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Tolaa " La Guadeloupe c'est mon refuge. C'est là où je m'y sens le mieux. "

Mis à jour : mai 20

Qui est TOLAA ? C'est sans doute la question que vous vous posez à la lecture de cet article. Sachez que derrière ce pseudonyme, se cache Larry Paul TOLAA, un jeune chanteur, compositeur et auteur guadeloupéen talentueux qui à coeur de chanter l'amour. Confiné dans son île natale, il nous accordé une interview sans concession.

Shooting urbain TOLAA. Photo : ELMS Photography

La musique antillaise n'est plus seulement cantonnée au zouk, à la biguine, au gwoka et aux autres styles plus traditionnels. Il est vrai que depuis deux décennies, un changement s'est opéré au niveau de la jeunesse des deux îles. Influencée par les musiques venues des Etats-Unis, de la Jamaïque et même de l'Hexagone, celle-ci s'est tournée vers de nouveaux styles musicaux et elle excelle. Erigeant au passage, la Guadeloupe et la Martinique comme des terres de foisonnement de cette musique urbaine, sauce créole.


Bénéficiant de l'apport d'internet, des sites de streaming et autres sites de visionnage de clips, la nouvelle génération d'artistes guadeloupéens et martiniquais arrive à toucher un public beaucoup plus large. Grâce aux streams, fini donc le temps où nos artistes étaient boycottés par les labels et maisons de disques nationaux. Désormais, la musique française doit compter avec la musique créole.


Parmi toutes ces nouvelles pépites musicales, il y a TOLAA. Là vous vous demandez qui se cache derrière ce pseudo. Sachez en tout cas que ce n'est pas un nouveau venu dans la scène musicale locale. Une chose est sure, derrière ce pseudonyme se cache un jeune chanteur, compositeur et auteur guadeloupéen talentueux qui à coeur de chanter l'amour. Confiné dans son île natale, il nous accordé une interview sans concession.


Shooting urbain TOLAA. Photo : ELMS Photography




The Link Fwi : Bonjour TOLAA, soit le bienvenu sur The Link Fwi, premièrement qui es-tu ? Peux-tu te présenter à nos lecteurs (trices) ?


TOLAA : Salut à tous, moi c'est TOLAA, artiste, chanteur, auteur mais aussi compositeur et également producteur de musique. Le style de musique que je fais, mélange à la fois de la Soul,le RnB, un peu de Pop et des sonorités caribéennes.


TLFWI : Mais, question, pourquoi Tolaa ?


TOLAA : TOLAA vient de mon nom de famille. Il vient de Anse-Bertrand, petite commune au nord de la Grande-Terre en Guadeloupe. Normalement TOLAA s'écrit avec un seul " A " et j'ai choisi ce pseudonyme qui est en fait éponyme afin de revenir à la base, à la racine, d'où ce choix.




Shooting urbain TOLAA. Photo : ELMS Photography

TLFWI : Du coup, comment es-tu entré dans la musique ? Quand t’es tu dis c'est ce que “ je veux faire dans ma vie ? “


TOLAA : J'ai toujours aimé et j'ai toujours su que c'est la musique que je voulais faire. J'ai commencé à chanter dans une chorale sur la commune du Gosier en Guadeloupe. Par la suite, j'ai été orienté par le directeur de cette chorale vers des cours de chant classique, ce que j'ai fait pendant douze ans. Puis, j'ai fait le Conservatoire à Paris. Ainsi, j'ai commencé à composé mes premières chansons, mes premiers concerts ont été donnés à Paris.

The Link Fwi : Quels sont tes influences et les artistes qui t’ont donné l’envie de faire de la musique ?


TOLAA : Alors, la liste est assez longue ( rires). Mes principales influences musicales, je citerais donc Marvin Gayes, Farell Williams, Maxwell. J'aime aussi Coldplay, NERD. Après, je dirais, Kendrick Lamar. Vous l'aurez compris, j'écoute beaucoup de musiques afro-américaines, un peu de musiques européennes mais pas que (rires) car, j'aime beaucoup Jean-Michel Rotin au niveau de la musique locale, zouk. Pourquoi ? car, il mélange toute cette culture afro-antillaise, aux sonorités anglophones. J'aime énormément Gilles Floro, sa senbilité qu'il dégageait dans ses compositions. J'adore Kassav' qui est à la base de tout.




Shooting urbain TOLAA. Photo : Linsay Boraton



TLFWI : Comment qualifierais-tu ta musique et d’où puises-tu tes inspirations ?



TOLAA : Pour moi, il s'agit d'une musique qui est entre, un côté assez brute, au niveau de l'interprétation et assez aérien dans les arrangements. Il faut savoir que j'aime beaucoup les musiques qui ont de grosses sonorités avec des kicks, des snares mais aussi avec ce côté aérien que j'amène avec les synthés.


The Link Fwi : Et quels sont tes thèmes de prédilection ?



