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Tahiana GUSTAVE, de la Guadeloupe aux défilés hautes coutures.

Mis à jour : oct. 17

Il y a un an et demi; nous avions rencontré la jeune Tahiana GUSTAVE, qui nous racontait ses débuts dans le monde du mannequinat local. Désormais, c'est chose faite, la jeune femme originaire de Basse-Terre en Guadeloupe est devenue mannequin. Installée à Paris, elle enchaîne les shootings et les défilés avec les plus grands. De passage en Guadeloupe, elle nous a accordés de son temps pour une interview face à nos caméras au cours de laquelle, la mannequin guadeloupéenne revient sur ses débuts dans le milieu professionnel de la mode.

Devenir mannequin est un rêve chéri par de nombreuses petites filles dans le monde entier. Cependant, rares sont celles qui parviendront à le réaliser, tant les obstacles sont nombreux. Entre la question du physique qui deviendra un atout principal, la notion de confiance en soi qui sera un facteur clé de la réussite dans le milieu professionnel du mannequinat, on ne va pas se mentir, il y a beaucoup d'appelées mais peu d'élues. Malgré les difficultés qui jalonnent le monde de la beauté, quelques unes parviennent à se frayer un chemin, tandis que d'autres, deviennent de vraies icones internationales. Quelques noms peuvent être citer tels que Naomie Campbell, Tyra Banks, Beverly Jonhson, Chanel Iman, Daniela Braga, Jourdan Dunn ou encore Iman... Autant de noms qui ont marqué l'histoire contemporaine de la mode.


Celle que nous allons présenter fait partie des rares qui peuvent dire : " je suis mannequin". En effet, il y a un an et demi, nous avions rencontré la jeune Tahiana GUSTAVE, qui nous racontait ses débuts dans le milieu du mannequinat local en Guadeloupe et son rêve de poursuivre à une échelle plus grande. Désormais, c'est chose faite, la jeune femme originaire de Basse-Terre en Guadeloupe est devenue mannequin. Installée à Paris, elle enchaîne les shootings et les défilés avec les plus grands. De passage en Guadeloupe, elle nous a accordé de son temps pour une interview face à nos caméras, au cours de laquelle la mannequin guadeloupéenne est revenue sur ses débuts dans le milieu professionnel de la mode. C'est dans le magnifique cadre du Karukera Café, bar situé à la Pointe de la Verdure qu'elle a répondu à nos questions.



Interview vidéo à découvrir ci-dessous :





The Link Fwi : Bonjour Tahiana, bienvenue sur The Link Fwi, on te reçoit aujourd'hui au Karukera Café, qui es-tu ? Peux-tu te présenter ?


Tahiana GUSTAVE : Bonjour à tous, je me présente Tahiana Gustave, j'ai 22 ans, je suis mannequin et je suis de la Basse-Terre (rires). J'ai officiellement signé en agence, il y a un an et demi.


The Link Fwi : Pourquoi officiellement ?


T.H : Officiellement, car, vous savez, on est mannequin, on va sur instagram, on fait quelques shootings, mais officiellement j'ai signé mon contrat avec l'agence Metropolitan en 2019.


The Link Fwi : D'où vient cette passion pour la mode et quand t'es tu dis, " je veux être mannequin ? "


Tahiana Gustave : Alors, c'est assez bizarre car à la base moi j'étais danseuse et je voulais être danseuse professionnelle. Je refusais que l'on me conseille ce choix de carrière ou que l'on me dise " est-ce que tu ne veux pas devenir mannequin ? ". Il faut dire qu'en Guadeloupe, plus généralement aux Antilles, les filles ont des formes généreuses, avantageuses, du coup quand on me disait cela " tu devrais être mannequin" je le prenais vraiment mal et je pensais que cela voulait dire que j'étais trop maigre. Pendant longtemps, ces phrases me blessaient, je ne voulais pas du tout être mannequin, jusqu'à ce que je rencontre plusieurs personnes qui m'ont aiguillé, conseillé. Par la suite j'ai travaillé avec le magazine FOCUS, en posant pour eux, j'ai pris confiance en moi, et c'est comme cela que j'ai apprécié ce métier, mais c'est vrai que j'étais encore partagé entre la mode et le mannequinat...


TLFWI : Oui, c'est vrai qu'à l'époque de ta première interview pour notre magazine, tu parlais surtout de ta passion pour la danse. Est-ce toujours le cas ?


