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Raphaël Lapin : Un engagement pour la Guadeloupe.

Dernière mise à jour : 25 juin 2021

Bien souvent, on reproche aux jeunes de ne pas prendre part aux divers débats politiques ou sociétaux qui ont lieu en Guadeloupe. Assez souvent, l'avis de cette jeunesse importe peu. Il est aussi reproché à la classe politique de ne parler de la jeunesse qu'en période électorale, mais de façon générale, les jeunes sont les grands oubliés de la vie communautaire. Cette année, un changement semble s'être opéré. En effet, sur la majorité des listes électorales, des jeunes se sont illustrés par leur dynamisme. Parmi eux, Raphaël Lapin qu'on ne présente plus et qui a fait de la politique son terrain de jeu favori.





Grands oubliés des politiques publiques, premières victimes du chômage endémique qui touche l'Archipel français des Caraïbes, le constat est fait. Les jeunes ont tout simplement un désintérêt pour la politique et n'accordent peu leur confiance à cette classe politique en généralement vieillissante. Selon un dernier sondage mené par Qualistat daté du 10 mai 2021, qui soulignait que l'intérêt politique est plus marqué chez les 40-59 ans où il atteint 63%, tandis que pour la tranche d'âge des 18-24 ans, il n'excède pas les 18%. Le constat est quasi identique s’agissant de l’intérêt porté aux élections régionales, qui ne passionnent que 37% des Guadeloupéens interrogés. D'ailleurs, les résultats du premier tour l'ont confirmé. Avec un taux d'abstention record établi à 69% (alors qu'en 2015 il était à 55%), la tendance est même au désamour.


Nous pouvons dire qu'un certain clivage entre la classe politique et la jeunesse existe et bien souvent, on reproche aux jeunes de ne pas prendre part aux divers débats politiques ou sociétaux qui ont lieu. Assez souvent, l'avis de cette jeunesse importe peu. Il est aussi reproché à la classe politique de ne parler de la jeunesse qu'en période électorale, mais de façon générale, les jeunes sont les grands oubliés de la vie communautaire. Cette année, un changement semble s'être opéré. En effet, depuis le début de la campagne pour les élections régionales, nous sommes allés à la rencontre de ces jeunes hommes et jeunes femmes passionnés, engagés mais surtout résolus à changer le cours du destin de leur terre, la Guadeloupe. De part leur décision de s'exposer publiquement pour leurs convictions, ils font mentir celles et ceux qui émettent ces reproches.


Sur la majorité des listes électorales pour ces Régionales 2021, des jeunes se sont illustrés par leur dynamisme. Parmi eux, Raphaël Lapin. Son nom ne vous dit rien ? Pourtant, depuis quelques années, ce jeune guadeloupéen a fait de la politique son terrain de jeu favori.

Docteur en Droit, avocat spécialiste en droit des affaires et pénaliste. Auteur d'un ouvrage porteur d'idées politiques : Autonomie : Manifeste pour une évolution statutaire de la Guadeloupe, ancien président du Think Thank Gaston Monnerville qui mettait en avant les jeunes talents ultramarins avec son concours d’éloquence. Actuellement président de l'association GANM ( Gwadloup an mouvman ) qui est à la croisée des chemins entre le groupe de réflexion et l'association prônant les valeurs positives guadeloupéennes. Raphaël Lapin a aussi été le collaborateur parlementaire du député Olivier Serva. Raphaël Lapin est donc un jeune homme écouté par la classe politique. Pour ces élections, c'est du côté de la liste " Continuons d'Avancer " conduite par le président sortant qu'il a décidé de militer.



The Link Fwi : Bonjour Raphael Lapin bienvenue sur The Link Fwi, qui êtes vous pouvez- vous présenter à nos lecteurs et lectrices ?



Raphaël Lapin : Bonjour, je suis Raphaël Lapin, un jeune sainte-rosien et un Guadeloupéen, amoureux de son pays. J'aime me présenter par des émotions plus par ce que je fais, parce qu'en réalité ce ne sont pas les mêmes questions. " Qui êtes-vous ? " et " Que faites-vous « évidemment ce n'est pas la même chose. A la question qui je suis ? J'essaie d'être passionné, humain, engagé et sincère. Voilà si je devais me définir ce serait ça. Cela étant, il y a ce que l'on fait dans la vie et cela participe à ce que nous sommes.


J'exerce la profession d'avocat. J'ai aussi été collaborateur parlementaire auprès du député Olivier Serva. J'ai fait une thèse en droit et j'ai un parcours autour de la Loi, avec des engagements associatifs importants. Je préside un mouvement citoyen et militant qui se nomme GANM (Gwadloup an mouvman ) avec lequel, nous demandons aux Guadeloupéens et aux Guadeloupéennes « ki ganm yo ka poté ba péyi la ». Un peu comme ce que John Fitzgerald Kennedy avait dit dans son discours d'inauguration " Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays «, j'essaie d'apporter ma pierre à l'édifice du Péyi Gwadloup avec les membres qui composent ce mouvement citoyen.



TLFWI : Dans quel domaine exercez-vous ? Etes-vous toujours étudiant ou actif, à la recherche d’un emploi ou tout simplement entrepreneur ?