TOLAA : Tout simplement l'amour. Le L.O.V. E. Cependant, il ne s'agit pas uniquement de l'amour entre un homme et une femme. Je parle de l'amour au sens général du terme. J'aborde aussi des thématiques qui parle de la vie, de la condition humaine, comme dans mon titre " Today & Never" , " Aujourd'hui ou jamais", qui traite de la condition humaine et du fait que l'on vive une seule fois.




Shooting urbain TOLAA. Photo : Linsay Boraton


TLFWI : Es-tu uniquement interprète ou tu composes et écris toi-même tes titres ? Peux-tu nous parler de ton travail musical.


TOLAA : Je travaille beaucoup en solo. Dans le construction d'une chanson, je vais faire tout de moi-même. Je vais choisir les accords, l'harmonie, la mélodie. Puis, je vais écrire le texte et ensuite je vais aussi faire les arrangements moi-même. Je ne mixe pas et je ne masterise pas mais c'est déjà bien que je fais (rires). Après, si je devais parler de la façon dont je travaille, tout parle d'une mélodie qui me vient en tête. Après, je pose derrière un clavier, mais dans ma tête, j'ai déjà une vision de la structure musicale du morceau. Petit à petit, il prend forme. C'est comme si nous avions une pierre que nous taillions coup après coup. C'est comme cela que je travaille.



The Link Fwi : On sait que de nos jours, de nombreuses musiques sont produites grâce à la MAO ( Musique assistée par ordinateur) est-ce ton cas ? Ou utilises-tu de vrais instruments pour tes compositions ?


TOLAA : Personnellement pour mes compositions, j'utilise beaucoup la MAO, car comme je le disais précédemment, je travaille en solo. Après, il est vrai que dans ma musique, je rajoute beaucoup d'instruments, de la basse, de la guitare, du piano et même du violon. Donc c'est un travail qui commence par la MAO et à la fin, j'apporte les vrais couleurs avec de vrais instruments.




Shooting urbain TOLAA. Photo : ELMS Photography





TLFWI : Sur tes récentes productions, “ I Want you Back “ our “ Where do we go “ on voit que tu chantes en anglais, est-ce un choix stratégique de chanter dans cette langue internationale que le français ou même le créole ? A quand des chansons en créole ou en français ?


TOLAA : J'ai déjà chanté et composé en créole. A l'époque de Myspace j'avais sorti une chanson en créole en collaboration avec une chanteuse talentueuse, Florence Vincenot. Après, je suis passé à l'anglais tout simplement parce que la langue de Shakespeare a une bonne vibe. Cette langue se marie bien avec toutes les sonorités, ma façon de chanter et puis on va dire que c'est la langue de mes idoles de chant que j'ai cité au début mais, ne vous inquiétez pas, je compte bien travailler et sortir des chansons en créole. Par ailleurs, je travaille avec des artistes antillais créolophones. Puis, le créole est une langue magnifique et poétique.



The Link Fwi : Combien d’albums ou d’Ep as-tu à ton actif ?


TOLAA : J'ai enregistré un album qui au final n'est jamais sorti. Tout cela, m'a en quelque sorte ralenti, raison pour laquelle, aujourd'hui, je n'ai qu'une chanson publiée de façon officielle. Il s'agit de mon single " I want you back". On va dire que c'est une forme de renaissance pour moi. Je parle même de début de carrière, même si j'ai fait pas mal de choses. Selon moi, 2021 sera l'année où les gens vont me découvrir musicalement.



Shooting urbain TOLAA. Photo : Linsay Boraton



TLFWI : As-tu déjà fait des scènes en Guadeloupe, dans l'Hexagone ou ailleurs ?


TOLAA : Oui, je me suis déjà produit sur scène. J'en ai fait beaucoup. Je pense que j'avoisine les quatre cents concerts à mon actif. J'ai chanté en Guadeloupe à l'époque du Bik Créole, je me suis récemment produit à l'Appart avec Stéphane Castry. En Europe, j'ai chanté dans pleins de pays même au Moyen-Orient comme la Turquie, le Liban mais aussi en Russie, Royaume-Uni, France. J'ai aussi chanté aux Etats-Unis à Miami. A la Barbade également. Tout cela était dans le cadre de concerts privés donc je n'ai pas chanté mes compositions. Après, j'ai partagé la scène avec des artistes comme John Legend, Mariah Carey, Diana Ross, Jason Derulo, Missy Elliot, pour ne citer qu'eux. Comme je disais, il s'agissait de formules privées, au sens où on m'appelait pour chanter avec un orchestre. Je me produisais dans un cadre privé.


The Link Fwi : On sait aussi que tu as coécrit la musique de la comédie " Joyeuse retraite ". Comment cela s’est-il passé ? Souhaiterais-tu renouveler l’expérience ?