T.H : Oh oui ! J'aime toujours autant la danse ! Après maintenant, je n'ai plus trop le temps d'aller prendre des cours, mais chez moi, toute la journée, ou quand j'ai un moment "off", je danse tout le temps.


The Link Fwi : On peut donc dire que la mode à surpasser la danse ?


Tahiana Gustave : Non, bizarrement ce sont deux milieux qui se sont rencontrés. Par exemple quand il y a des contrats, mon booker ( mon agent ), va se dire " elle, elle sait danser " du coup, ils vont me placer sur des publicités où il y a de la danse. La danse est donc un plus, à la différence de certaines filles du milieu qui ne savent pas danser.


TLFWI : Comment es-tu devenu mannequin ? Comment es-tu entré dans ce milieu ?


T.H : Alors ma mère allait faire des courses dans une très grande surface de l'archipel quand elle est tombée sur une affiche qui parlait du concours " Metropolitan " en Guadeloupe. Elle m'a donc inscrite au casting et le soir, elle m'annonce ce qu'elle a fait. Au début je me suis dis " non, moi je ne veux pas être mannequin, c'est la danse que je veux faire.. " Par la suite, elle me convainc d'y aller. Quand j'y vais ça se passe bien, quelques semaines après, on m'appelle pour me dire que je suis sélectionnée pour le concours. Avec les autres candidates, nous avons eu une semaines de préparation, apprendre à marcher etc, le jours du concours, j'y vais, je suis bien reçu et je suis repéré par Thierry CHEISSON de Metropolitan. Depuis, je suis signé chez Metropolitan à Paris.


The Link Fwi : Quelles sont les mannequins ou modèles internationales, nationales qui t'ont donné l'envie de poser, de défiler ?


Tahiana GUSTAVE : Personnellement, j'aime beaucoup Daniela Braga, une mannequin brésilienne. J'aime particulièrement son histoire, elle a quitté son Brésil natal, elle est arrivée aux Etats-Unis, elle ne parlait pas un mot d'anglais, elle avait juste son book, au final elle a été repérée. Elle est restée plusieurs années à apprendre l'anglais etc, aujourd'hui elle a une grande carrière; Elle a défilé pour Victoria's Secret, Balmain, Givenchy et j'en passe. C'est vraiment un bon modèle pour moi qui débute. Elle est authentique, elle est elle-même.


TLFWI : Comment gères-tu ta carrière ? Tu parles souvent de ton " booker", comment ça se passe dans le milieu de la mode ? Surtout au niveau des défilés est-ce que c'est toi où ce sont les professionnels qui viennent te voir pour défiler ou poser pour eux ?


T.H : Dans notre agence, nous avons plusieurs bookeurs, chacune possède son booker personnel, mais sinon, il y a plusieurs bookeurs qui s'occupent de nous mettre sur plusieurs castings, pendant les Fashion- Weeks, pour les pubs, pour les photos shoots. Ce sont eux qui vont vers les clients, qui nous proposent et ensuite, le client dit s'il est intéressé par le profil du model. Après par moment, ce sont les clients eux-mêmes qui viennent voir les bookers de l'agence et qui définissent les profils qui les intéressent. Mais en généralement ce sont les bookers qui s'occupent de nous et de tout.


The Link Fwi : Désormais tu vis à Paris, tu as donc quitté ta Guadeloupe natale, est-ce plus facile pour toi d'avoir des contrats en vivant dans la capitale ? Et est-ce que Paris est juste une petite étape dans ta future longue carrière ?


Tahiana Gustave : C'est vrai que vivre à Paris est selon moi plus facile pour le travail, puisque s'il y a des opportunités c'est plus facile d'être sur place que de vivre en Guadeloupe, que l'on me paye un billet pour venir. C'est aussi pour cela que j'ai décidé de venir vivre sur Paris et puis, la vie parisienne est plus une mentalité qui colle à la mienne, au sens où on est libre, on marche dans les rues, les grandes avenues personne ne nous regarde et moi j'aime bien quand on me surveille pas parce que quand les regards sont trop braqués, j'ai tendance à me replier sur moi-même. A Paris, comme c'est une grande ville, il n'y a pas le regard extérieur qu'on peut avoir en Guadeloupe. Par exemple quand je marche à Paris, on reconnaît le métier que je fais à ma démarche etc après personnellement, j'ai toujours voulu qu'on me voit comme ça pas qu'on me dévisage et qu'on se dise, " ka i rivéy ka diézé konsa ? " ( rires) après bon, en Guadeloupe ils ne sont pas tous comme ça. (rires) Après pour ce qui est de la prochaine étape pour ma carrière, on verra..