Raphael Lapin : J'ai longtemps été étudiant (rires). Après, nous n'arrêtons jamais d'apprendre et j'y crois dur comme fer. Je suis actif, hyper actif même. Je n'aime pas m'ennuyer et avoir le sentiment que je ne réalise pas les choses. Il m'arrive aussi de faire des pauses. Le temps pour moi est une notion qui doit être nécessaire et donc utile. Je suis donc avocat, en tant qu'avocat, je suis chef d'entreprise. Je dois gérer au quotidien mon entreprise, son portefeuille clients. Ces derniers appellent, il faut répondre à leurs sollicitations. Il faut gérer les charges, le FISC. Il faut gérer les relations avec l'Ordre du Barreau de la Guadeloupe. Il faut être dans le développement et aller à la recherche de nouveaux clients, sans pour autant être dans une démarche agressive car, nous sommes dans une profession réglementée vis à vis du marché. Je suis chef d'entreprise en réalité. Au quotidien, un avocat c'est un chef d'entreprise. A côté de cela, je suis engagé dans des associations à plusieurs niveaux. A Sainte-Rose ma commune, je suis membre de l'association " Sainte-Rose en nous ". A l'échelle de la Guadeloupe, " GANM ( Gwadloup an mouvman " et bien d'autres associations encore. Lorsque j'étais étudiant à Paris, avec des amis, nous avions créé l'Institut Gaston Monerville qui était un Think Thank qui avait pour ambition de faire nos pays dits ultramarins " même si je n'aime pas ce mot " ultramarin" penser par eux-mêmes qu'ils existent et là je cite Rosan Girard.



TLFWI : Qu’est-ce que la liste “ Continuons d’avancer“ ? Qui sont ses membres ?


Raphael Lapin : La liste " Continuons d'Avancer " est évidemment celle conduite par le président de région sortant Ary Chalus qui reprend un certain nombre de conseillers régionaux sortants avec des personnalités aussi compétentes que travailleuses, je pense à Sylvie Gustave dit Duflo qui est pour moi un modèle d'engagement et de travail en politique. J'ai eu l'occasion de travailler avec elle à l'époque où j'étais collaborateur parlementaire à l'Assemblée nationale. Elle nous faisait des propositions d'amendements sur des textes qui relevaient de son champs de compétences au niveau de la Région. Nous avions un vrai dialogue avec d'un côté le législateur et la collectivité régionale de l'autre et pour moi, c'est ce qu'un élu doit faire, car la Région en réalité est une collectivité, elle est dans la démarche de l'exécution, c'est un exécutif en réalité, sauf que Sylvie ne reste pas dans le stricte cadre de l'exécutif puisqu'elle a une vision prospective sur son champs de compétences et donc elle peut aller jusqu'à faire des propositions et être pro-active en la matière et donc pour moi, c'est quelque chose d'inspirant. Je pense aussi à d'autres personnes comme Marie-Luce Penchard qui a été à la tâche au quotidien, dans ses fonctions de présidentes de commission. Je pense aussi à Maguy Céligny, qui a travaillé durement sur la question énergétique. Voilà des illustrations des élus sortants qui entourent le président sortant et la liste " Continuons d'Avancer " et qui inspirent sur la question du travail en tant qu'élus. C'est vrai qu'il y a ce sentiment que les élus ne travaillent pas, et comme à l'échelle nationale, il y a une sorte de rejet de la classe politique des élus comme celles que j'ai cité et qui sont des modèles de travail se doivent de redonner confiance dans la chose publique.

A côté de cela, il y a des maires récemment élus, mais aussi des membres de la société civile et puis des jeunes comme Jennifer Linon, Loïc Tonton, et moi-même. La liste Continuons d'Avancer a une moyenne d'âge de 54 ans, contrairement à d'autres listes qui pouvaient dépasser les 60 ans, nous sommes donc une liste jeune et qui est représentative de toutes les composantes de la société Guadeloupéenne.



The Link Fwi : Pourquoi avoir rejoint, la liste “Continuons d’Avancer“ conduite par Ary Chalus ?


Raphaël Lapin : Premièrement, le président m'a contacté et m'a proposé de faire partie de cette liste et de l'accompagner dans cette campagne. Ensuite, je suis quelqu'un qui ne s'engage que sur la foi de ses convictions. Evidemment, s'est posée la question de mes convictions dans tout ça. En 2017, j'ai écrit un ouvrage " Autonomie : Manifeste pour un changement statutaire de la Guadeloupe". Le titre illustre parfaitement mes convictions. Je me suis donc posé la question de mes convictions, de mes motivations et des raisons qui me pousseraient à m'engager aux côtés du président de la Région Ary Chalus. J'avais conscience que la mandature à venir allait être une mandature importante pour le devenir du pays et cela m'a été confirmé par le Contrat de gouvernance concerté qui est pour moi un pas élémentaire sur le chemin de la domiciliation du pouvoir et de l'émancipation du peuple.


Tant que nous ne comprendrons pas que nous avons un schéma de gouvernance institutionnel existant que celui-ci doit vivre pour que l'on puisse préparer demain, nous ne comprendrons jamais les enjeux.


