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USA : La mort de Georges Floyd embrase Minneapolis [Photos]

Mis à jour : mars 15

Aux Etats-Unis la question des violences policières à l'encontre des minorités notamment la communauté afro-américaine refait surface, avec la mort de Georges Floyd, un afro-américain de 46 ans, arrêté mais mort étouffé lors de son interpellation par la police. Toute l'interpellation a été filmée par des passants. Une mort de trop qui a embrasé la ville de l'Etat du Minnesota.





Tout a commencé par une vidéo devenue virale : celle de l’arrestation par la police de George Floyd, un homme noir de 46 ans, filmée par une passante. Elle montre Derek Chauvin, agent de police déjà accusé en 2008 de violence policière, qui plaque George Floyd au sol en gardant pendant de longues minutes son genou sur son cou. Au cours de cette vidéo des plus choquantes, on y voit ce dernier répéter « Je ne peux pas respirer ». L’agent, un homme blanc, lui répond de rester calme. Un second policier tient à distance les passants qui commencent à s’emporter alors que l’homme appréhendé ne bouge plus et semble inconscient. « Il ne respire plus, il ne bouge plus, prenez son pouls », répète un témoin tandis que les policiers attendent une ambulance qui arrive après plusieurs minutes.Il a été transporté dans un hôpital où il est décédé peu après.


George Floyd était soupçonné d’avoir tenté d’écouler un faux billet de 20 dollars dans un magasin où il s'était rendu pour acheter un paquet de cigarettes. Comme la procédure le réclame en cas de suspicion de faux-billets, les responsables du magasin ont appelé la police. La suite de l'événement on la connait, George Floyd décédera étouffé. Dans une première version, les policiers incriminés affirmèrent que la victime résistait. De nouvelles vidéos semblent écarter la thèse mise en avant par la police. En effet, sur des images captées par les caméras du restaurant devant lequel il a été arrêté, il avait les mains menottées dans le dos et n’opposait aucune résistance quand un policier le conduit vers une voiture de patrouille.


Des vidéos qui ont ému l'ensemble des Etats-Unis, pays fortement marqué par une longue liste de violences policières. Plus récemment, en Géorgie, c'est la triste affaire Ahmaud Arbery, jeune joggeur afro-américain, abattu par un père ( policier à la retraite) et son fils qui pensaient avoir appréhendé un voleur; qui avait ému la communauté. Donald Trump a lui aussi réagi face à la violence de la vidéo par le biais de sa porte-parole Kayleigh McEnany, indiquant qu’il avait « été indigné quand il a vu la vidéo » de ce drame « odieux, tragique ». « Il a immédiatement pris son téléphone » pour s’assurer que l’enquête du FBI avançait vite, a-t-elle poursuivi : « Il veut que justice soit rendue ».


Le président américain a ensuite réagi en personne sur Twitter. « Ces VOYOUS déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas faire cela », écrit-il en parlant des pillards parmi les manifestants. « Viens juste de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai dit que l’armée est à ses côtés tout du long. Au moindre problème, quand les pillages démarrent, les tirs commencent. Merci ! », a tweeté jeudi soir Donald Trump. Un message pouvant être interprété comme une incitation aux forces de l’ordre à faire usage de leurs armes, et qui a conduit Twitter à prendre des mesures pour masquer ce tweet avec un message d’avertissement : « Ce tweet viole les règles de Twitter sur l’apologie de la violence », a réagi le réseau social. Le tweet reste visible lorsqu’on clique sur le message

Mais, ce qui a choqué le plus les américains ce sont le manque de réaction et de sensibilité de la part des policiers. On y voit, Derek Chauvin écrasé le cou de Georges Floyd pendant près de sept minutes et son collègue Tou Thao d'origine asiatique, répété à plusieurs reprises des blagues sur l'individu appréhendé : " Que veux-tu mec" ou " Ne prenez pas de drogue les enfants". C'est sans doute ce qui mis le feu au poudre, car, dès lundi, en réaction à la mort choquante de Georges Floyd, des milliers de manifestants se sont rassemblés contre les violences policières avec pour slogan « I can’t breathe », « je ne peux pas respirer ».


Au départ pacifiques,ces manifestations se sont très vite transformées en émeutes violentes. Le commissariat dans lequel travaillait les policiers incriminés a été incendié. Ces derniers jours, la ville de Minneapolis est devenue méconnaissable. Bâtiments en feu et saccagés, affrontements avec les forces de l’ordre, pillages des commerces, voitures calcinées, un air parfois saturé de fumée et de cendres. Des policiers quasi absents laissant la ville aux mains de pilleurs. Une ambiance donc de fin du monde dans cette ville d'ordinaire calme.










Après quatre jours d'émeutes, la garde nationale a été envoyée dès jeudi soir pour rétablir le calme face aux manifestants. Ce vendredi, ils étaient 500 soldats de la Garde Nationale à s'être positionnés dans Minneapolis pour « offrir un soutien aux autorités civiles, aussi longtemps qu’on le leur demandera, afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens » selon un communiqué militaire

Une nouvelle affaire qui ravives les vieux démons du passé où il n'y a pas si longtemps que ça, les noirs étaient régulièrement lynchés notamment dans les Etats du Sud tels que la Géorgie et plus récemment les affaires de violences policières qui ont entachées le dernier mandat de Barack Obama.








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