TOLAA : Pour ce projet, j'ai croisé tout à fait par hasard Adrien Bekerman qui est le compositeur du film. Au cours de notre échange, il a écouté quelques unes de mes compositions. Il a beaucoup aimé ma voix. Puis, il m'a fait comprendre que pour ses prochains projets de musique pour film, qu'il aurait aimé que j'y participe. Quelques mois après, il m'a contacté pour ce film. Au départ, je n'étais censé qu'interpréter une chanson. Quand nous sommes allés en studio, il m'a fait écouter la mélodie, et m'a demandé si je pouvais écrire les paroles de la musique. Je l'ai écrite en direct. Ce titre, c'était " Where do We go". Par la suite, nous l'avons envoyé à la production qui a validé l'ensemble de la chanson, à savoir la mélodie et le texte et c'est comme cela que je suis devenu co-auteur de la chanson. Au final, j'ai co-écrit trois chansons dans le film. Il y a " Where do we go ? " Happy Family " et " Airport Song ". Si je devais réitéré l'expérience, je dirais "oui avec grand plaisir".




Shooting urbain TOLAA. Photo : ELMS Photography



The Link Fwi : Que représente pour toi la Guadeloupe ?


TOLAA : C'est une bonne question ( rires) Non mais plus sérieusement, la Guadeloupe pour moi, c'est un refuge. C'est le lieu où je suis né, mais c'est surtout l'endroit où je peux me ressourcer. Dès que mes batteries sont basses, je suis en Guadeloupe et même lorsque je n'y suis pas, rien que le fait d'y penser, me réconforte. Il y a comme un lien invisible qui me connecte à mon île. La Guadeloupe, c'est un tout, c'est le coucher de soleil, ma famille, les gens qui peuplent cette île. Elle représente quelque chose de très important. C'est l'endroit au monde où je me sens le mieux.



TLFWI : En tant que jeune artiste, quelle est ta vision de la nouvelle scène musicale créole et locale ?



TOLAA : Je suis très attentif à ce qui se fait. Honnêtement, il y a de très belles choses qui se font chez nous. Je trouve que nos jeunes ont du talent. Grâce aux nouveaux moyens de communication et de diffusion, tels que Youtube, les sites de streaming, la musique antillaise s'exporte de plus en plus. Des artistes bien de chez nous sont écoutés en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord. Moi, je les soutien et les encourage à se professionnaliser au maximum et surtout croire en leurs projets.




The Link Fwi : Avec l’actuelle pandémie de coronavirus, le monde de la culture et du spectacle ainsi que celui de la musique ont été complètement perturbés, les artistes ne peuvent pas se produire etc, comment l’as-tu vécu ?



TOLAA : Lorsque la crise sanitaire a commencé, notamment quand le confinement a été décidé, nous ne savions pas trop ce que c'était. Nous étions tous dans l'interrogation. Nous les artistes, nous pensions que ce confinement durerait qu'un mois ou deux. Un an après, la situation n'a pas changé. Nous sommes encore à l'arrêt. Après, grâce à internet, on peut continuer d'exister. On peut faire des live, poster notre musique sur les sites de streaming, tourner des clips et les diffuser sur Youtube etc C'est important cette existence en ligne.. Me concernant, en voyant que les concerts s'annulaient les uns après les autres, j'ai décidé de quitter Paris et de revenir en Guadeloupe, en attendant que les choses s'améliorent. Cependant, voyant que les choses n'évoluaient pas, j'ai déménagé, et je me suis aménagé un petit studio grâce auquel je peux continuer de composer. Après, il s'agit d'une nouvelle organisation. Il faut savoir que depuis peu, je suis père, donc en terme de temps, le mien est réparti entre la musique et ma vie de famille. C'est vrai que le fait de monter sur scène, chanter devant un public, cela me manque beaucoup.




Shooting urbain TOLAA. Photo : ELMS Photography



TLFWI : Quelle est ton actualité ? As-tu prévu de sortir un autre projet ?



TOLAA : Mon actualité ? Alors, je suis entrain de préparer le deuxième single qui va sortir au mois de Juin et un EP qui devrait sortir à peu près vers Novembre. Ensuite, je prépare pas mal de petits covers qui seront diffusés sur le net. Je pense que cela devrait satisfaire les personnes qui m'écoutent et permettront à d'autres de me connaître.



The Link Fwi : Où pouvons-nous suivre ton actualité ? Es-tu sur les réseaux sociaux ?


TOLAA : Je suis effectivement présent sur les réseaux sociaux. Sur Instagram : tolaamusic. Facebook : tolaamusic, Twitter : tolaamusic ma chaîne Youtube :TOLAA j'ai aussi un site internet : tolaamusic.com


TLFWI : Merci TOLAA


TOLAA : C'est moi qui vous remercie




Shooting urbain TOLAA. Photo : ELMS Photography




Découvrez TOLAA en musique :




TOLAA - I.W.Y.B (I want you back)




TOLAA - WHERE DO WE GO - from the movie Joyeuse retraite ( Live session )