On pourra rester dans les incantations ou encore faire beaucoup de formules magiques qui touchent ou qui suscitent une adhésion spontanée ou faire beaucoup de sophisme du type « tel biten pa ka maché, fò sa chanjé »


Et nous, nous tenons le discours de la méthode. Me concernant, je suis certainement un idéaliste mais, je suis aussi pragmatique et sur cette question du pragmatisme, je ne veux pas que demain, on puisse nous dire que nou ka vann chat an sak, nou pa o nivo, kè ti vwati jonn la paka pasé. Qu'est-ce que cela veut dire ? Simplement que nous puissions tenir une méthode, car, lorsque l'on parle de domiciliation du pouvoir, on parle d'enjeux essentiels pour un pays.

Nous devons tenir cette méthode et c'est le rôle du Contrat de gouvernance concerté signé par les membres de la liste " Continuons d'avancer " et les candidats investis et soutenus par le GUSR et son Président Guy LOSBAR. C’est donc-là que j'ai trouvé à la fois cet horizon et cette mécanique, en définitive ce discours de la méthode.


Lorsque nous le lisons, nous voyons cet horizon dans le traitement permanent des urgences et d'ailleurs les deux vont de pair avec une méthode consciente des institutions actuelles, donc l'utilisation de la CTAP (Conférence Territoriale de l'action publique) comme étant une instance de décision réunissant les deux collectivités de manière concertée et dans laquelle on retrouve l'ensemble des collectivités et qui ensemble discutent du devenir de la Guadeloupe autour de sujets essentiels.


Cette dernière va se réunir en commissions thématiques et elles vont devoir délibérer sur les politiques publiques qui sont dans des compétences partagées entre la Région et le Département et c'est une innovation. De plus, ce contrat prévoit que l'on puisse mettre en place une conférence permanente des cadres territoriaux, ce qui veut dire que les cadre de la Régions et ceux du Département vont devoir dialoguer entre eux. Donc, il y aura un dialogue de gestion des compétences et à ce moment-là, nous allons créer des synergies entre les deux collectivités plutôt que d'avoir des collectivités qui rivalisent entre elles. Troisième volet et qui pour moi est le plus important, c'est la place du citoyen.


Ce dernier sera au cœur de ce dispositif avec la création de conseils participatifs citoyens. Il y aura dans ces conseils, d'un côté des personnes tirées au sort et de l'autre côté des personnes issues de la société civile, représentatives des syndicats, des associations afin que nous puissions faire parler les gens sur les décisions qui seront prises dans les commissions thématiques réunies en CTAP et recueillir un avis qui viendra quelque part s'ajouter à d'autres tels que le CESCC etc. Voilà ce qui me motive de rejoindre la liste




The Link Fwi Sur cette liste, figurent des visages connus de la politique locale, des maires,, etc cette liste n’est-elle pas la liste des élites politiques ? On prend les mêmes et on recommence avec les mêmes personnes ?



Raphaël Lapin : En fait, j'ai beaucoup de mal avec cette question. Pour moi, c'est une question qui consisterait à dire que du moment que nous sommes élus, nous ne pouvons briguer un autre mandat. Pour l'instant la loi le permet. Par la suite, avant de parler d'une élite politique, regardons les visages qui figurent sur la liste. Nous retrouvons des maires qui ont été élus pour la plupart l'an dernier donc cela fait à peine un an de mandat. Ce sont des personnes que ce sont soit des personnes qui n'étaient pas très proches du milieu politique soit qui étaient déjà engagées et ont été élues récemment. Pour moi, il ne s'agit donc pas d'une liste des élites mais tout simplement d'une liste composée de ceux qui ont recueilli les suffrages dans les différents territoires de la Guadeloupe et ensuite, ce sont des personnes qui viennent d'être élues donc ce ne sont nullement des Apparatchiks. Elles ne sont pas au pouvoir depuis soixante ou soixante-dix ans. En réalité, ce sont des personnes qui pour beaucoup ne sont aux responsabilités que depuis un an. Pour moi c'est une liste composite. Quand on prend les cas d'Aurélie Bitufwila-Yerbé qui était certes engagée et qui aujourd'hui, se retrouve sur la liste d'Ary Chalus pour être conseillère régionale. Jim Lapin n'est ni un maire, ni un conseiller régional, il est simplement conseiller municipal d'opposition. En somme, pour moi, cette n'est nullement une liste des élites politiques.






TLFWI : Cette année, pour ce Premier tour des Régionales, ils étaient onze à se présenter face au président sortant, n’est-ce pas encore une fois un aveu d’échec ? Car douze candidats pour un poste c’est du jamais vu en Guadeloupe.



Raphaël Lapin : Lors de la dernière élection législative, il y avait une vingtaine de candidats sur certaines circonscriptions, donc on a déjà vu des élections avec tout autant voire plus de candidats que celle qui a lieu en ce moment. Par exemple, à Sainte-Rose, pour la dernière élection municipale, il y avait une dizaine de candidats.


C'est au contraire un signe de vitalité du débat démocratique en Guadeloupe.