de l’hôpital, Alex Ursulet vient annoncer à Jacques Vergès qu’il met un terme à cette association et s’est désormais établi ailleurs, dans son cabinet à lui..."


Autre affaire qu'il a défendu, l'affaire Abdelkader Ghédir. Ce jeune homme de 21 ans, accusé de lancer des cailloux sur les trains en marche. Vraisemblablement ivre au moment des faits, il est contrôlé par deux policiers, qui appellent en refont des agents de la sécurité ferroviaire de la SNCF. La suite est plutôt tragique puisque, le jeune homme est jeté au sol, reçoit des coups de genou, de matraque et de pied, provoquant des lésions cérébrales permanentes. Son « taux séquellaire d’incapacité partielle permanente » (IPP) a été estimé à 95%. Aldelkader Ghédir n’ayant plus aucune autonomie pour les gestes élémentaires de la vie quotidienne, il est depuis en fauteuil. S'engage un long combat judiciaire de plusieurs années mené par Me Ursulet. En effet, les agents du SUGE sont mis en examen en décembre 2004. Le 15 février 2010, la juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Meaux rend une ordonnance de non-lieu ; le 27 septembre 2011, la Cour de cassation rejette le pourvoi d’Abdelkader Ghédir. L'affaire se soldera par une condamnation de la France par la Cours Européenne des Droits de l'Homme.



Une carrière riche qui est malheureusement entachée par un accusation de viol.


Cette fois, ce n'est pas pour des affaires retentissantes qu'on parle de lui. En effet, l'avocat martiniquais est accusé de viol par l'une de ses anciennes stagiaires. L'homme de loi risque sa carrière puisque, aujourd'hui on l'a appris, le Barreau de Paris où il est inscrit risque de le bannir.

L'affaire remonterait à 2018 l'avocat du barreau de Paris originaire de Martinique, est accusé de viol par une ancienne stagiaire. Selon Médiapart, les faits datent du 30 janvier 2018, alors qu’elle était en stage chez Me Ursulet. Le pénaliste l’aurait, au cours d’un déjeuner au restaurant, interrogé sur ses pratiques sexuelles, affirme-t-elle. Avant, à leur retour au cabinet de l’avocat, de l’embrasser, lui lever sa robe, baisser sa culotte et la pénétrer avec les doigts à plusieurs reprises. Incapable de retourner travailler le lendemain, la jeune femme démissionne par e-mail.


De faits qu'a toujours nié l'avocat martiniquais qui a aussi porté plainte pour "dénonciation calomnieuse", mais aussi pour "faux" et "tentative d'escroquerie au jugement".


En 2020, le ténor du barreau est auditionné et conduit en garde à vue, où il en était ressorti sous le statut de témoin assisté ce qui lui a permis dans un premier temps d'éviter la mise en examen. Néanmoins, les choses ont changé. En effet, l'homme de 63 ans a été mis en examen jeudi 9 décembre 2021 par un juge d’instruction parisien pour "viol par personne ayant autorité" et il a été placé sous contrôle judiciaire. Conséquence, il a ét radié du Barreau de Paris.


Jusqu'à ce jour, il assure que c’est lui qui voulait mettre un terme à la convention de stage de la jeune femme. Pour l'avocat, la jeune femme aurait donc voulu se venger. Des propos qui n'avaient convaincu le Conseil de discipline du Barreau de Paris, car pour l'instance disciplinaire, « toutes ses tentatives d’explications ont été démenties tant par les témoins auditionnés, même lorsqu’ils étaient à décharge (…), que par les pièces versées au dossier »

Ainsi, dans son arrêt du 31 décembre 2019, l’instance estimait que l’avocat, par ailleurs auteur de SMS douteux envoyés à la jeune femme, avait manqué aux principes de sa profession et s'est « rendu coupable de manquements graves aux principes de la profession d'avocat, pour avoir adopté un comportement inapproprié vis-à-vis d’une stagiaire, ce qui s’est manifesté par une manipulation, une domination, un harcèlement, aux fins de procéder à des agissements de nature sexuelle suffisamment graves pour ne pas être dévoilés par M. Alex Ursulet mais masqués par des propos incohérents et mensongers ».


Le célèbre avocat a fait appel de cette décision. Cet appel suspensif lui a permis de continuer d’exercer son métier d’avocat. L’appel étant suspensif, il peut continuer à exercer son métier en attendant la décision définitive du tribunal. Ainsi, la décision est reportée à l’après-procès pénal. De ce fait, le tribunal considère qu’il ne peut pas évaluer la pertinence d’une procédure disciplinaire avant de juger les faits qui ont conduit aux sanctions. *


L'avocat d'origine martiniquaise, continuera d’exercer jusqu’au verdict de son procès. La Cour d’appel de Paris a conditionné sa décision sur la radiation d’Alex Ursulet au verdict de son procès pénal pour viol, dont la date n’est pas encore fixée.



Ses avocats s'expriment sur cette décision :



"La décision du conseil de discipline était une véritable honte pour notre profession, puisqu’elle avait piétiné, bafoué la présomption d’innocence. La cour d’appel a remis les choses dans l’ordre.[...] C’est ce que nous attendions" estime maître Frédérique Pons, l’une des avocates d’Alex. Ursulet.


C’est une très bonne décision, mais la question n’aurait jamais dû se poser tellement c’était une évidence. Mais une évidence qui a été balayée par le conseil de discipline de l’ordre", abonde sa consœur maître Marie Burguburu, elle aussi avocate d’Alex Ursulet

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