TLFWI : Quels sont les créateurs, les maisons de couture ou encore les marques pour lesquelles tu as posé, défilé ?



T.G : Mon tout premier défilé c'était avec Kay Kim, une créatrice Coréenne. Ensuite j'ai travaillé sur l'émission de Naomie Campbell " Making the Cut" diffusé sur Amazon Prime. J'ai aussi travaillé avec Vogue Espagne, après j'ai aussi défilé pour Rami Al Ali, un designer de Dubaï. J'ai aussi fais un shooting cosmétique avec Essence Cosmetic une marque de produits cosmétiques d'Allemagne...


The Link Fwi : Tu n'as pas encore défilé pour des créateurs français ?


Tahiana Gustave : Non ! Ah si, oui j'ai défilé pour Paul & Joe, qui est une maison de couture française. J'ai aussi travaillé avec la Maison Leonard qui est aussi une marque française.


TLFWI : Dans le milieu de la mode, il n'y a pas beaucoup de mannequins originaires des Antilles-Françaises ?


T.G : Si ! Il y a des antillaises, il y a beaucoup de martiniquaises, il y a aussi des guadeloupéennes. En plus, il y en a qui fonctionnent très bien, par exemple Tara Falla. Franchement, il y en a pas mal....


The Link Fwi : Tu les a déjà rencontré ?


Tahiana Gustave : En casting oui, mais nous n'avons pas encore vraiment travaillé ensemble. A part avec une, Enola qui est dans mon agence et qui est de la Martinique. Ensemble, nous avons travaillé pour Galerie Lafayette, il s'agissait d'un petit défilé pour Galerie Lafeyette.


TLFWI : En fait, nous posons cette question, car, quand on voit les défilés ou si l'on s'intéresse au milieu de la mode, on voit beaucoup de brésiliennes, d'asiatiques, des filles de l'Europe de l'Est et des africaines désormais, mais en ce qui concerne les Antillaises (francophones), elle ne se sont peut-être pas encore imposées dans le milieu, tu en penses quoi ?


T.G : Après c'est vrai qu'il y en a pas encore autant que les brésiliennes, les caucasiennes, les asiatiques, mais franchement ça commence et j'espère qu'on sera plus nombreuses à l'avenir.


The Link Fwi : A quoi ressemble la vie de Tahiana en 24H, peux-tu détailler ?


Tahiana Gustave : Alors, je me réveille, je vais brosser mes dents... non je plaisante...(rires) Alors le matin, j'écoute toujours de la musique, après je reçois un appel de mon booker qui fait la liste des castings ou shootings pour la journée. Après, je rentre, j'attends les réponses, je me pose. Il arrive aussi que j'aille encore travailler après, mais sinon c'est tranquille... Netflix & Chill (rires)


TLFWI : Il peut y avoir des jours où tu peux ne pas avoir de contrats ?


T.G : Oui il m'arrive de ne pas avoir de contrats, mais en général, les bookeurs font en sorte de m'envoyer sur des castings ou des shootings. Je ne reste jamais bien longtemps sans contrat.


The Link Fwi : Du coup dans le milieu de la mode, tu parles plus français ou anglais ?


Tahiana Gustave : Les deux. Certes, en général, tu vas parler français mais sachant que nous sommes de différentes nationalités dans un casting ou dans un contrat, tu es obligé de parler anglais, car tout le monde ne parle pas français dans le milieu.


TLFWI : Cette année a été un peu particulière. Il y a le Coronavirus, puis le confinement, on peut dire qu'elle a été un peu chamboulée, beaucoup de secteurs ce sont mis à l'arrêt même le milieu de la mode, comment l'as-tu vécu ?


T.G : Honnêtement, c'était très difficile, puisque j'aime sortir et là avec la Covid-19 tout s'est coupé d'un coup. C'était assez dur mentalement au début, j'ai dû me concentrer et essayer de m'occuper comme je le pouvais. Après, durant le confinement, c'est vrai que l'on était complètement à l'arrêt, mais une fois que le confinement a été levé, tout a repris. Certes ce fût progressif, mais me concernant, j'ai travaillé avec Leonard vers le mois de Mai, tout le mois de Juin, le mois de Juillet. La reprise a été très positive pour moi.


The Link Fwi : Tu es très présente sur les réseaux sociaux, est-ce un moyen pour toi de te faire connaître comme une sorte de book, où sont ils simplement des moyens de divertissement ? Comment les utilises-tu ?


Tahiana Gustave : Les réseaux sociaux pour moi sont comme notre vitrine. Sur internet, sur les réseaux sociaux, il y a des chasseurs de tête. Imaginons il y a un chasseur de tête pour l'Oréal qui tombe sur ton profil, il faut que tu le "charme", il faut qu'il soit intéressé par ton profil, qu'il se dise " elle est bien maquillée " " elle est naturelle, elle sourit" " là elle est plus sérieuse" etc c'est pour cela que sur mon profil Instagram, on me voit naturelle, je rigole, en même temps , je suis sérieuse, je montre que je vais à la plage, que je pose, que je défile pour des créateurs. Je montre que je suis une sorte de caméléon, que je peux m'adapter à tout. De tous les réseaux sociaux, c'est mon instagram qui est beaucoup plus animé.


TLFWI : On peut dire maintenant que tu as un pied dans le milieu de la mode et du mannequinat, quel serait tes conseils pour les jeunes femmes qui désireraient devenir mannequin pro ?


T.G : Le premier conseil que je donnerais, " restez vous-même". Il ne faut pas vouloir ressembler aux autres. Si par exemple, tu as des tâches de rousseur assume les. Si tu as une peau noire ou blanche, assume toi. Je dis ça car beaucoup de filles sont très complexées par leur physique. Beaucoup sont presque anorexiques voire anorexiques. Il y a beaucoup de problèmes d'anorexie dans le milieu. Moi, j'ai de la chance à Metropolitan, il n'y a pas de pression sur les mannequins pour qu'elles perdent du poids. Au contraire, on va te surveiller et si on voit que tu perds du poids, on va te conseiller, on va t'alerter sur ta perte de poids. Ils t'encouragent à être toi-même. Après le deuxième conseil que je peux donner c'est de travailler sans relâche et d'avoir un mental car le milieu de la mode, du mannequinat sont des milieux extrêmement difficiles, il faut avoir la tête sur les épaules, il faut avoir du monde autour de soi, toujours rester humble parce que par moment tu peux avoir de très gros contrats, du coup tu vas vite prendre la " grosse tête " et si quelqu'un n'est pas là pour te recadrer ça peut devenir compliquer. Troisième conseil est d'avoir de la patience et surtout de ne pas avoir peur d'imposer son style tout en restant soi-même.


The Link Fwi : avant que nous terminions l'interview, si on revenait sur l'un des événements médiatiques qui a ébranlé les mondes de la mode, du ciné et de l'art, les scandales sexuels dénoncés par les mouvements #Metoo ou #Balancetonporc, est-ce que toi, tu as déjà eu affaire à ce genre de propos déplacés de la part de photographes, de créateurs ou de bookeurs ?


Tahiana Gustave : Alors moi, non je n'ai pas eu affaire avec ce genre de propos. Dieu merci ! J'espère vraiment ne jamais avoir affaire à cela, parce que honnêtement je sais que c'est très difficile pour les filles qui subissent cela. Après, peut-être que j'ai déjà travaillé avec des filles qui ont, elles subis ce genre de propos, d'attitudes mais moi je n'ai pas encore vécu cela et j'encourage vraiment les filles à vraiment à parler, à dénoncer les actes, les propos déplacés. Par exemple, s'il y a un photographe qui te dis, " laisse moi voir ton corps " ou ce genre de propos, il ne faut pas avoir peur de dire NON ! Comme je le dis, il faut avoir son caractère. Après à Metropolitan, je ne sais pas pour les autres agences, ils surveillent tout ce qui se passe, ce qui veut dire : " tu arrives sur le lieu du contrat, ton bookeur va t'envoyer un sms pour te demander comment se passe le rendez-vous ?, est-ce qu'il y a à manger ? Est-ce qu'il y a à boire ? Est-ce qu'il n'y a pas de problèmes ? " Après si on te propose des drogues, par exemple dans le milieu, il y a beaucoup de gens qui prennent de la cocaïne, il faut dire Non ! Il faut avoir cette force de caractère pour dire non.


TLFWI : Du coup ta famille te soutient-elle ?


T.G : Oh que oui, énormément ! Ma famille de la Guadeloupe me soutient, ma mère qui est en Guadeloupe m'encourage, mon père qui est malgache ( Madagascar) mais qui vit en France aussi, sa famille à Madagascar également. Tout le monde m'encourage, me conseille. Je suis très très bien entourée.

























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